Affaire de la photo truquée de L’Express : mise à jour (info # 021705/12) Version imprimable
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jeudi, 17 mai 2012

 

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Jeudi 16h45 à Metula, 15h45 à Paris

 

Peu de temps après la publication par nos soins de la photo truquée de L’Express et de l’AFP, montrant un palestinien "maltraité" par deux "soldats israéliens", le magazine L’Express a retiré ladite image de son site Internet (http://www.lexpress.fr/24henimage/prisonnier-palestinien_1105924.html).

 

Dans l’article précédent de notre cru, intitulé "Cette photo de l’AFP et de L’Express et un faux à connotation antisémite", nous publiions les détails de la nouvelle mise en scène réalisée par le photographe de l’AFP Mahmoud Zayyat, et reproduite par L’Express.

 

Il est évident que le retrait de cette photographie, ce jour, destinée à illustrer la soi-disant barbarie de l’armée israélienne, est notablement insuffisant de la part de L’Express.

 

Pour avoir un sens, au plan informationnel, il faut encore que la rédaction de l’hebdomadaire se fende d’une explication détaillée et d’excuses à l’endroit des personnes physiques et morales qu’elle a calomniées ; à savoir les soldats de Tsahal et l’Etat d’Israël.

 

L’Express franchirait un pas dans la bonne direction de la lutte contre l’extension du racisme et de l’antisémitisme si, dans le même communiqué, sa rédaction s’engageait à beaucoup plus de prudence à l’avenir face aux malversations de l’AFP, ainsi que d’autres media engagés diffusant ce genre d’impostures.

 

Le fait de refuser de publier des faux à caractère raciste et antisémite ne constitue par ailleurs pas une prise de parti dans le conflit proche-oriental ; c’est simplement une obligation éthique aussi bien que légale.

 

Jusqu’à ce que L’Express ne publie le communiqué dont nous parlons, et qu’il rende publiques les sanctions disciplinaires qu’il aura prises à l’encontre des responsables de la malfaisance, la rédaction de l’hebdomadaire restera naturellement condamnable pour sa participation à la propagation d’une fausse nouvelle à caractère notoirement antisémite et raciste. D’une fausse nouvelle, de nature à troubler l’ordre public en France, en générant des envies de violence auprès d’individus faibles d’esprit.

 

 

 

 
Cette photo de l’AFP et de L’Express est un faux à connotation antisémite (info # 011705/11) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 17 mai 2012

 

© Metula News Agency

 

Jeudi 11h00 à Metula, 10h00 à Paris

 

La foire à la démonisation d’Israël continue sur les media français.

 

L’AFP a pris l’habitude de diffuser régulièrement des impostures type Mohamed Dura. Et les media de l’Hexagone reprennent ses délires racistes sans effectuer le moindre contrôle. La chasse à l’Israélien est ouverte et pas besoin de permis de chasse, puisque personne ne vérifie l’information et que personne ne songe à sanctionner les journalistes, les photoreporters et les media marrons qui participent à cette incitation objective à la haine d’un peuple.

 

Dernière supercherie en date, une image, datée du 18 avril, publiée par L’Express, sous le titre "prisonnier palestinien".

 

On y voit deux "soldats de Tsahal" en train de torturer un Palestinien, en pointant deux armes sur son cou.

 

Un soldat tient un revolver, quant à l’autre, dont on ne voit que la main gauche, il empoigne un fusil-mitrailleur.

 

Or cette photo, prise par le reporter de l’AFP, Mahmoud Zayyat, est un faux caricatural ; cela ne fait pas l’ombre d’un doute, et cela nous a été confirmé par le porte-parole de l’armée israélienne.

 

Tsahal, qui nous fait remarquer qu’aucun de ses soldats ne porte une chemise de ce type, qu’il n’existe pas, dans ses rangs, de soldat n’arborant pas un béret à l’épaulette et les signes distinctifs (tags) de son unité.

 

prisonnier-palestinien_ii.jpg

 

D’autre part, la couleur de l’uniforme de l’acteur de l’imposture n’existe pas dans les unités de Tsahal. Pas plus que son casque, d’un modèle jamais vu entre le Jourdain et la Méditerranée.

 

Quant au fusil-mitrailleur, il n’est pas d’un modèle utilisé par les forces de défense de l’Etat hébreu. Et les pistolets, dans ces mêmes forces, ne sont mis à la disposition que de certains officiers. Or, le figurant de la photo, qui n’a pas de grade indiqué sur ses épaules, n’en est visiblement pas un.

 

Ca n’est ni la première ni la seconde fois que la Ména prend l’AFP sur le fait d’une falsification de l’actualité au service de la propagande anti-israélienne. Notre dernière grande enquête à ce sujet relatait comment la même agence avait diffusé les fausses photos d’un tracteur agricole, conduit par un soi-disant soldat israélien, qui aurait intentionnellement roulé sur le corps d’un ouvrier palestinien.

 

La Ména avait démontré, preuves à l’appui, qu’il s’agissait d’un faux, et l’AFP avait maintenu, par la bouche de son directeur à Jérusalem, Philippe Agret, contre toutes les évidences, et sans amener la moindre preuve tangible de ce qu’il avançait, que ces images étaient authentiques.

 

Ce matin, avant de publier cette breaking, nous avons à nouveau donné la possibilité à l’agence française de s’expliquer (nous procédons toujours ainsi). Philippe Agret était absent, en reportage à Gaza, à ce que l’on nous a dit. On nous a passé son numéro deux, Selim Saheb Ettaba, qui était surtout surpris de ce qu’on ait réussi à le joindre.

 

Il nous a tenu des propos incohérents, affirmant ne pas avoir vu la photo en question, mais surtout ne pas connaître le photographe Mahmoud Zayyat, qui opère pourtant dans son secteur. Il n’a pas non plus été capable de nous diriger vers une autre personne, qui, à l’AFP, serait en mesure de répondre à nos questions.

 

Ca ne peut plus être le fruit du hasard : l’Agence France Presse diffuse intentionnellement des images truquées censées montrer la barbarie des Israéliens, sans effectuer le moindre contrôle quant à leur vraisemblance.

 

Elle emploie plusieurs "reporters" dont l’objectif professionnel ne consiste pas à rapporter les faits de l’actualité, mais à générer des mises en scène, dont la seule finalité participe de la satanisation d’Israël, des Israéliens, et de leurs soldats.

 

En France, les media, pourtant avertis par les articles de la Ména de ce travers criminel de l’AFP et des périls qu’il fait peser sur l’ordre public, répercutent sa propagande sans prendre la moindre précaution et sans exercer le moindre devoir de réserve. Cette fois, c’est L’Express. Il ne bénéficie d’aucune circonstance atténuante.

 

L’hebdomadaire étale, au contraire, son ignorance crasse de tout ce qui touche au conflit moyen-oriental ; un journaliste ayant côtoyé Tsahal, un responsable de rédaction au fait des forces en présence, et conscient de l’effort produit par des faussaires palestiniens et arabes pour stigmatiser Israël, aurait sursauté en regardant cette image.

 

Comme dans la Controverse de Nétzarim, dans l’affaire du tracteur, ainsi que dans des dizaines d’autres mises en scène, l’imposture est mal goupillée. Elle est grossière, mal pensée, peu élaborée. Le plus souvent, par un tartarin qui désire se faire remarquer par un "acte de bravoure au détriment de l’ennemi sioniste".

 

Et les media français diffusent ces monticules de stupidité haineuse, participant à importer le conflit islamo-juif en France. Leur posture est indéniablement dolosive, car il est clair qu’une personne de bonne disposition, en regardant une image où l’on voit deux soldats juifs enfoncer le canon de leur arme dans la gorge d’un Arabe à genou, ne se fera pas une idée équilibrée, ni proche de la réalité, des acteurs en présence.

 

Ces irresponsables fabriquent des Mohamed Merah.

 

Surtout lorsque la fausse photo est accompagnée d’une légende lisant : "Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention".

 

Le media insinue ainsi que la photo illustre ces "conditions de détention".

 

Evidemment, ces actes, provenant de professionnels français de l’information sont inexcusables. Ils réclameraient une intervention immédiate et décisive des pouvoirs publics, si ces derniers, comme l’a affirmé le nouveau président François Hollande, étaient réellement décidés à combattre l’antisémitisme et le racisme.

 

Cela fait des années maintenant que ces pratiques de création d’informations dans le but de démoniser les Juifs se développent dans les media français.

 

Avant de discuter, entre gouvernements, d’options politiques et de coopération, il faudra que les Français remédient à ces tentatives puériles, issues d’une pensée antisémite moyenâgeuse.

 

Nous attendons des sanctions de la part de L’Express, contre ceux qui ont publié cette photo sans la contrôler. Nous attendons des excuses de la part de L’Express à l’intention du gouvernement d’Israël et de sa population. Ils ne sont pas les poubelles des journalistes tricolores !

 

Nous attendons que Mahmoud Zayyat et Hazam Bader, le metteur en scène du "tracteur", soient limogés de l’AFP, de même que Philippe Agret, le chef d’agence à Jérusalem, qui a proposé ces images. Et, bien sûr, nous exigeons toujours que Charles Enderlin et Talal Abou Rahma soient congédiés de France Télévisions et qu’ils répondent de leur crime.

 

Certes, nous ne nous faisons guère d’illusions, mais, jusqu’à ce que ces mesures soient intégralement prises, les relations entre Israël et la France officielle, entre les Juifs et la France, mais aussi, entre les Français qui comprennent le rôle de l’information et la dangerosité qu’il y a à la manipuler, et leur presse, demeureront détestables. Le contraire équivaudrait à accepter l’inacceptable et cela ne figure pas dans notre ordre du jour.

 

 

 
Les harédim : 10% de la population israélienne (info # 011605/12) Version imprimable
Analyse
mercredi, 16 mai 2012

 

Par Marine Journo

 

On compte aujourd’hui entre 450 000 et 650 000 Juifs ultra-orthodoxes en Israël ; soit environ 10 % de la population. D’ici 2060, ce chiffre devrait passer à 30 %, d’après le Bureau Central des Statistiques d’Israël.

 

Cette proportion de plus en plus importante de harédim, « ceux qui craignent Dieu », dans l’Etat hébreu, n’est pas sans susciter une certaine méfiance de la part des autres citoyens israéliens, d’autant que nombre de ces harédim sont antisionistes.

 

En effet, la lecture et l’interprétation de certains passages de la Torah ont conduit les Juifs les plus observants à rejeter la création d’un Etat « juif ». Cet antisionisme trouve notamment son origine dans les trois serments que Dieu aurait fait prêter au peuple d’Israël, et dont l’une des interprétations, à laquelle adhèrent certains rabbins, interdirait la « montée » (l’immigration) des Juifs en terre d’Israël.

 

Toujours sur la base de commentaires et d’exégèses de textes bibliques, ce serait le messie, dont les Juifs attendent toujours l’arrivée, qui fondera la terre juive, et pas les hommes.

 

Une fois l’Etat hébreu créé, certaines évolutions parmi les communautés ultra-orthodoxes se sont toutefois faites jour, et une partie des harédim, placée devant le fait accompli, a accepté de composer avec l’existence d’Israël ; elle l’a acceptée sans toutefois l’avoir souhaitée, et coopère désormais avec le mouvement sioniste.

 

Par ailleurs, la Guerre des Six Jours de 1967 a également contribué à un changement d’attitude de certains courants religieux. Décelant dans la victoire d’Israël une intervention divine, des obédiences harédim ont rallié le nationalisme israélien, tel le mouvement Goush Emounim (le Bloc de la Foi). Aujourd’hui, ce dernier tient un discours ancré dans le sionisme radical, favorable aux implantations et partisan du « Grand Israël ».

 

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Une poignée d’ultra-orthodoxes participe à la défense de son pays

 

Une partie non-négligeable des déclinaisons harédim continue cependant de récuser vertement l’existence d’Israël.

 

A leur sens, non seulement la naissance du foyer national juif s’opposerait à la volonté divine, mais encore le nouvel Etat incarnerait un motif d’adoration de la part du peuple juif, qui, par le nationalisme et le sionisme, vouerait un culte à ce pays, au détriment de Dieu.

 

Pourtant, et c’est là l’une de leurs contradictions, les ultra-orthodoxes antisionistes résidant en Israël, qui désapprouvent l’existence du pays, ne sont absolument pas disposés à le quitter. Ils y sont confortablement installés dans des quartiers fermés, en marge de la société « profane », et jouissent à la fois de la liberté de mener leur vie à leur gré, et de la sécurité qu’offre l’Etat hébreu à tous ses citoyens.

 

Ils n’en ont pas pour autant renoncé à leur antisionisme, qui s’exprime de diverses façons.

 

La plus extrême d’entre elles réside sans doute dans le soutien inconditionnel à la cause palestinienne, prôné, entre autre, par le groupe haredi Neturei Karta.

 

Ces « gardiens de la cité » militent activement pour le démantèlement de l’Etat hébreu. Ils n’hésitent pas à fréquenter les personnalités les plus antisémites du moment ; en 1994, Arafat avait même nommé Moshé Hirsch, rabbin appartenant à cette mouvance, ministre des Affaires juives du gouvernement palestinien.

 

Depuis, les rabbins de Neturei Karta s’affichent fréquemment aux côtés de Mahmoud Ahmadinejad à Téhéran, notamment quand celui-ci organise des événements lors desquels il prétend que la Shoah n’a jamais eu lieu. 

 

Le mouvement Neturei Karta, comme d’autres parties de la galaxie ultra-orthodoxe – mais pas toutes ! -, s’oppose fermement à l’immigration de la diaspora vers Israël.

 

Certains quartiers de Jérusalem, de Tel-Aviv et de Haïfa sont exclusivement habités par des harédim, à l’instar de Mea Shéarim dans la capitale, « les Cent Portes ». Situation très paradoxale, car ils peuplent cet Etat dont, pour eux, l’existence relève d’une hérésie.

 

Plus aberrant encore, d’aucuns parmi ces Juifs ultra-orthodoxes antisionistes refusent de posséder la nationalité israélienne, bien qu’ils vivent dans l’Etat hébreu et y jouissent des droits associés à la citoyenneté, et même d’un statut particulier avantageux.

 

Cloîtrés dans des quartiers, nombre de ces hommes en noir passent leurs journées à étudier la Torah, et plus de la moitié d’entre eux n’exerce aucune activité professionnelle : 54,4 % en 2011, selon le rapport annuel de la Banque d'Israël. Comment vivent-ils, alors ? Leurs revenus proviennent exclusivement de l’Etat et de donations privées.

 

Les harédim consacrant leur vie à l’étude des textes religieux dans les yeshivot (écoles talmudiques), au nombre de 138 249, d’après le Bureau Central des Statistiques d’Israël, perçoivent automatiquement une bourse d’étude, remise par le ministère des Affaires religieuses.

 

Avec un taux de fécondité de 6,5 enfants par femme, la plupart des membres de cette communauté empochent également des allocations familiales. Enfin, une pension supplémentaire est octroyée aux foyers « pauvres ».

 

Les harédim participent par ailleurs au système démocratique israélien, aux seules fins de protéger leurs avantages et de faire valoir leurs intérêts.

 

La communauté harédi est ainsi représentée à la Knesset, au sein de différents partis, tel Yahadut Hatorah (le Judaïsme de la Torah), le parti religieux regroupant les orthodoxes ashkénazes, créé par la fusion de deux partis précédents : Dégel Hatorah (le Drapeau de la Torah) et Agoudat Israel (Union d’Israel).

 

Ce dernier, né en 1912, était originairement hostile à la création d’un Etat « juif ». Ses positions antisionistes ont cependant évolué, et, en 1947, si Agoudat Israel n’a pas soutenu le projet de l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, elle ne s’y est pas opposée pour autant. En contrepartie de sa neutralité, Agoudat Israel se vit remettre un document précieux - la lettre du Statu Quo - lui étant expressément adressée par l’Agence juive, listant un certain nombre de garanties inamovibles à l’égard des Juifs ultra-orthodoxes, qui prévaudront dans la vie du futur Etat.

 

Les partis religieux, en prenant part à la vie politique, tentent d’influer sur l’existence de leurs compatriotes, en instillant des lois qui incluent le plus de principes possible de la « loi divine ».

 

L’une des dispositions assez peu démocratiques qui leur assure une représentation maximale au parlement est celle par laquelle les rabbins harédim distribuent des consignes de vote à leurs ouailles, en les enjoignant vigoureusement de remplir leur devoir électoral. Les ordres du rabbin remplacent ainsi la conviction personnelle et la réflexion citoyenne.

 

Si, quand il s’agit de bénéficier des avantages que la démocratie israélienne leur accorde, les Juifs ultra-orthodoxes répondent présent, il n’en va cependant pas de même concernant les devoirs.

 

C’est ce qu’illustre notamment la loi Tal, en vigueur depuis presque dix ans. Elle permet aux jeunes étudiants des yeshivot d’être exemptés de service militaire. Une loi injuste, qui fait la part belle à l’antisionisme de certains ultra-orthodoxes, lesquels ont mis un point d’honneur à ne pas servir « leur » pays, de quelque façon que ce soit.

 

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Porter une étoile de David dans une université française est devenu un acte de provocation Version imprimable
Analyse
mardi, 15 mai 2012

 

Par Sandra Ores

 

Après les Nations Unies et l’environnement médiatique de nombreux pays européens, la France en tête, c’est au sein des universités, que se développe et s’installe désormais un fort sentiment anti-israélien.

 

Par connivence d’opinion, ou par lâcheté, certains recteurs universitaires laissent la propagande anti-israélienne, importée par des groupes propalestiniens, supplanter le débat intellectuel et académique au sujet du conflit israélo-palestinien.

 

D’autres tentent, au contraire, de préserver l’indépendance de leur université face aux questions politiques et idéologiques, et refusent de céder aux pressions militantes, sans pour autant prendre la peine de qualifier adéquatement la tendance raciste antijuive qui en émane.

 

La condamnation d’Israël sur les campus, illustrée par des slogans violemment antisémites, s’efforce de s’imposer comme l’idéologie dominante ; ce, à l’endroit même où l’ouverture d’esprit, la pluralité des opinions et le respect des différences sont censés prévaloir. Une tendance atrophiante, contribuant à l’amenuisement des réserves d’élites en mesure d’élever la voix pour critiquer l’émergence du racisme et de l’antisémitisme dans l’université. Une tendance rendue possible par la pusillanimité des gouvernements face à l’islamisme radical.

 

 

Les universitaires n’ont pas su préserver l’Université

 

Dans des campus des quatre coins du globe, des groupes d’étudiants-militants propalestiniens s’activent à l’organisation de colloques, au cours desquels Israël est unilatéralement condamnée, et lors desquels des intervenants antisémites prennent la parole. Certains de ces invités participent de la pire engeance, celle qui n’hésite pas à appeler à l’anéantissement de l’Etat hébreu et de ses habitants.

 

L’imam Amir Abdul Malik Ali s’est ainsi vu offrir l’occasion d’étaler sa haine des Juifs au cours de l’un des nombreux évènements organisés en toute légalité par l’Union des Etudiants Musulmans de l’Université Irvine, en Californie. Lors de son discours intitulé "Mort à l’apartheid !", il a comparé les Juifs aux nazis, en soutenant les groupes terroristes Hamas, Hezbollah et Djihad Islamique, et en appelant à la destruction du pays des Hébreux. Des membres de la même organisation avaient par ailleurs scandé "assassin !" lors de la visite à Irvine, en février 2010, de l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Michael Oren. Ils avaient perturbé son discours, ce qui leur avait valu de se faire interpeler par la police.

 

Les universités accueillent ces tribunes et cèdent parfois aux pressions de petits groupes d’étudiants musulmans, qui réclament l’annulation de la venue d’orateurs israéliens – du seul fait qu’ils sont israéliens -, dont les positions pourraient "heurter", ou "engendrer des violences", laissant ainsi le débat à la disposition exclusive des offenseurs d’Israël.

 

Au campus de Cambridge, en Angleterre, cette même année, c’est la Société Israélienne de l’université qui avait été forcée de concéder aux activistes anti-israéliens l’annulation de l’intervention du professeur d’histoire Benny Morris ; en 2008, en revanche, la Société de Palestine de l’université avait accueilli le rédacteur en chef du journal londonien Al-Quds Al-Arabi (Jérusalem l’arabe), qui avait justifié l’attaque terroriste menée contre un centre d’études religieuses à Jérusalem.

 

Les universités sont pourtant régies par des règles académiques clairement établies, auxquelles les professeurs et les étudiants sont censés se plier. Il ne s’agit pas d’un ring où l’on se livre à des ultimate fights, lors desquels tous les coups sont permis ; l’université représente, au contraire, un espace de préservation, dans lequel les protagonistes doivent s’assurer, dans leurs travaux, leurs argumentations, leurs débats publics, qu’ils apportent des éléments nouveaux dûment référencés, défendus sur la base de discussions contradictoires ; la démarche académique est en outre tenue de présenter des qualités didactiques, de nature à faire avancer la réflexion scientifique.

 

L’occurrence de ces colloques racistes et antisémites est absolument inadmissible au regard des règles. Pourtant, lorsque les insultes visent Israël et les Juifs, tout devient soudain licite. Les étudiants, mais aussi les professeurs et les syndicats, acceptent sans s’émouvoir cette conduite barbare, bafouant les normes académiques.

Le phénomène de boycott des universités israéliennes, engagé par des professeurs anglo-saxons en 2002, a lui aussi gagné moult adeptes, étudiants et enseignants, au sein des campus. Cette mise en quarantaine entraîne la baisse des échanges avec les universités hébraïques, alors obligées de se recroqueviller sur elles-mêmes. Quant aux étudiants juifs, ils s’écartent en nombre croissant des universités dans lesquelles étudiants et professeurs se positionnent en faveur de l’arrêt de la communication avec les universités israéliennes. Des universités qui admettent l’insulte à caractère antijuif ; celles dont on bannit les intervenants sur la base de leur nationalité ou de la foi de leurs ancêtres.

 

Cette forme de discrimination ne génère cependant aucunes représailles en Israël, dont les bancs des amphithéâtres abondent aussi en étudiants arabes. Le doyen de l’Université de Tel-Aviv les a autorisés à commémorer hier le jour de la Nakba, qui signifie en arabe catastrophe, en référence aux évènements liés à la création de l’Etat d’Israël. Bonjour la différence dans l’application de la liberté académique !

 

Les universités israéliennes n’ont jamais accueilli autant d’étudiants étrangers.

 

Il appartient évidemment aux recteurs et aux présidents des universités occidentales d’empêcher les dérives que nous mentionnons, qui ne relèvent ni de la politique ni de la liberté de débattre, mais du racisme, dans sa livrée la plus béotienne. Surtout, que personne ne s’y trompe ou fasse mine de s’être trompé : ces manifestations à l’encontre d’Israël ne participent pas à créer un débat, mais, au contraire, à s’assurer qu’il n’ait pas lieu !

 

 

Un antisémitisme qui se cache derrière un discours propalestinien de gauche

 

A l’Université de Paris-VIII, le président, Pascal Binczak, a eu le courage d’annuler la tenue d’un colloque propalestinien, car, selon lui, la pluralité des points de vue n’était pas assurée. Or, dans ce cas, même si le flot de haine s’est vu réfréné, l’antisémitisme, omniprésent dans l’initiative des organisateurs, n’a pas été relevé ni mis en cause.

 

Cette absence de clarté dans l’énonciation des motifs du renvoi de la manifestation a permis à des individus, comme Pierre Gervais, maître de conférences en histoire à Paris-VIII, de prétendre : "Même si c’est une rencontre engagée, elle n’est pas non plus antisémite, il y a eu sur-réaction de la part de la direction". Le titre choisi pour le colloque heureusement annulé était : "Israël, un Etat d’Apartheid", et il appelait au boycott de l’Etat hébreu. Des démarches paisibles et exemptes de haine et d’incitation à la haine…

 

Difficile toutefois de condamner ce genre d’énergumènes alors qu’à l’Assemblée nationale française, deux députés, Jean Glavany (PS) et Lionnel Luca (UMP) ont remis un rapport sur l’eau, accusant précisément l’Etat hébreu de conduire une politique d’apartheid. Un président d’académie ne peut, en l’espèce, décréter des sanctions méritées contre un maître de conférences, alors que des députés provenant des deux pôles de l’hémicycle affirment les mêmes monstruosités que lui. 

 

Au Royaume-Uni, le groupe parlementaire contre l’antisémitisme, issu de tous les partis, All-Party Parliamentary Group Against Antisemitism, a publié un rapport mettant en relief le fait que "lorsque le discours de gauche ou propalestinien à propos du Moyen-Orient est manipulé et utilisé comme véhicule de thèmes et d’un langage antijuifs, l’antisémitisme est plus difficile à reconnaître et à définir".

 

L’une des plus grandes associations de professeurs du même pays, l’University and College Union (le Syndicat des universités et des collèges universitaires), comptant douze mille adhérents, a, quant à lui, rejeté la définition de l’antisémitisme de l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes.

 

Ce, sous prétexte qu’elle renfermerait la possibilité d’étouffer le débat universitaire ; selon cette définition de l’Observatoire européen peut s’exprimer notamment par de la haine à l’encontre des Juifs, et les attaques verbales contre l’Etat d’Israël peuvent constituer l’une de ses manifestations.

 

Sous le couvert jamais aussi galvaudé du débat universitaire, des propos antisémites font ainsi florès. Les antisémites ont réalisé un véritable hold-up de la liberté d’expression, s’en servant afin de condamner la partie adverse au silence.

 

 

Démission du corps universitaire

 

Aux Pays-Bas, en 2006, un professeur à la faculté de Théologie d’Utrecht, Pieter Willem Van Der Horst, s’est vu contraint par l’administration d’amputer son mémoire de départ à la retraite. Celui-ci portait sur le mythe antisémite du cannibalisme juif [Cannibalisme au sens propre. Ndlr.], dont le chercheur retraçait l’évolution, de l’époque hellénistique au Moyen-âge et jusqu’au nazisme. Sa conclusion était censée examiner les circonstances de la résurgence de ce mythe dans les media islamiques contemporains, notamment en Iran, en Syrie et dans les territoires palestiniens.

 

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Un Juif

 

Selon les propos de la direction, que rapporte le professeur, "la lecture du mémoire en entier pouvait déclencher de violentes réactions de groupes d'étudiants musulmans bien organisés et également contrecarrer les efforts de construction d'un pont entre les étudiants musulmans et les étudiants non musulmans à l'université".

 

Au nom de la soi-disant lutte contre l’islamophobie, et se mêlant de la protection de l’ordre public, qui n’est, en l’occurrence, pas de son ressort, l’Université d’Utrecht a escamoté une communication scientifique qui contenait l’information primordiale selon laquelle des media musulmans, au XXIème siècle, affirment que les Juifs sont anthropophages.

 

Ce faisant, l’Université d’Utrecht a protégé l’incarnation des ténèbres contre lesquelles la faculté s’était battue, à l’époque de son essor, afin d’avoir le droit d’exister. Elle a manqué à sa vocation.

 

Retour outre-Manche, où un rapport gouvernemental a tiré la sonnette d’alarme sur le fait que quarante facultés de la monarchie ont été identifiées comme représentant des lieux potentiels de recrutement d’extrémistes fondamentalistes musulmans.

 

La gangrène de la haine et de la rage a gagné les universités sous les barbes silencieuses et donc complices de leurs responsables. Il relève pourtant de leur devoir de se manifester afin de protéger leur académie, et cependant, ils ont fui le champ de bataille sans combattre. Il leur appartient de s’opposer à la masse barbare, en tant que dépositaires du savoir et de la science.

 

Leur devoir, que dis-je, leur obligation absolue, consiste à protéger la possibilité pour les Juifs et les Israéliens d’étudier sereinement dans leurs établissements. C’est face à ces défis que l’on voit lesquels parmi eux accomplissent leur tâche, et lesquels se comportent de manière corrompue. Outre l’obligation de protéger le lien avec les étudiants discriminés, les professeurs, les recteurs et les présidents portent la responsabilité d’expliquer les raisons circonstanciées de leurs choix.

 

 

Un environnement politique qui laisse faire

 

On se rend bien compte que l’on réclame, dans la conjoncture sulfureuse qui prédomine, trop de courage individuel aux recteurs et aux professeurs ; ils n’ont pas pour vocation d’incarner des héros, s’élevant seuls face à la marée. Tout le monde ne possède pas l’élégance et le courage d’un Albert Camus ou d’un Emile Zola.

 

C’est l’environnement politique général qui laisse ce courant se développer. Jusqu’à risquer l’étouffement de la vie politique, représentée par des partis rêvant de s’approprier les votes des femmes en tchador et de leur mari. C’est l’alliance contre-nature entre la gauche et l’islam qui est partiellement redevable de cette pollution. Cela conduit au silence honteux à l’encontre de ceux qui s’emploient à tuer le dialogue avec Israël, l’activité des individus considérant que la place des femmes consiste à vivre perpétuellement derrière un rideau. La posture des mêmes, qui ne souffrent pas que l’on révèle que des journaux palestiniens affirment que les Juifs ingurgitent des êtres humains.

 

Même si l’on pouvait attendre et espérer que les professeurs et les responsables des facultés s’opposent à cette barbarie raciste et antisémite, cela serait quasiment impossible ; les maillons de la société démocratique marchent de concert, solidaires les uns des autres. En l’absence d’un soutien sans faille du monde politique, le cours des choses ne peut guère varier. Un monde politique qui a pourtant l’obligation de donner l’exemple, en s’enquérant et en se mêlant de ce qui se passe dans l’enseignement supérieur, et de pallier aux dérives. La vraie protection de la paix civile est à ce prix et ne saurait tolérer ces soldes de l’intégrité intellectuelle.

 

Lorsque le monde politique, le gouvernement, et les universités, garantes, ensemble, de la civilisation, se soustraient à ce devoir, c’est tout un monde qui cède ses progrès, toutes les libertés qui se perdent, avec la rétrogradation de l’enseignement supérieur.

 

 

Toulouse, ou l’irresponsabilité absolue

 

La voie libre à la critique infondée d’Israël aboutit à un sentiment antijuif, que de nombreux étudiants perçoivent à leurs dépens, lorsqu’elle s’exprime par des propos violents voire carrément antisémites.

 

La dernière semaine d’avril de cette année, une délégation d’étudiants israéliens, accompagnée de membres de l’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France), a réalisé une tournée dans des universités et des écoles de l’Hexagone afin de dialoguer avec des étudiants français.

 

A l’Université Le Mirail de Toulouse, des étudiants se revendiquant du syndicat d’extrême gauche Sud, toutes les femmes portant le voile, leur ont lancé : "Vous êtes des assassins, des criminels, des menteurs (…) on devrait vous exterminer (…) vous ne devriez même pas exister". Certains des étudiants ont également scandé un slogan en arabe appelant à égorger les Juifs (pas les Israéliens !).

 

La presse de l’Hexagone n’a pas pipé mot de cette agression [voir la vidéo], durant laquelle les pompiers et la sécurité du Mirail ont dû intervenir pour empêcher que l’on n’en vienne aux mains.

 

L’université n’a pas officiellement condamné ces propos, ni sommé la dissolution immédiate du syndicat en question, ni exclu les élèves impliqués de son institution, située dans cette agglomération, où, il y a moins de deux mois, quatre personnes, dont trois enfants, ont été assassinées, uniquement parce qu’elles étaient juives.

 

Cette absence de réaction illustre l’attitude irresponsable de l’université devant la gravité du phénomène ; l’Etat, ne s’est pas non plus manifesté, consacrant, par son silence, la gloire post mortem de Mohamed Merah.

 

Si, à Toulouse, un individu peut s’adresser à un Israélien en lui indiquant qu’ "il n’aurait pas dû exister", en toute impunité, c’est que l’on est revenu au temps de Vichy. Il ne s’agit pas d’un incident banal, d’un événement marginal, mais de la démission collective des autres syndicats de l’université, de sa direction, témoins du développement général qu’ont suivi les gouvernements français.

 

L’exécutif n’a pas le droit de ne pas réagir face à ces gens qui ont dépassé, dans leurs propos, les crimes perpétrés par Mohamed Merah, appelant quant à eux au génocide de tous les Juifs, et à les égorger sur la base de préceptes fanatiques.

 

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Gauche-islam : les terribles périls des unions contre-nature (info # 011305/12) Version imprimable
Analyse
dimanche, 13 mai 2012

 

Par Guy Millière

 

La victoire de François Hollande à l’élection présidentielle française a suscité un certain effroi dans des franges importantes de la communauté juive française, et une forme de malaise chez les Israéliens ayant des racines françaises et disposant de la double nationalité. On peut le comprendre aisément.

 

Nicolas Sarkozy, tout en ayant fait des concessions importantes au monde islamique et pris des décisions très douteuses concernant Israël – tel le vote de la France en faveur d’une entrée de l’ « Etat palestinien » à l’Unesco –, ne pouvait pas être considéré comme un ennemi déclaré de l’Etat hébreu. Dans le contexte pitoyable du paysage politique français actuel, il apparaissait même comme le « moins pire » de tous les candidats.

 

François Hollande, bien que n’ayant pas fait de déclaration péremptoire sur le sujet moyen-oriental, n’en incarnait pas moins le candidat d’un parti qui compte dans ses rangs un nombre conséquent de personnalités aux positions propalestiniennes très explicites, et des auteurs de diatribes anti-israéliennes nauséabondes, au sein desquelles on peut placer le rédacteur d’un certain rapport sur « la géopolitique de l’eau », Jean Glavany.

 

Parmi les alliés de François Hollande, on comptait – et on compte toujours – Jean-Luc Mélenchon, les dignitaires de l’indigne Parti Communiste français, divers membres des factions d’extrême gauche, des Verts, façon Eva Joly et Cécile Duflot, partisans d’opérations telle « Un bateau pour Gaza », qui aurait plutôt dû être baptisée « Un bateau pour le Hamas ».

 

Le malaise et l’effroi ont trouvé une forme de confirmation dans les images des fêtes qui ont ponctué la victoire socialiste le 6 mai au soir ; en cherchant bien, on pouvait apercevoir quelques drapeaux français, mais on voyait surtout des drapeaux de tous les pays – ou presque – du monde musulman.

 

Ces images n’ont fait que confirmer une réalité. La victoire socialiste a marqué non seulement une victoire de toute la gauche « plurielle » (l’expression « gauche plurielle » étant commode en ce qu’elle permet d’éviter de nommer les mouvements de gauche les moins présentables), mais aussi une victoire de ce qu’elle incarne.

 

Derrière les mots vides qui structurent ses incantations, « paix », « justice », « jeunesse », « liberté », cette gauche symbolise, de fait, l’accentuation de formes de dépendance par rapport à l’Etat, et l’utilisation de circuits de redistribution aux fins de subventionner des clientèles électorales captives ; en d’autres termes, une façon de se maintenir au pouvoir de manière indéfinie.

 

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Les affres de l’alliance aberrante entre la gauche et l’islam

 

Derrière les idées évoquant la « tolérance » et la « diversité », cette gauche fait avancer l’intolérance, la pensée unique la plus dogmatique et la plus fermée, celle qui vise à interdire un nombre croissant de mots et d’interrogations en les évacuant totalement du débat public, après les avoir marqués du sceau de l’infamie.

 

Derrière les discours sur le « multiculturalisme », cette gauche pratique l’aveuglement sélectif, et une xénophilie très orientée qui sert ses objectifs à court terme.

 

Prête à s’indigner de toute manifestation émanant d’un antisémitisme d’ « extrême droite » (et prête à le faire d’autant plus aisément que l’antisémitisme d’extrême droite est en diminution), elle se refuse, de manière forcenée, à identifier l’antisémitisme islamique et d’extrême gauche, qui, couverts du masque de l’antisionisme, se font de plus en plus virulents aujourd’hui. Et elle cherche, cette gauche plurielle, à interdire toute forme de critique de ces antisémitismes pourtant bien présents.

 

Disposée à s’indigner de toute affirmation d’une « identité nationale française » ou d’une identité civilisationnelle occidentale, cette gauche trouve toutes les vertus et toutes les excuses à d’autres identités nationales et nationalistes à l’extrême, y compris celles qui servent de paravent à des buts génocidaires, telle l’ « identité nationale palestinienne ». De plus, elle se révèle prête à s’extasier devant d’autres identités civilisationnelles, islamiques en particulier.

 

La gauche qui arrive au pouvoir en France incarne une mutation bien plus profonde, qui explique le malaise et l’effroi dont j’ai parlé plus haut : elle ne reflète plus l’espoir de construction du « socialisme ». Elle ne repose plus sur les couches les plus humbles de la société française.

 

Elle incarne la volonté de voir émerger un monde post-occidental, dans lequel les valeurs qui ont fait les sociétés ouvertes et la liberté individuelle viendraient se dissoudre, et dans lequel une caste dominante, monopolisant tous les pouvoirs, règnerait sur des masses soumises. Elle repose sur ceux qu’elle a formés à l’école, au collège, au lycée, à l’université, dans les media, et qui disséminent cette vision post-occidentale du monde.

 

Elle s’appuie également sur les banlieues de l’islam, sur l’apaisement et la soumission préventive devant l’islam radical, sur des liens de plus en plus étroits avec le monde islamique.

 

Des franges importantes de la communauté juive française et franco-israélienne perçoivent ce qu’est cette gauche. D’où le malaise et l’effroi ressentis.

 

Un sentiment similaire, et partagé par nombre de Français, qui devinent que le pays qu’ils ont connu pourrait bien être en train de disparaître.

 

C’est dans ce contexte que je publie cette semaine un livre rédigé avec Daniel Pipes : « Face à l’islam radical » [1].

 

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Israël demande à Catherine Ashton des résultats tangibles à Bagdad (info # 011105/12) Version imprimable
Analyse
vendredi, 11 mai 2012

 

Par Jean Tsadik

 

Mercredi après-midi dernier s’est déroulée une entrevue importante en Israël entre Mme Catherine Ashton – le chef de la délégation des 5+1 pour les négociations avec l’Iran – et le 1er ministre israélien, accompagné d’Ehud Barak, ministre de la Défense, d’Avigdor Lieberman, ministre des Affaires Etrangères, et de Shaul Mofaz.

 

Mofaz a été convié à ce meeting sur décision de Binyamin Netanyahu, avant même qu’il ne soit assermenté par la Knesset au poste de Vice-1er ministre. Ancien chef d’état-major de Tsahal, le no.1 de Kadima participe désormais au cabinet restreint s’occupant des dossiers sécuritaires.

 

L’objectif de cet échange de vues consistait à tenter de coordonner les positions d’Israël et des grandes puissances au sujet de l’atome iranien avant la rencontre prévue le 23 mai prochain, à Bagdad, entre les 5+1 et les représentants de la "République" Islamique perse. Il s’est tenu dans des circonstances inhabituelles, le bureau bruxellois de Mme Ashton n’ayant pas communiqué sur cette visite, au cours de laquelle la baronne n’a pas rencontré les dirigeants de l’Autorité Palestinienne [ce qu’elle fait chaque fois qu’elle se rend en Israël].

 

La responsable de la diplomatie de l’UE a informé ses interlocuteurs sur l’état d’avancement des discussions avec Téhéran. Notamment sur les contacts préliminaires à la réunion de Bagdad que doit avoir la conseillère d’Ashton, Mme Helga Schmid, avec le no.2 de la délégation iranienne, Ali Bagheri.

 

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Le moment n’est plus aux sourires niais faits à l’ennemi mais à la formulation des exigences

 

Mme Ashton n’a pas daigné communiquer au sujet des conclusions du meeting de Jérusalem, pas plus qu’elle n’a accepté de répondre aux questions des journalistes.

 

Ce que l’on sait de la discussion de mercredi, c’est que les Israéliens ont présenté à leur hôte des conditions très claires pour que "le rendez-vous de Bagdad puisse être considéré comme un progrès".

 

Ils ont exigé de leur interlocutrice des résultats tangibles, M. Netanyahu appelant les grandes puissances à ne pas se contenter uniquement de déclarations d’intention de la part de Téhéran.

 

Avigdor Lieberman, à l’occasion d’une visite à Berlin, cette semaine également, auprès de son homologue Guido Westerwelle, avait souligné la même nécessité de voir les membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne présenter des exigences communes. Lieberman les a invités à refuser de se contenter de convenir d’autres rencontres, qui n’ont, de l’avis d’Israël, pour seul effet que de permettre aux ayatollahs de "jouer avec le temps".

 

Ces consultations entre les responsables hébreux et ceux des 5+1 semblent coordonnées pour faire pression sur Téhéran, puisque lundi dernier, soit deux jours avant la venue de Catherine Ashton en Terre Sainte, l’Union Européenne avait informé la "République" Islamique qu’elle devait mettre un terme à ses activités d’enrichissement de l’uranium.

 

Le même jour, les Etats-Unis avaient envoyé un message au même régime, l’appelant à "prendre urgemment des mesures tangibles" afin de constituer un capital de confiance durant ses négociations avec les puissances mondiales.

 

Ces initiatives ont été immédiatement commentées par le porte-parole des Affaires Etrangères iraniennes, Ramin Mehmanparast, qui a jugé que "ces commentaires avaient pour finalité d’instiller une atmosphère négative en vue des discussions de Bagdad".

 

En Israël, comme l’a fait remarquer Binyamin Netanyahu à Catherine Ashton, on "est persuadé que l’Iran joue la montre lors des pourparlers avec l’Occident, et qu’il n’a pas la moindre intention de stopper son programme nucléaire".

 

Lors de la rencontre d’avant-hier, les Israéliens ont mis en avant trois conditions qu’ils considèrent nécessaires à démontrer qu’ils se trompent et qu’une solution diplomatique de la crise est envisageable :

 

1. L’obtention de la part de l’Iran de garanties – accompagnées d’un calendrier clair – concernant l’arrêt de l’enrichissement de l’uranium.

 

2. La sortie hors d’Iran de l’uranium enrichi jusqu’à présent.

 

3. Le démantèlement de l’installation souterraine d’enrichissement à Fodow (Fordo), aux environs de la ville de Qom.

 

On ignore à la rédaction quelle a été la réaction de Mme Ashton. Ce que l’on peut dire, en revanche, est que les dirigeants hébreux ont tenu à montrer à la négociatrice un front uni, Shaul Mofaz rejoignant le rang, en abandonnant l’attitude qu’il adoptait sur le nucléaire perse alors qu’il se trouvait dans l’opposition, et qu’il affirmait volontiers que "Netanyahu avait tort d’effrayer le public".

 

A Jérusalem, où la coalition au pouvoir réunit désormais les quatre cinquièmes des représentants des partis, les dirigeants ont fait comprendre au chef de la diplomatie européenne, que si les conditions posées n’étaient pas strictement remplies à l’issue de la réunion mésopotamienne du 23, l’Etat hébreu pourrait se désolidariser de l’initiative diplomatique engagée par les USA, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, la Chine et l’Allemagne, et chercher seul une solution pour annihiler la menace perse.

 

Une décision que redoutent non seulement Khamenei et Ahmadinejad, mais également les grandes puissances, qui perdraient le contrôle de la situation. C’est ce qui explique, en plus de la volonté de faire pression sur Téhéran, le meeting de coordination de mercredi.

 

Certes, parallèlement aux tentatives diplomatiques, des dizaines d’yeux électroniques épient le territoire ennemi, et particulièrement les alentours de Fodow, afin de s’assurer que les ayatollahs ne franchissent pas les lignes rouges (envoi d’uranium pré-enrichi à Fodow, activation de l’installation souterraine).

 

Il est certain, par ailleurs, que les dirigeants de la dictature chiite sont conscients de la menace qui plane sur eux. Des bruits persistants font état de travaux de nettoyage, effectués récemment dans plusieurs installations nucléaires, afin d’en faire disparaître toute trace d’activité liée à la construction de la bombe. Ces activités pourraient préparer la visite des inspecteurs de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique.

 

Les 14 et 15 mai se dérouleront à cet égard des rencontres importantes, qui réuniront, au siège de la mission diplomatique perse à Vienne, des responsables de l’AIEA et des fonctionnaires iraniens. Elles traiteront de l’éventualité d’une visite des chiens de garde de l’ONU sur le site de Parchin, au sud-est de Téhéran. Une visite qui leur avait été refusée en janvier et en février derniers.

 

A la Ména nous partageons l’idée de grandes centrales du renseignement, selon laquelle Parchin était utilisée pour mettre au point et tester des éléments électroniques liés à la mise à feu d’une bombe atomique. Au cas où l’inspection aurait lieu dans un délai raisonnable, que les experts de l’AIEA pourraient avoir accès à tous les compartiments de cette base, et qu’ils n’y trouvent pas de trace des activités qui s’y sont déroulées, cela signifierait que, par prudence, Khamenei et Ahmadinejad auraient renvoyé à plus tard cette étape de la mise au point de leur bombe.

 

La question de Parchin éclairera partiellement l’état des intentions à court terme de la junte théocratique perse.   

 

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Toute la Knesset (ou presque) est maintenant dans la coalition (info # 011005/12) Version imprimable
Analyse
mercredi, 09 mai 2012

 

Par Ilan Tsadik

 

Binyamin Netanyahu venait d’annoncer la tenue d’élections législatives anticipées le 4 septembre et la Knesset s’apprêtait à voter son autodissolution et à partir en vacances, quand le 1er ministre a décidé, il y a deux jours – ou plutôt deux nuits – d’annuler le scrutin avancé qu’il venait de décréter ; à moins d’une nouvelle saute d’humeur de Bibi, nous voterons donc en 2013, et les députés vont reprendre du service.

 

Tout cela n’est pas très sérieux, me direz-vous ? C’est aussi ce que pense une grosse majorité de mes compatriotes.

 

La volte-face de Netanyahu est justifiée par l’entrée du parti Kadima-en-avant (centre-gauche) dans la coalition. Nous aurons maintenant 94 députés dans l’alliance gouvernementale, contre 26 dehors ; les travaillistes, les gauchos et les Arabes, pour résumer les choses de manière synoptique.

 

Ce qui ne manque pas de surprendre, c’est que le nouveau chef de file de Kadima, Shaul Mofaz, coopté il y a à peine deux semaines à la tête du parti en lieu et place de Tsipi Livny, aimait à se présenter comme le plus tenace des adversaires du président du Conseil.

 

Il critiquait fréquemment Livny pour son manque de fermeté à l’égard du pouvoir. Durant la campagne pour les élections internes de Kadima, il y a donc tout juste quinze jours, Mofaz avait fait valoir l’argument selon lequel lui élu (moi, président ?), il ne rejoindrait pas un cabinet dirigé par Netanyahu.

 

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Des regards qui expriment déjà la confiance réciproque

 

Et, plus radical encore : "Je crois que le gouvernement actuel représente tout ce qui est mal en Israël". Et deux semaines plus tard…

 

De quoi redonner un peu d’espoir aux Français en dépression nerveuse depuis dimanche : ne vendez pas encore votre commerce de fruits et légumes, n’appelez pas les déménageurs, les politiciens font rarement ce qu’ils promettent ! Le SMIC à 4000 euros et le 99 pourcent d’impôts, ça n’est peut-être pas encore pour demain.

 

Officiellement, je veux dire à l’usage des blaireaux, l’accord Likoud-Kadima comprend deux volets : la présentation par la coalition d’un texte de loi visant à obliger les étudiants halakhiques à effectuer leur service militaire comme les autres Israéliens, et la réforme du système gouvernemental en Israël.

 

Ne vous fatiguez pas à chercher midi à quatorze heures le comment du pourquoi de ces réformes : un sondage commandé par Haaretz démontre que moins de la moitié des Israéliens croit que la loi sur l’engagement des orthodoxes sera soumise au vote – Bibi et Shaul ont pourtant promis qu’elle serait prête en août -, et un tiers seulement est persuadé que, même si elle est adoptée en 3ème lecture, elle serait mise en pratique avant la fin de l’actuelle législation.

 

Quant à la réforme du système politique, mes concitoyens se montrent plus "optimistes" encore : ils ne sont qu’un quart à préjuger qu’elle se réalisera. Ce sont les mêmes qui sont persuadés que le loup paîtra avec l’agneau, que la paix règnera entre les Arabes et les Juifs, et que Ségolène Royal est effectivement heureuse de la victoire de son ex.

 

Bref, la confiance absolue règne en Terre (trois fois) Sainte entre électeurs et élus. La vraie raison de cette alliance est entièrement politicarde, c’est également ce que pensent les sondés ; Netanyahu en avait ras-le-bol d’être sans cesse chahuté par les partis religieux et contredit par Avigdor Raspoutine-Lieberman chaque fois qu’il ouvrait la bouche. Ce dernier n’ayant de cesse de menacer de quitter la coalition cinq fois par semaine.

 

Depuis mardi, Raspoutine ne veut plus partir du tout, parce que désormais, cela ferait plaisir à Bibi. Quant aux orthodoxes, principalement intéressés à extorquer l’argent public pour leurs "œuvres" et à occuper des postes d’influence, ils n’avaient jamais été plus souriants et silencieux.

 

Autre conséquence intéressante : même s’ils n’ont aucune confiance en lui, les Israéliens plébiscitent le 1er ministre dans les sondages. Sa personne recueille plus de 60% d’opinions favorables et le Likoud, plus de 30 sièges dans les projections.

 

Ca n’est pas tant que la population adule Bibi, c’est plutôt qu’elle ne voit personne d’autre, dans la conjoncture, capable de le remplacer.

 

Car Shelly Yekhimovitch, qui arrive seconde dans les enquêtes d’opinion – avec 15% des interrogés positivant sur sa personne et environ 20 sièges au parlement pour le parti travailliste qu’elle dirige – est une personne intègre, qui dit des choses pleines de bon sens et de modération ; elle traîne toutefois un handicap insurmontable. Elle ne possède aucune expérience de la fonction ministérielle et n’a jamais participé à une négociation internationale majeure. Or, dans aucune grande démocratie occidentale on aurait l’idée d’élire à la fonction suprême une personne souffrant d’un tel manque de pratique.

 

L’époque que nous vivons est difficile, voire impitoyable, aussi, le moment n’est pas adapté aux idées révolutionnaires ni aux essais de nouveaux leaders atypiques. Ici, on imagine Shelly en négociation avec la terrible Mère Kehl, la Lorelei noire apparaissant l’été en costume de bain zébré sur les plages de la Mer du Nord, et on comprend immédiatement que cela équivaudrait à envoyer la socialiste au casse-pipe. Même pas en rêve !

 

Netanyahu n’est pas fiable, c’est le plus grand tergiverseur – et tergiverser n’est pas jouer ! - que l’on ait connu, mais il a de la bouteille et il s’exprime à merveille à la télévision [ah ça oui ! (Germaine)] ; dans ces conditions… on le garde.

 

Quant à Mofaz, c’est un Iranien d’origine, né à Ispahan – nous avons eu décidément plus d’Iraniens démocratiquement élus en Israël qu’ils n’en comptent à Téhéran – ancien chef d’état-major, ancien officier de la Sayerette Matkal, le Commando de l’état-major, l’un des deux plus pointus en Israël, second de Yoni Netanyahu (celui qui avait réussi dans la famille) lors de l’opération d’Entebbe. Il était si apprécié dans l’armée, que plusieurs "observateurs" (Taz, la bonne, un ouvrier agricole vietnamien) se demandent ce qu’il est venu fout… en politique, pour laquelle il n’a strictement aucun talent.

 

Kadima, parti créé par Ariel Sharon en dissidence avec le Likoud, qui refusait son plan de désengagement de Gaza, avait obtenu 28 sièges aux dernières élections en 2009 ; si une consultation électorale avait lieu aujourd’hui, Kadima récolterait péniblement huit à neuf mandats, probablement même moins que ça. Et Mofaz n’atteint pas 5 pourcent d’opinions favorables sur sa candidature au remplacement de Bibi.

 

C’est ce qui a inspiré à Shaul son ralliement à la coalition : mieux vaut passer une année de plus en tant que plus grande formation de la Knesset, qu’en qualité de quantité négligeable, appelée à disparaître à court terme de la vie politique israélienne, parce qu’elle ne sert plus à rien, et ne défend plus aucune ligne particulière.

 

Les deux larrons ont donc scellé un deal qui leur est à tous deux favorable. C’est, entre ces lignes, le lieu de reconnaître que, s’il n’a rien d’un homme d’Etat inoubliable, Netanyahu passera tout de même à la postérité pour ses talents de combinard domestique.

 

Car il a acheté Kadima et Mofaz pour rien, en soldes : une place de énième vice-Premier ministre pour le général de réserve, une autre de ministre sans portefeuille, toujours pour le postérieur du général, plus quelques directions de comités et de sous-comités au parlement pour ses amis. Une occase !

 

Les deux hommes parlent maintenant d’opportunités pour faire vraiment avancer le processus de paix avec les Palestiniens – mais pendant trois ans, Bibi nous avait déjà dit que c’était ce à quoi il s’employait ? -, et pour assurer le gouvernement d’une large base de soutien, au cas où il déciderait avec Barak d’une action militaire contre le pays natal de Mofaz.

 

Malheureusement, il semble que les avantages de la nouvelle alliance aient été considérés bien après qu’elle ne fût entendue entre Netanyahu et Mofaz, sur la seule base de leurs intérêts politiciens. A bien y réfléchir, nous pourrions encore en énoncer quelques-uns au niveau théorique.

 

Il est vrai qu’il faudrait, d’urgence, introduire (au moins) une part de proportionnelle lors de nos élections générales. Cela réduirait le foisonnement des petits partis, qui amassent trop de pouvoir au suffrage direct, et n’ajoutent rien à la stabilité des gouvernements. Pour preuve, cela doit faire au moins vingt ans qu’aucune Knesset n’est allée jusqu’à son terme nominal ; chaque fois, des élections anticipées ont été convoquées.

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Immigration africaine : Israël s’y prend aussi mal que l’Europe (info # 010905/12) Version imprimable
Analyse
mardi, 08 mai 2012

 

Par Sandra Ores

 

Travailleurs étrangers ou demandeurs d’asile, Israël reçoit chaque mois, ces dernières années, plusieurs centaines de nouveaux arrivants en provenance d’Afrique, essentiellement d’Erythrée et du Sud-Soudan. Leur destination principale : les quartiers sud de Tel-Aviv, autour de la station centrale de bus.

 

Mal géré par les autorités, ce phénomène est devenu un véritable problème de société.

 

A la fin du mois dernier, la communauté africaine du quartier de Shapira a été attaquée de nuit à coup de bombes incendiaires jetées en direction de deux appartements. Là où dormaient plusieurs migrants et où, durant la journée, était organisé un jardin d’enfants. La police a arrêté un suspect, un jeune israélien de vingt ans, résident local.

 

Cet acte raciste, en tout point condamnable, illustre les tensions apparues dans les quartiers défavorisés de l’agglomération télavivienne entre les résidents de longue date et les immigrés. Les autorités estiment à 40 000 le nombre de travailleurs étrangers, et à plus de 20 000 les demandeurs d’asile africains dans la cité – sur une population totale (à Tel-Aviv intramuros) de 400 000 individus (quatre millions et demi en comptant la banlieue).

 

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, en 2011, 17 000 étrangers seraient entrés illégalement en Israël, franchissant la frontière avec l’Egypte.

 

L’Etat hébreu représente, pour les populations d’Afrique fuyant les violences ou la misère économique, le premier pays libre et démocratique atteignable par voie terrestre, associé à l’espoir d’une vie meilleure.

 

Or les habitants du sud du poumon économique du pays ont commencé, ces cinq dernières années, à subir la modification démographique galopante de leurs quartiers, accompagnée de problèmes de vols ou d’agressions, ainsi que d’un sentiment d’insécurité, déjà bien connu dans les grandes métropoles européennes.

 

Le quotidien israélien Haaretz a publié la semaine dernière un article rapportant les constatations de la police, mettant en évidence l’augmentation récente des vols sur les plages de Tel-Aviv ; des larcins qu’elle attribue à de petits groupes de jeunes hommes originaires du Soudan ou d’Erythrée, qui, sans opportunités de travail, tentent ainsi de subvenir à leurs besoins par des activités illégales.

 

Israël est signataire de la Convention 1951 de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés, stipulant qu’une personne fuyant son pays en raison d’une crainte fondée de persécution ne peut être déportée du pays dans lequel elle s’est réfugiée.

 

A leur arrivée en Israël, l’identité de ces milliers de demandeurs d’asile est contrôlée au centre de détention de K’tziot, dans le nord du désert du Néguev. Or le ministère de l’Intérieur les considère, pour la très grande majorité d’entre eux, comme des migrants économiques, et ne suit pas une procédure claire afin de déterminer lesquels pourraient prétendre au statut de réfugié selon la convention des Nations Unies. Seules huit demandes d’obtention de ce statut ont été approuvées l’année dernière, à en croire le rapport de l’un des principaux avocats des droits des réfugiés.

 

Pour les milliers de demandeurs restants, s’il attribue des visas de résidence, à durée déterminée et variable selon les cas, l’Etat israélien n’accorde cependant pas à tous la possibilité de travailler ; certains visas sont explicitement estampillés d’une mention précisant qu’il ne s’agit pas d’un permis de travail.

 

Des milliers d’étrangers ne sont ainsi pas refoulés, en observation de la Convention 1951, mais ils ne bénéficient pas des droits nécessaires à leur survivance sur le territoire d’accueil. Le plus grand nombre des migrants, après le contrôle d’identité à K’tziot, est transporté dans des bus en direction de Tel-Aviv, où ils sont ensuite livrés à eux-mêmes.

 

La mauvaise volonté du gouvernement à canaliser cet afflux amplifie le désarroi des étrangers, une fois sur place, ainsi que celui des autochtones confrontés à cette immigration, à la pauvreté qui lui est apparentée, et à ses désagréments.

 

Au lieu de plancher sur ce dossier, de trouver des solutions sociales et diplomatiques à ce problème, le gouvernement s’est contenté de transformer les Africains en un groupe homogène, catégorisé comme "pas le bienvenu ici". Binyamin Netanyahu et son ministre de l’Intérieur, Eli Yishaï (issu du Shas, le parti religieux sépharade non sioniste), ont rebaptisé les demandeurs d’asile les "infiltrés".

 

Pour le Premier ministre, "les infiltrés sont en train de conquérir Tel-Aviv", et "menacent le caractère juif et démocratique de l’Etat d’Israël".

 

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Israël est en train de fabriquer des Ahasvérus (dessin) africains.

Le nom que les chrétiens avaient donné au Juif errant

 

Par cette stigmatisation, le gouvernement suggère que cette population étrangère représente une entité néfaste, justifiant, indirectement, la haine à son encontre.

 

Les rabbins des quartiers sud de Tel-Aviv ne demeurent pas en reste et se sont joints à cette posture ségrégationniste. Vingt-cinq d’entre eux ont ainsi signé un décret, en juillet 2011, interdisant de louer des appartements aux "infiltrés".

 

Une partie des résidents de ces quartiers défavorisés, majoritairement de droite, sépharades, traditionnalistes, ou laïcs originaires de Russie, éprouvant un sentiment de xénophobie, se trouvent ainsi soutenus par les autorités civiles et rabbiniques, et confortés dans leur détestation.

 

Une autre portion de la population israélienne se mobilise afin de soutenir, quant à elle, la régularisation de la situation des Africains et leur traitement de manière humaine et civilisée. Témoin ce clip, tourné par le groupe de musique israélien Balkan Beat Box dans le quartier de Névé Sha’anan, aux alentours de la station centrale de bus, où vivent de nombreux migrants.

 

Par sa politique d’accueil minimaliste, le gouvernement tente de dissuader les étrangers de s’aventurer à rejoindre Israël. Et l’érection d’une barrière le long de la frontière avec l’Egypte, qui est censée se terminer d’ici 2013, pour combattre les infiltrations de terroristes islamistes à partir du Sinaï, rendra le franchissement de la frontière par les immigrés encore plus périlleuse.

 

Par ailleurs, un centre de détention d’une capacité de huit à dix mille places, dans lequel les étrangers en situation illégale seront accueillis, est également en construction dans le Néguev.

 

Dans l’entre-temps, en dépit des risques mortels encourus durant la traversée du désert égyptien, les tentatives de gagner l’Etat hébreu se sont accrues ces deux dernières années. Les Africains savent qu’ils risquent leur vie au cours de leur périple, notamment dans la péninsule du Sinaï, où des témoignages ont rapporté que les bédouins égyptiens, qui font office de passeurs, s’adonnent régulièrement, après avoir été payés, à de violentes exactions, des viols ou des meurtres.

 

Un Africain sur cinq meurt de mort violente durant la traversée de l’Egypte, et deux autres parviennent à la frontière blessés ou malades.

 

Quant au maire de Tel-Aviv, il a fait remarquer le manque de soutien du gouvernement dans l’appréhension du défi de la gestion de cette population dans son agglomération.

 

Les responsables du gouvernement israélien font montre, une nouvelle fois, de leur incapacité, de leur insuffisance et surtout de leur négligence à s’occuper des problèmes sociaux que rencontrent leurs concitoyens, hormis la question des implantations en Judée-Samarie qui leur tient à cœur. Jusqu’à quand laisseront-ils cette situation s’envenimer, mettant sur le compte du "caractère juif de l’Etat d’Israël" leur manque de volonté à s’occuper des problèmes autres que sécuritaires ?

 

La détérioration de la situation entre migrants et autochtones dans les banlieues chaudes de Tel-Aviv, ainsi que la montée de la xénophobie, est à mettre exclusivement sur le compte de la coalition aux affaires à Jérusalem.

 

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Israël a un nouveau voisin au Nord : l’Iran (info # 010705/12) Version imprimable
Analyse
lundi, 07 mai 2012

 

Par Stéphane Juffa, assisté de Sandra Ores et Marine Journo

 

A Metula, la construction du mur inutile bat son plein. Cela se déroule dans une atmosphère étrange de collaboration entre Tsahal, les forces de l’ONU et l’armée libanaise. Tous suivent les travaux d’un œil attentif, séparés uniquement par quelques mètres insignifiants. Le tout, sous le regard acéré des miliciens du Hezbollah, jamais très éloignés du site de construction.

 

Au début de cette semaine, les Israéliens ont procédé à l’érection de la première section en béton. L’avancement va bon train.

 

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Le mur de l’inutile commence à prendre racine

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Nous nous rendons fréquemment, avec notre matériel photographique, sur les lieux de l’édification de l’ouvrage. Il y a toujours quelque chose à y voir. Souvent, à cet endroit de frottement entre Israël et le Liban, un œil aguerri peut distinguer des signes plus révélateurs de la situation en gestation.

 

Parfois les surprises sont petites, d’autres, elles sont étonnantes.

 

C’est ainsi qu’hier matin, nous sommes tombés sur quelque chose de vraiment alarmant : à deux pas – ce n’est pas un langage imagé mais de la géométrie – des soldats et ouvriers hébreux, le Hezbollah, qui contrôle la ville de Kfar Kileh, a hissé le drapeau de ses mentors.

 

La bannière officielle de la "République" Islamique d’Iran flotte ainsi sur la frontière. Si proche, que l’extrémité de la toile vert-blanc-rouge bat carrément, au gré des rafales de vent, sur le sol israélien.

 

Quatre mâts : un peu à l’écart, celui de Palestine, pour la pure forme, et celui du Hezbollah, omniprésent. Puis les deux drapeaux nationaux, ceux des "patrons", l’iranien et le libanais.

 

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Le drapeau iranien, le plus proche de la frontière parmi les quatre plantés par le Hezb,

au point de survoler parfois la terre d’Israël

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Ceux qui doutaient de la mainmise de la théocratie chiite sur de larges portions de la République du Cèdre, ceux qui se plaisaient à imaginer que Michaël Béhé, de Beyrouth, exagérait dans ses descriptions, en seront pour leurs frais.

 

Le gouvernement qui exerce le contrôle suprême de cette partie du Liban sud n’est pas celui qui siège à Beyrouth, mais celui de Khamenei et Ahmadinejad.

 

Ce, même si les soldats libanais que nous avons photographiés patrouillent sur la frontière. Ils sont d’ailleurs surplombés par les couleurs du Hezbollah : un Coran et une kalachnikov verts sur fond jaune. Hormis le drapeau libanais, en retrait de celui de Perse, accroché au mât officiel, tous les autres sont ceux du Hezbollah.

 

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Un soldat libanais en observation,

non sous le drapeau de son pays, mais sous celui de la milice chiite

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Les militaires de Beyrouth se trouvent ainsi coincés dans une situation peu enviable, ne sachant pas – ou feignant de ne pas savoir – qui sont ceux qui leur donnent des ordres.

 

Un grand nombre d’entre ceux déployés face à Metula appartient à l’obédience chiite, pourtant fort minoritaire (20 % du personnel) dans les Forces Armées Libanaises.

 

Mais tout le monde participe à ce jeu de dupes, même les Israéliens, tant que l’armée d’en face se plie aux arrangements qui ont été concoctés sous l’égide de la FINUL, en son quartier général de Naqoura.

 

Et pour le moment, ces soldats et leurs officiers s’y soumettent sans ciller, avec application même. Ils contrôlent, de manière assez laxiste, les voitures désireuses d’emprunter la petite route qui longe les travaux. Ils ne laissent passer ni les piétons, ni les vélos, ni les motos. On voit qu’ils ont pour instruction d’empêcher tout attroupement à proximité des Israéliens. Ils cherchent à maintenir le calme.

 

Il faut dire que c’est préférable ainsi, car sur le site de construction, on défait d’abord les anciennes barrières. Parfois, presque rien ne sépare les trois forces en présence, sauf la bonne volonté de tous.

 

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Les ouvriers israéliens travaillent à quelques mètres des

soldats libanais et des miliciens du Hezbollah

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Mais on sent très bien qu’une minuscule étincelle pourrait mettre le feu aux poudres, et on imagine, avec appréhension, un engrenage de violence que personne ne serait capable d’arrêter.

 

Il se pourrait aussi que le Hezbollah, ou ses chefs iraniens, décident, à un moment ou un autre, de créer intentionnellement l’incident ; ce, s’ils pensent pouvoir en retirer un avantage politique, ou symbolique, à la face du monde arabo-musulman en plein déchirement.

 

A Beyrouth, on dit dans les journaux que l’armée nationale veille à ce que les Israéliens ne débordent pas d’un centimètre de leur territoire. C’est une manière d’en faire des guerriers et de justifier leur coopération avec les troupes de l’ "ennemi sioniste".

 

Actuellement, l’Iran a besoin de maintenir le statu quo pendant qu’il négocie l’avenir de son projet nucléaire avec les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU + l’Allemagne.

 

Pendant ce temps, à moins d’une vingtaine de kilomètres d’ici à vol d’oiseau, les contingents de tireurs d’élite et de barbouzes iraniens, ainsi que les miliciens du Hezb, font le coup de feu en Syrie afin de tenter de préserver la dictature alaouite des al Assad.

 

Des milliers de ces pseudo-mercenaires participent au massacre des sunnites et d’autres communautés minoritaires de Syrie. Sans ces assassins, cela ferait longtemps que l’autocratie aurait déjà sombré.

 

Dans ces conditions, le moment n’est pas opportun pour ouvrir un nouveau front contre la plus grande puissance du Moyen-Orient, Israël. Cela explique la raison pour laquelle ils se tiennent tranquilles.

 

Autre raison du calme apparent qui prévaut à Metula, et probablement la plus importante : la "République" Islamique et ses miliciens porte-flingues terminent leur phagocytage du Liban.

 

Pendant que nous écrivons ces lignes et prenons ces photos, en toute impunité et sans susciter la moindre réaction des grandes puissances, l’Axe du mal absolu renforce son emprise sur le pays des cèdres.

 

Ici, au Sud, il multiplie les caches d’armes et de munitions dans la plupart des villages voisins de l’Etat hébreu. Ce matériel servira à essayer de générer la terreur dans le nord d’Israël, dans l’éventualité d’une opération militaire de Tsahal contre les infrastructures nucléaires en Perse.

 

Les zones d’occupation irano-hezb se multiplient, s’étendent et s’étoffent au Liban. Dans ces régions où l’armée, la police et la justice de Beyrouth n’ont plus droit de cité, l’occupant aménage des bases de fusées et de radars anti-aériens, et prépare des sites pour le déploiement futur de missiles balistiques, qui auront toute l’Europe à leur portée.

 

C’est l’enjeu, invisible pour ceux qui préfèrent ne pas voir, de la course effrénée à la bombe atomique chiite. Dans le domaine stratégique, Khamenei et Ahmadinejad espèrent ainsi imposer au monde démocratique un nouvel équilibre de menaces. Imposer cet équilibre, afin que l’Europe, l’Amérique, mais aussi la Russie, ne s’avisent plus d’intervenir dans le pré-carré des ayatollahs.

 

Et cela semble fonctionner, puisqu’au Liban et en Syrie, personne ne dérange leurs projets.

 

A Beyrouth, trône aussi un gouvernement formé de ministres favorables à Téhéran et au Hezb, dirigé par le fantoche Najib Mikati. Un cabinet "démocratique" imposé en menaçant de mort le leader druze, le Cheikh Walid Joumblatt.

 

Ils ont laissé à ce dernier le choix de traverser les lignes politiques en se joignant au groupe parlementaire du Hezbollah ou de recevoir une balle dans la nuque ou une bombe sous sa voiture. Joumblatt, dont le père avait déjà été assassiné par les Syriens, a pris la plus sage décision.

 

A Beyrouth encore, les musulmans sunnites, les chrétiens et les Druzes n’apprécieront pas nos photos. Mais ils seront totalement impuissants à demander que leur armée ramène l’étendard de la "République" Islamique, car c’est celle-ci qui fait la loi.

 

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L’écrasante majorité des Libanais ne va pas aimer cette photo

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

On imagine la frustration de toutes ces femmes et de tous ces hommes devant la perte graduelle de leur autorité, de leur souveraineté et de leur indépendance.

 

Mais seuls, face à la milice surarmée - jouissant du support logistique massif des Perses, et du lien ombilical avec ce qui reste de la Syrie des al Assad - ils ne peuvent rien tenter.

 

L’espoir des patriotes libanais réside tout entier dans la défaite annoncée de Béchar al Assad et de sa bande de voyous. Ce sera, pour eux, une fenêtre d’opportunité, durant laquelle ceux qui représentent l’écrasante majorité des citoyens chez nos voisins septentrionaux auront la possibilité de se débarrasser de l’occupant.

 

Mais pour ce faire, ils devront avoir recours à la force, et la bataille pour la survivance et la suprématie sur les forêts de cèdres s’annonce sanglante.

 

On est donc en situation de statu quo tendu, ne sachant pas lequel des deux événements suivants déclenchera le feu d’artifice : une attaque israélienne sur l’Iran ou la chute des al Assad. On ignore même si et quand elles auront lieu.


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Cette gauche-là n’est pas éclairée (info # 010605/12) Version imprimable
Analyse
dimanche, 06 mai 2012

 

Par Guy Millière

 

Une gauche très inquiétante s’avance vers le pouvoir en France

 

Une campagne électorale génère souvent des débordements et des propos excessifs. La campagne pour l’élection présidentielle qui s’achève ce dimanche 6 mai en France n’a pas échappé à la règle, mais ce n’est pas cela, en soi, qui pose problème.

 

Ce qui pose un problème imminent, est la façon dont les media de gauche et la gauche elle-même ont traité Nicolas Sarkozy.

 

Avec des insultes innombrables. Accompagnées de comparaisons inqualifiables : tous les noms des collaborateurs des nazis en France pendant la Seconde Guerre Mondiale ont été évoqués, à commencer par celui du Maréchal Pétain. Le rassemblement du premier mai organisé place du Trocadéro a été comparé aux rassemblements de Nuremberg, au temps du Reich.

 

Nicolas Sarkozy a été accusé de s’exprimer comme un homme d’extrême droite, comme un fasciste.

 

Ce qui a ainsi été mis en œuvre relève d’une tentative d’étendre la diabolisation que la gauche fait peser sur le Front National à l’ensemble de la droite modérée en France, mais aussi à tout un ensemble d’idées et de sujets de débats que les auteurs de l’entreprise entendent éliminer totalement, ou ne voir aborder que sur un mode qu’ils ont défini à l’avance.

 

Cette campagne de dénigrement, éminemment politique, a présenté des dimensions totalitaires qu’il serait dangereux de sous-estimer.

 

La gauche, partout dans le monde, mais tout particulièrement en France, glisse très vite de l’expression d’un désaccord à l’invalidation morale, et de l’invalidation morale au confinement sur le banc d’infamie.

 

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La nostalgie du communisme n’est pas un choix politique

mais une affection de l’esprit. Sa remise au goût du jour

procède d’une aberration politique menaçant la société.

Surtout si elle participe à un gouvernement (Stéphane Juffa)

 

Parler de nation ou d’identité nationale lui convient très bien lorsque ces termes sont repris par des entités totalitaires, à l’instar de l’Autorité Palestinienne ; mais cela lui semble inadmissible si la nation et l’identité concernées se situent dans la civilisation occidentale.

 

Discuter de frontières demeure pleinement acceptable tant qu’il s’agit de frontières en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, mais pas lorsqu’il s’agit de celles d’un pays occidental.

 

Critiquer le christianisme, traîner les chrétiens dans la boue, lui paraît absolument tolérable, mais la moindre réserve concernant l’islam la conduit immédiatement à qualifier celui qui l’a prononcée de « raciste ».

 

Je pourrais continuer l’énumération des nuisances intellectuelles de ces déviances quasiment à l’infini, et y ajouter, par exemple, les descriptions grotesques - et souvent ignobles - que la gauche fait de la pensée libérale. Descriptions qui font que, lorsqu’un économiste appartenant à ce courant tente de s’exprimer, il se trouve presque toujours obligé de se justifier, expliquant qu’il n’est pas un adepte de l’assassinat de pauvres gens.

 

Je pourrais ajouter le discours péremptoire que la gauche entend imposer à propos Israël, des conservateurs américains ou, plus largement, de l’Amérique qui ne vote pas Obama.

 

Ces dimensions totalitaires, qui se sont révélées de façon très acerbe et très aiguë en France, n’ont pas été dénoncées, ou du bout des lèvres.

 

Et la raison de cette non dénonciation est évidente : les media de gauche représentent pratiquement l’ensemble du paysage médiatique français, et ceux qui ne seraient pas totalement inféodés à la gauche sont presque tous dirigés par des journalistes qui eux, y sont inféodés.

 

La gauche française elle-même règne dans des secteurs clés de la société, ceux qui, au-delà des media, pétrissent les cerveaux : l’éducation, la culture.

 

La victoire, probable, de François Hollande ce 6 mai sera, le cas échéant, non pas la victoire d’une gauche démocratique, respectueuse du pluralisme, ouverte et moderne, mais celle d’une gauche comminatoire.

 

Derrière François Hollande, il n’y a pas simplement tous les dirigeants du Parti Socialiste, mais aussi la gauche façon Jean-Luc Mélenchon. Celle qui trouve ses modèles chez les frères Castro, Hugo Chavez, Evo Morales. Il y a la gauche façon Eva Joly et Cécile Duflot, qui, lorsque le terroriste est proche-oriental et tue des Juifs, peut lui trouver bien des attraits et soutenir des opérations d’affrètement de bateaux pour le Hamas. On y trouve également… le Syndicat de la magistrature et des organisations telles que le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les peuples).

 

Une collusion existe, de plus en plus nette, avec des organisations islamiques et leurs compagnons de route, et il y eut, le 22 avril, comme ce qui se déroule ce dimanche, un vote islamique en faveur de François Hollande.

 

Tous ceux qui sont imprégnés de propensions totalitaires partagent une volonté commune : celle de créer des irréversibilités ; de faire que l’alternance ne soit plus possible qu’entre membres des mêmes factions ou clones de ces factions, et d’éliminer quiconque ne pense pas de manière « correcte ».

 

Je n’écris pas ces choses à la légère : je pense que l’élection du 6 mai constitue une sorte de dernière chance pour la France. Si, comme je le crains, cette chance n’est pas saisie, la perspective d’un redressement deviendra très difficile à envisager.

 

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Le plus grand écrivain algérien annoncé à Jérusalem en mai (info # 010405/12) Version imprimable
Analyse
vendredi, 04 mai 2012

 

Par Jean-Pierre Lledo

Jean-Pierre Lledo est un cinéaste et écrivain franco-algérien. Né en 1947 à Tlemcen, dans une famille communiste, il nourrit longtemps l’espoir d’une Algérie cosmopolite après l’indépendance. Ses films engagés font de lui l’un des intellectuels à abattre aux yeux des islamistes, l’obligeant à quitter l’Algérie. Il tourne actuellement un documentaire en Israël.

 

Boualem Sansal a été invité au Festival International des Ecrivains à Jérusalem, qui aura lieu dans le magnifique quartier de Mishkenot Sha’ananim ; cette partie de la ville construite il y a deux siècles par l’infatigable Lord juif Montefiore afin de remédier à la misère des Juifs, qui subissaient l’humiliation quotidienne du joug musulman. Un traitement à ce point dégradant, qu’il alerta même Karl Marx.

 

Or Boualem Sansal est un immense écrivain algérien, d’aucuns ne résistant pas à décréter qu’il est même le meilleur que l’Algérie ait jamais produit. Et Sansal, probablement parce qu’il est hors de portée du qu’en dira-t-on, a décidé de briser le boycott que les Arabes imposent à l’Etat hébreu et d’accepter de participer au Festival des écrivains.

 

Quand on est citoyen d’un pays arabe et musulman, dire qu’arriver à Jérusalem est une aventure est un euphémisme. Car l’entreprise est périlleuse à de multiples titres. Surtout lorsqu’on est un homme public, un écrivain, renommé de surcroît.

 

En amont, il aura fallu affronter ses propres préjugés, combler ses ignorances, et avoir le courage de se mesurer à ce qui représente le Tabou des Tabous dans le monde arabo-musulman : Israël.

En aval, l’enjeu n’est plus d’ordre intellectuel et symbolique. Il faut s’attendre à un déferlement de violences, verbales, au début, prônant, dans le meilleur des cas, l’excommunication. Et se préparer à y parer.

 

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Sansal ne craint pas les matadors de l’arabiquement correct

 

Surtout lorsque, à l’instar de Sansal, on ne s’est pas résolu à quitter l’Algérie. Ce, malgré le diagnostic de plus en plus sévère que l’écrivain nous livre sur son pays, roman après roman, article d’opinion après article d’opinion.

 

Le récent appel de la milice nazislamiste palestinienne Hamas à condamner l’écrivain, à l’intention du monde arabe et musulman, a ceci de salutaire, qu’en ouvrant le feu contre le romancier, il rendra plus délicat le positionnement des intellectuels algériens et arabes sollicités pour condamner Sansal.

 

Il faut en effet savoir que, dans le monde arabe et musulman, même lorsque l’on peut tirer à boulets rouges sur le pouvoir, décrier le système politique mafieux, et mettre à nu les travers de la société patriarcale, l’intellectuel est tenu, par compensation, d’afficher un nationalisme sans faille, et surtout, de charger Israël.

 

Or Boualem Sansal est sans doute le premier intellectuel du monde arabe et musulman à ne pas se plier à cette contingence.

 

Le premier, si l’on excepte Rezak Abdelkader, petit-fils de l’Emir Abdelkader, le premier chef qui résista à la pénétration française de 1830.

 

Né en Syrie et parfait connaisseur de tous les pays arabes environnants, il avait, dans deux livres sur le conflit judéo-arabe, publiés chez Maspéro dans les années 60, émis un jugement définitif sur leurs dictatures patriarcalo-religieuses.

 

Il prit parti sans équivoque en faveur d’Israël, fruit prometteur, à son sens, de ce mouvement mondial du XXème siècle vers l’autodétermination, car démocratique. Au point d’épouser une Israélienne juive et de vivre, puis de mourir à ses côtés, dans un kibboutz galiléen bordant le lac de Tibériade.

 

Quant à la littérature algérienne, elle eut ses enfants prodiges, lesquels créèrent beaucoup d’épigones. Kateb Yacine et sa fougue poétique éclatant l’ordre patriarcal. Rachid Boujedra et sa prose fascinée par Céline, s’attaquant à l’un des grands tabous du monde musulman, le sexe. Rachid Mimouni, qui, le premier, commença à fustiger les mécanismes totalitaires du système politique, mais par le biais de la parabole et de la satire. Tahar Djaout, qui, sans doute, serait devenu l’un des plus grands écrivains algériens, s’il n’avait été assassiné en 1993 par les islamistes.

 

Aucun d’entre eux, cependant, n’a osé bousculer l’obligation auto-imposée des intellectuels algériens de se montrer nationalistes et  antijuifs ; une obligation qui prend sa source dans l’islam lui-même, le coran et les hadits, et non dans l’islamisme.

 

Si les écrivains algériens que j’ai cités ne s’en sont pas pris à ces codes détestables, c’est peut-être parce que la mort les a tous emportés prématurément. Tous, à part Boujedra, toujours vivant, mais qui ne s’est pas non plus attaqué à ces idées reçues.

 

La meilleure incarnation de cette duperie intellectuelle est sans aucun doute Yasmina Khadra. S’il dit sa nostalgie de ses anciens copains Pieds-noirs d’Oranie, c’est pour taire que, le 5 juillet 62, le jour même de l’indépendance, on les avait massacrés et jetés dans un lac par centaines. Et s’il va jusqu’à mettre en scène le terrorisme palestinien, c’est pour finalement le justifier, comme, quelques décennies plus, tôt le FLN avait justifié le sien.

 

En 2008, lorsque le Salon du livre de Paris fit d’Israël son invité d’honneur à l’occasion de son 60ème anniversaire, Khadra, qui voudrait se faire passer pour le déboulonneur des mythes, s’est cependant rallié à l’appel au boycott du salon par le monde arabe.

 

Cela valut en tout cas à cet ex-officier de la Sécurité Militaire d’être nommé à la tête du Centre Culturel Algérien à Paris.

 

Ce, tandis que Boualem Sansal venait, quelques années plus tôt, d’être éjecté de son poste au ministère de l’Industrie.

 

Lorsqu’il s’agit des Juifs, l’Algérie, comme le reste du monde arabe, est toujours frappée de schizophrénie délirante.

 

Ainsi l’actuelle ministre de la Culture, Khalida Toumi (ex-Messaoudi), maintenue à ce poste depuis trois mandats par le Président Bouteflika, dont elle fut d’abord la porte-parole. Elle n’hésita pas à déclarer, en février 2008, au quotidien arabophone El Khabar (la nouvelle), qu’elle « travaillait avec l’Espagne à déjudaïser la musique andalouse », dite, en Algérie « arabo-andalouse ».

 

Dire que la personne qui s’est fendue de cette proclamation n’avait, dix ans plus tôt, alors qu’elle n’était encore qu’une militante extrémiste du féminisme en butte à l’ire islamiste, pas hésité à se rendre en Israël, et même à se faire interviewer et photographier par le quotidien Haaretz… Sans que, soit dit en passant, la « presse indépendante » algérienne n’en pipe mot.

 

Vous constatez à quel point cette forme de schizophrénie antijuive peut affecter les fonctions du cerveau !

 

Je n’ai pas encore questionné Boualem Sansal sur ce qui l’a poussé à renverser le tabou arabo-musulman concernant Israël. Mais il suffit de lire ses romans, et constater dans quel sens son œuvre a évolué pour en avoir une idée.

 

Dès son premier roman, « Le Serment des Barbares » – quel titre ! –, on comprend que l’écrivain s’est engagé dans un combat pour la vérité historique, et pour révéler au grand jour que les mafias qui ont fait – et surtout détruit – l’Algérie possèdent un lien ombilical avec celles qui ont dirigé le combat « libérateur » contre la France.

 

Les romans qui ont suivi, « L'Enfant fou de l'arbre creux », « Dis-moi le paradis », « Harraga » (déraciné, sans terre, émigré clandestin, brûleur de route), ont approfondi le même sillon, démontrant, chaque fois différemment, au travers de nouveaux échantillons sociaux et de magnifiques personnages, combien le présent était hypothéqué par le passé ; combien les violences d’aujourd’hui éructent d’un volcan de secrets masquant des violences antérieures, aussitôt dissimulées.

 

Dans l’avant-dernier roman de Sansal, « Le Village de l’Allemand », deux frères adultes vivant en France découvrent, après la mort de leur père en Algérie, qu’il avait été un nazi. Et pas n’importe lequel, un ingénieur-chimiste qui avait mis au point un gaz exterminateur, et qui, après la défaite hitlérienne, avait d’abord reçu l’asile en Egypte, avant de servir d’instructeur militaire aux « combattants de la libération » du FLN-ALN. C’est pour ces services rendus à la révolution qu’il reçut la nationalité algérienne après l’indépendance.

 

Après Le Village de l’Allemand, il ne restait plus à Sansal qu’à ouvrir le tiroir des secrets familiaux, que je ne vous dévoilerai pas ici. Car il le fait lui-même avec panache, dans son dernier ouvrage, « La Rue Darwin », que j’invite vivement les lecteurs de la Ména à lire.

 

Que ce soit par ses romans, ou par ses essais, « Petit éloge de la Mémoire », « Poste restante : Alger », Boualem Sansal n’arrête pas de répéter que, finalement, l’Algérie, comme le reste du monde arabe, est malade. Malade surtout de sa mémoire, du déni de ce qu’il a été réellement, de ses mythes ; en un mot de son identité falsifiée.

 

Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que, dans ses deux derniers romans, surgisse l’impensable, l’indicible en Algérie, l’innommable dans le monde arabe ; je veux dire, le fait juif ?

 

Le rabbin de son enfance, dans « La Rue Darwin », et la Shoah, dans « Le Village de l’Allemand », font de Sansal le premier écrivain à évoquer la tentative d’anéantissement du peuple juif. Ce, dans un monde arabe où « Mein Kampf » est, de nos jours encore, un best-seller, et les négationnistes Garaudy et Dieudonné, des stars adulées.

 

Dans quelques jours, du 13 au 16 mai, Boualem sera donc pour la première fois en Israël, dans Jérusalem, sa capitale de toujours. La capitale de la Judée, débaptisée par l’empereur Hadrien, et renommée Palestine, en l’an 135, afin de sanctionner la révolte des Hébreux contre l’occupant romain, dirigée par Bar Kokhba. Jérusalem, que l’islam conquérant commença de recouvrir par ses propres temples, dès le VIIème siècle.

 

Les pages de la Ména n’étant pas l’emplacement approprié pour l’analyse littéraire creusée de l’œuvre d’un écrivain, je me contente d’encourager vivement à lire ce romancier. Car avec Sansal, on sort des sentiers battus chers à la littérature du monde arabe ; de l’obsessif, de l’onirique, du romantisme poétique, et de la poisseuse nostalgie de l’âge soi-disant d’or, pour aller, dans des formes de plus en plus classiques, vers le réalisme.

 

Un réalisme certes tout à fait spécifique à l’écrivain, qui lui permet d’inventer enfin de vrais personnages, y compris de femmes qui ne sont plus de simples marionnettes mises en mouvement, pour nous faire voir, sans filtres, le REEL, aussi calamiteux que tragique.

 

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Ne jamais sous-estimer son adversaire (info # 010305/12) Version imprimable
Analyse
jeudi, 03 mai 2012

 

Par Stéphane Juffa

 

La bonne nouvelle pour les Français, suite au débat d’hier soir, est que leur prochain président ne sera pas un imbécile.

 

Il y a plusieurs autres nouvelles qui ne sont pas réjouissantes pour eux, mais la prestation de François Hollande lors du débat télévisé fut en tout point remarquable. Les rares personnes qui, ce matin, prétendent le contraire sont soit des militants UMP soit de mauvaise foi.

 

Nicolas Sarkozy l’a découvert à ses dépens. Il est vrai qu’il avait jusque-là sous-estimé son adversaire, au point de proposer trois face-à-face télévisuels.

 

Or à l’aune de ce qu’on a vu hier, le président sortant peut se réjouir de ce que le staff de campagne socialiste a rejeté sa demande.

 

D’un côté de la table, il y avait un candidat serein, droit dans ses bottes, qui regardait les téléspectateurs dans les yeux et leur parlait d’une voix assurée. Il est clair que Hollande avait préparé l’évènement depuis plusieurs mois ; il savait qu’il allait affronter un ténor des plateaux TV et qu’il avait un long chemin à rattraper dans ce domaine.

 

Visiblement bien épaulé par des professionnels du petit écran, le candidat socialiste avait révisé et révisé encore son devoir, et, nous en sommes sûrs, il a participé à des dizaines de simulations face à des alias de Nicolas Sarkozy.

 

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Un ring

 

Belle réalisation. Lorsqu’après les bredouillements nostalgiques du Président, répondant à la question de savoir quel serait son style de présidence s’il était réélu, François Hollande se lança dans une remarquable tirade, qui restera dans les annales : "Moi, quand je serai président, je ne ferai pas…", les téléspectateurs avisés comprirent que le deuxième tour de scrutin était superflu.

 

Sarkozy avait impérativement besoin de l’emporter par KO pour conserver un mince espoir de rattraper son retard de quatre à cinq points au deuxième tour, et c’est lui qui est allé au tapis. On a assisté à l’une des victoires les plus nettes lors d’un face-à-face télévisé depuis que cet exercice existe.

 

Beaucoup de gens qui n’étaient pas directement impliqués dans les appareils électoraux avaient décidé de suivre ce duel uniquement afin de voir comment Hollande résisterait aux coups de bélier du Président.

 

Dans notre rédaction, d’aucuns prévoyaient que le challenger se contenterait de botter la balle en touche en toute occasion en éludant la discussion, et en espérant que l’émission se termine vite, pour éparpiller le moins de votes possibles.

 

On attendait au moins que Nicolas Sarkozy "défonce" son contempteur dans les domaines où son programme est le plus transparent : le remboursement de la dette, le programme économique, l’investissement, l’immigration, l’Europe et le nucléaire. Excusez du peu…

 

Mais le pensionnaire de l’Elysée n’a jamais été en mesure de concrétiser son avantage relatif sur ces sujets.

 

Surpris par l’entame de François Hollande, vouté alors que l’autre se tenait droit sur sa chaise, traversé par plus de tics encore que d’habitude, cherchant des yeux le salut du côté de Laurence Ferrari et de David Pujadas, plutôt que d’affronter du regard les spectateurs et Hollande, le champion de l’UMP galvaudait son avantage.

 

Pour ne rien arranger – c’était évidemment une tactique préparée à l’avance – Hollande l’interrompait vigoureusement à tout bout de champ, forçant Sarkozy dans des digressions stériles. Le Président en sortait fatigué et déstabilisé. Il s’égarait alors à citer des exemples tirés du passé, ayant trait aux erreurs des anciens leaders socialistes, Mitterrand, Jospin et consorts.

 

Face à lui, Hollande parlait de Hollande et de l’avenir. Il développait son programme sans être interrompu – quelle affabilité ! - et lançait des pics à tout-va, forçant son adversaire sur une posture défensive.

 

Ses slogans avaient été soigneusement choisis, et ils faisaient mouche chaque fois qu’ils étaient répétés. Le plus brillant : "Cela fait dix ans que vous êtes au pouvoir", comme si les difficultés des cinq années que Sarko a passées à l’Elysée ne suffisaient pas. Et puis, des flèches du genre "Pourquoi faire cette proposition aujourd’hui alors que vous aviez dix ans pour la mettre en pratique ?".

 

Que voulez-vous opposer à cela ?

 

La crise, certes la crise… Mais pour exposer aux Français les effets de la crise mondiale sur la gestion de leur pays, il fallait s’engouffrer dans des démonstrations financières compliquées. Hors de portée du commun des téléspectateurs.

 

La tentative du président sortant de présenter ses résultats en comparaison avec ceux des autres pays était courageuse. Mais que vaut-elle face au : "Vous allez enlever 300 euros mensuels aux familles de smicards !", plusieurs fois répété par Hollande pendant la soirée.

 

Ca n’est pas vrai ! Ou cette perte serait, dans le programme du président, compensée par d’autres économies. Le projet de François Hollande est faible dans des proportions qu’il est difficile de décrire dans un seul article.

 

Particulièrement dans le domaine économique, où l’on ne trouve l’énoncé que de nouvelles dépenses, par temps de crise et de dette extérieure faramineuse, et d’aucune épargne. La France, pour éponger les folies budgétaires du socialiste aurait besoin de connaître un véritable boom économique provoquant un déluge de recettes miraculeuses, un peu comme la manne, à l’époque où il suffisait à Moïse de parler au ciel pour nourrir le peuple.

 

Mais le moins que l’on puisse dire, dans le système dichotomique que vous promet Hollande, c’est que ceux qui voudront investir dans son modèle économique seront d’authentiques phénomènes. La prévision raisonnable est que les marchés, les grosses fortunes et les investisseurs vont quitter l’Hexagone en courant. Ils ont toutes les raisons, après ce débat, de se sentir comme le renard à la veille de l’ouverture de la période de chasse à courre.

 

Ils sont les poulets que Hollande affirme vouloir plumer, ou plutôt le gros gibier qu’il entend dépecer. S’il l’attrape !

 

Dans les faits, le futur président de votre république entend augmenter la distribution des parts d’un gâteau déjà trop petit, mais qui va encore s’amenuiser. Plutôt presque égaux dans la pénurie qu’un peu inégaux dans la profusion, on connaît la chanson rouge.

 

Son projet a cinquante ans de retard, il est rigide, et comporte la plupart des erreurs déjà commises par les socialistes à la tête de divers Etats de l’UE. Des erreurs anachroniques, qui conduisent à des catastrophes.

 

Et le désastre économique se produira, pour peu que Hollande réalise effectivement ses promesses. La seule question qui reste en suspens consiste à savoir si la France rejoindra le gruppetto de traîne, dans lequel l’Italie, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande pédalent déjà dans la mélasse, en septembre prochain ou au début 2013. Les analystes de la Ména ne sont plus divisés que sur cette interrogation.

 

Mais hier, il ne fallait pas chercher les différences politiques entre les programmes, car c’est à un combat des chefs, un combat de rhétorique et de postures, auquel on a assisté. Unique point de mire, les urnes de dimanche !

 

Une minute après que le vainqueur sera proclamé, Hollande oubliera absolument tout de ce qu’il a pu annoncer durant la campagne. Sarkozy aurait fait de même, à l’instar de tous les présidents élus, qui se transforment instantanément de larve en titan, et qu’on n’est jamais sûr de pouvoir canaliser.

 

C’est d’ailleurs là, en la circonstance, le seul espoir des Français : qu’Hollande – faisant le contraire de ce qu’il a promis - s’intègre intelligemment dans le sens du courant et qu’il ne tente pas d’inverser le mouvement giratoire de la Terre.

 

Il faut cependant juger le débat d’hier soir comme on évalue les concurrents d’un concours de debating ; ce sport oratoire inventé dans les universités anglo-saxonnes, au cours duquel les concurrents tirent un point de vue au hasard, qu’ils doivent faire prévaloir lors d’une discussion publique avec un adversaire.

 

A ce jeu-là, les téléspectateurs ont réellement eu droit à une épreuve de qualité. Un concours incrusté de quelques perles d’intelligence, surtout du côté de Hollande. Comme cet engagement, énoncé avec force, calme et sérénité, de faire respecter la laïcité de la République. D’interdire la viande halal dans les écoles, la burqa et la ségrégation des genres dans les piscines publiques.

 

C’est clair, limpide même. Cela a coupé les derniers brins d’herbe sous les pieds du concurrent président, qui avait fait de ces périls, durant ses meetings, ses chevaux de bataille.

 

Du coup, Sarkozy n’avait plus rien à redire quant au rapprochement contre-nature qui unit socialistes et islamistes.

 

On a assisté hier à la meilleure prestation de Françoise Hollande qu’on n’avait jamais vue. Honnêtement, on ne l’en croyait pas capable. Il a parlé comme le peuple français aime qu’on lui parle. Avec, en plus, cet effort constant d’humilité, qui donne l’impression que le candidat socialiste se tient près de la rue et à l’écoute d’icelle. Une autre chose que Sarkozy ne sait pas faire.

 

Quant à ce dernier, il s’est battu vaillamment, avec un fond d’authenticité et même d’émotion incontestable. Mais il est apparu usé par ses cinq années de règne et par l’âpreté de la campagne, et par tous les efforts qu’il a dû concéder afin de faire face à la marée imméritée des critiques orchestrées contre lui.

 

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La démographie est un enjeu réel dont il est permis de parler (info # 010205/12) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
mercredi, 02 mai 2012

 

Par  Llewellyn Brown 

 

Le résultat remarquable de Marine Le Pen au premier tour des élections présidentielles fut une surprise pour beaucoup : avant tout, pour ceux qui se sont bercés des discours idéologiques visant à écarter le domaine politique au profit d’une idéologie simpliste et moralisatrice.

 

En effet, depuis une trentaine d’années, la question éminemment politique de l’immigration et de la démographie est bannie du débat public.

 

Pourtant, quoi de plus légitime que de s’interroger sur la société que l’on veut construire ? Sur le choix des règles qui permettront aux citoyens de vivre côte à côte et d’échanger sur ce qui leur fait difficulté ? Sur les groupes de personnes que l’on souhaite, par conséquent, accueillir ?

 

Ceux qui réclament des débats sur ces sujets sont d’emblée sommés de se taire, se voyant qualifiés de « racistes », de « fascistes », d’individus qui « n’aiment pas l’Autre » : un discours qui appartient bien davantage au domaine religieux et moral qu’à celui de la politique !

 

Disons tout net que tels qu’on les emploie aujourd’hui, les mots fasciste, raciste et extrême droite sont dénués de tout sens : autant qualifier quelqu’un de bachi-bouzouk !

 

Ajoutons que l’antisémitisme répandu depuis des décennies – dans nos media et parmi les personnalités politiques de gauche et de droite – dépasse largement tout ce que l’on prétend identifier chez Marine Le Pen.

 

De surcroît, la culture dont se réclament – haut et fort – ceux qui agressent (verbalement, physiquement) les femmes et les Juifs, les torturent et les assassinent [1], en France aujourd’hui, rend urgente la tenue d’un débat susceptible de réorienter notre politique nationale.

 

C’est dans ce contexte que vient d’apparaître un livre salutaire intitulé « Le Défi démographique », de Jean du Verdier [2], général de l’Armée de l’Air, ancien professeur de l’Ecole Supérieure de Guerre Aérienne. Ecrit sur un ton raisonné, ce livre offre une mise en perspective des enjeux de la démographie que l’on a trop tendance à laisser se noyer sous la cacophonie idéologique.

 

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Avant d’aborder le contenu précis de cette démonstration, notons que l’évocation de la psychanalyse en constitue le point faible, mais il est vrai que le destin de la psychanalyse est, justement, à l’instar de l’inconscient, de faire objet de la méconnaissance…

 

Or, la psychanalyse s’interroge bien sur les mutations de la société. Non seulement la question du sexuel – de ce qui nous pousse à l’accouplement et à la reproduction – relève du domaine de la psychanalyse par excellence, mais Lacan [3] aborde bel et bien les effets du capitalisme et de la science : l’effondrement de l’idéal et des figures d’autorité, la multiplication concomitante des objets de la consommation, dont la jouissance contribue à isoler les individus, et à les détacher du lien social.

 

Ces éléments participent, à n’en point douter, au déclin de la cellule familiale et de la démographie, engendrant les formes contemporaines du malaise dans la société. Jean du Verdier se prive ici d’un outil de réflexion inestimable…

 

Cela nonobstant, l’auteur aborde la question de la démographie avec une grande pertinence. Il note que la croissance démographique – et la pyramide des âges bénéficiant d’une large base de population jeune – a toujours reflété le dynamisme et la confiance d’une civilisation en elle-même, conduisant à l’expansion et à la domination impérialiste.

 

A l’inverse, le déclin démographique, la présence massive de populations étrangères sur son sol, signe la fin d’une civilisation, et empêche les conquêtes militaires d’établir une suprématie durable.

 

A l’appui de ces observations, il dessine un panorama historique de la civilisation occidentale, montrant comment les sociétés fortes et dynamiques connurent une expansion démographique, pour ensuite disparaître, à la suite d’un déclin démographique, non sous l’effet d’une force exogène. Il en fut ainsi pour la Grèce antique, puis pour Rome.

 

Au cœur de cette question se trouve la place accordée au désir sexuel et à la famille. Contrairement à ce que cherchent à nous faire croire les libertaires, les préceptes traditionnels portant sur la sexualité ne sont pas destinés à réprimer celle-ci, mais à entretenir le désir, afin qu’il soutienne la création de la famille et des générations à venir.

 

Or justement, malgré son statut de cellule irremplaçable, la famille occidentale connaît un déclin spectaculaire, se voyant remplacée par les valeurs de l’épanouissement individuel, qui évacuent toute notion de pérennité. L’Etat y contribue, faisant en sorte de libérer les individus des contraintes familiales, pour qu’ils n’aient plus de lien qu’avec l’Etat providence. Les souvenirs du totalitarisme ne sont pas loin : on se rappelle que les fabriques de « l’homme nouveau » coupaient systématiquement l’individu de son environnement familial.

 

Ce déclin n’est en rien anecdotique. Du Verdier souligne : « Il n’est pas nécessaire d’éliminer physiquement les individus pour détruire un peuple, il suffit de dissoudre les caractères raciaux, culturels et religieux qui constituent sa personnalité. La guerre démographique n’entraîne pas la destruction physique de l’ennemi mais sa défaite totale par la destruction de son être collectif, de son corps symbolique, par la rupture de filiation que provoque le métissage ».

 

Si nos idéologues médiatiques sont prêts à appliquer de tels principes au colonialisme occidental, ils refusent d’y voir une quelconque pertinence à l’égard de l’Europe. On sait, pourtant, que pour les idéologues musulmans, la présence d’une population nombreuse sur un sol étranger constitue explicitement un moyen de conquête, comme Houari Boumediene le déclara sans vergogne à l’ONU en 1974.

 

En douterait-on ? Point n’est besoin d’une déclaration explicite de guerre ni d’une organisation visible (même si celle-ci existe en France, sous la forme de l’UOIF, l’Union des Organisations Islamiques de France), et c’est l’un des points précieux de ce livre, que de mettre ce principe en évidence.

 

Du Verdier observe : « L’adversaire, polymorphe, est guidé par l’instinct. Il n’a pas besoin d’un chef d’orchestre pour lui dicter le but positif, fil directeur de son comportement. Chaque agresseur est conscient de l’objectif collectif : occuper des territoires et y vivre selon ses us et coutumes, sans égards pour les autochtones et à leurs dépens ».

 

Dans cette optique, l’auteur prend le modèle du jeu de Go, illustré par l’excellente couverture réalisée par Corinne Binois. Dans ce jeu, chaque joueur pose ses pions comme il le désire : « En cours de partie, le damier prend l’allure d’une mosaïque. Pas de front, pas d’avant et d’arrière, les combattants sont enchevêtrés ».

 

C’est cette forme de guerre postmoderne que l’on trouve couramment en France aujourd’hui : l’installation des populations dans un immeuble, dans un quartier ; s’ensuivent, progressivement, le bruit, le vandalisme, les agressions verbales et physiques. L’ancienne population se voit alors contrainte de partir, laissant derrière elle des zones de non droit, où les forces de l’ordre n’osent plus pénétrer.

 

La situation est alarmante : « On dénombre aujourd’hui en France un millier de ces cités interdites, enclaves étrangères sur le sol français, qui regroupent 5 millions d’habitants ».

 

S’écrierait-on au « racisme », à la propagation de « stéréotypes » ; proclamerait-on que la violence qui gangrène notre société n’est que l’effet naturel de la « stigmatisation » que subissent ces « jeunes » (l’invention de cet euphémisme est déjà un aveu) ?

 

On affirmera, en réponse, que jamais d’autres immigrés ne se sont livrés à de telles exactions, et encore moins sur cette échelle. Jamais les Juifs – victimes de persécutions inouïes tout au long de l’histoire, sans parler de la Shoah – ne sont devenus des barbares : jamais ils ne se sont déchaînés contre les habitants des pays où ils se sont installés, loin s’en faut !

 

Contrairement à ce que certains seraient tentés de prétendre, Du Verdier ne dénonce pas la malveillance des uns, au profit de la pureté imaginaire d’une société ou d’un peuple : son souci de rigueur intellectuelle lui permet de restituer un aspect essentiel de la dignité humaine.

 

En redonnant ses titres de noblesse au concept de race, il note que celui-ci – il emploie aussi le mot latin gens, ou la lignée (pensons, par exemple, au « Cid », de Corneille !) – permet à la famille de se perpétuer à travers l’histoire, mettant en contact souvent cinq générations dans une transmission vivante.

 

A cela, la culture juive – à la pérennité exceptionnelle – connaît quelque chose : il n’est donc pas étonnant que notre culture postmoderne, qui dénigre la transmission – et ce, jusque dans le milieu scolaire – voue une haine accrue au peuple juif et à sa renaissance en Terre d’Israël.

 

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Ce mur-là ne sert à rien (info # 010105/12) Version imprimable
Exclusivité
mardi, 01 mai 2012

 

Par Stéphane Juffa

 

Les habitants du petit village de Metula, que nous connaissons bien, situé à l’extrême nord de l’Etat d’Israël, dans une sorte d’isthme géographique entouré par le Liban, en perdent leur latin.

 

On parlait depuis quelques mois de l’éventualité de la construction d’un mur de cinq à sept mètres de haut, entre leur bourg et la ville voisine libanaise de Kfar Kileh (25 000 hab.), et hier matin, les travaux en vue de l’érection de cette barrière de béton ont débuté à toute vapeur.

 

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Un nouveau mur à Metula

Israël a-t-elle contracté la "murite" ?

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Des soldats de Tsahal, inhabituellement nombreux, ont bouclé hermétiquement la zone de construction, exactement en face des fenêtres de notre rédaction, et les ouvriers des sociétés du bâtiment se sont mises à pied d’œuvre.

 

Les pelleteuses et les camions s’activent depuis sur la frontière internationale. Pour le moment, ils s’emploient à démanteler l’une des deux barrières métalliques qui déterminent l’extrémité de l’Etat hébreu, et la remplacent par un treillis orange en plastique, censé établir le tracé du futur rempart.

 

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Les travaux ont commencé lundi

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

L’opération se fait en complète coordination avec l’ONU – qui a déployé des forces conséquentes munies de blindés légers – et l’armée libanaise, qui observe les travaux, sans armes apparentes, depuis les toits en surplomb.

 

Le mur de séparation est censé couvrir une distance d’environ un kilomètre et coûter, selon des indiscrétions, la bagatelle de 13 millions de shekels (2,6 millions d’euros).

 

Cette somme irrite fortement les Métuliens qui considèrent qu’elle participe d’un parfait gaspillage. L’Armée explique pourtant, dans des communiqués laconiques, que cette séparation artificielle est nécessaire "afin d’assurer la protection de leur localité".

 

Toujours selon ces sources militaires, par la voix du colonel Amit Fisher, sur les ondes de la radio nationale, "il s’agirait d’éviter des tirs depuis le territoire libanais vers le territoire israélien". L’Armée tenant à préciser que, "durant les dix-huit derniers mois écoulés, un certain nombre d’incidents auraient été observés".

 

Le gros hic, c’est que les Métuliens n’ont remarqué aucun incident particulier durant cette période.

 

A la Ména, nous sommes bien placés pour en témoigner, puisque le trajet du mur se situe partiellement sur le parcours de la promenade que nous empruntons quotidiennement avec nos chiens. S’il y avait eu des incidents notables, nous aurions été aux premières loges pour nous en apercevoir.

 

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Les soldats israéliens protègent la construction du mur

Les Métuliens s’interrogent : un rempart pour quoi faire ?

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Et dans l’éventualité dans laquelle des escarmouches se seraient déroulées à des heures durant lesquelles nous n’arpentions pas la route champêtre qui longe le grillage, nous en aurions entendu les échos, vu les explosions, et nous nous serions évidemment rendus sur leur théâtre en l’espace de quelques minutes.

 

Plusieurs habitants de notre village téléphonent à la rédaction dans le but de s’enquérir de l’éventualité de l’existence de raisons tactiques ou stratégiques qui leur échapperaient. Las ! Nous n’en trouvons point.

 

Le mur aura beau atteindre plusieurs mètres de hauteur, il ne protègera rien du tout, ou, à la limite, les activités des miliciens du Hezbollah, qui fourmillent dans la conurbation voisine. En effet, plusieurs bâtiments libanais de vingt mètres et plus dominent la ligne de séparation entre les Etats, depuis lesquels il est parfaitement loisible de nous prendre pour cibles, le cas échéant.

 

D’autre part, on est en droit de se demander ce qu’apportera un ouvrage tel celui qui est en chantier, lorsqu’il s’étendra sur un kilomètre, alors que la frontière immédiate entre Metula et le Liban en mesure environ cinq. Pourquoi, en cas de velléité agressive, les miliciens chiites ne tireraient pas sur nos paisibles concitoyens depuis les quatre kilomètres restants ?

 

Certes, le kilomètre concerné est celui où les demeures libanaises ne sont distantes que de quelques pas de l’Etat hébreu.

 

Dans le reste de la zone de mitoyenneté, on ne distingue généralement que des paysans et leurs ouvriers thaïlandais s’occupant des vergers, des rédacteurs en goguette avec des canidés, ainsi que de très, très rares patrouilles israéliennes.

 

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Sur un toit, des officiers et des photographes libanais observent,

entourant deux militaires de la FINUL

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Un ancien communiqué de Tsahal datant de janvier, repris par l’AFP, annonçait que le mur devait "protéger des blocs d’immeubles récemment construits à Metula, contre des tirs provenant du village de Kfar Kileh".

 

Or aucun immeuble n’a été érigé durant les quinze dernières années dans notre petite localité. Le dernier projet immobilier en date fut l’établissement du lotissement dans lequel notre agence a élu domicile. C’est là un groupe d’environ quatre-vingt villas, construites à flanc de colline et en escaliers, que l’on peut canarder de n’importe quelle partie de la ville voisine si on en a l’intention et si l’on ne craint pas les représailles.

 

La construction de l’ouvrage va durer plusieurs semaines et engendrer des nuisances pour les habitants des deux pays. De plus, l’espace ouvert entre Metula et Kfar Kileh, sans no man’s land, générait une proximité visuelle salutaire, entre deux Etats, mais aussi entre deux mondes ; entre les jeunes filles en short qui arpentent les vergers, et toutes les femmes d’en face, chiites, en tchador intégral, qui les regardent, intriguées, de la fenêtre de leurs véhicules.

 

Car en fin de compte, quand les hommes seront las de se faire la guerre, il faudra bien qu’ils apprennent à vivre ensemble, et ce gigantesque tumulus ne participera en rien à l’avènement de cette nouvelle réalité.

 

Il est clair que les chiites, qui dirigent la vie de nos voisins d’une main de fer, et l’armée israélienne préfèreront cette sorte de "stérilisation". Pas nous, ni les autres habitants de Metula, qui considèrent ce projet parfaitement inutile et qui se demandent même – rumeur villageoise oblige – si quelque société de construction n’était pas en train de profiter de largesses puisées dans le budget militaire, tandis que tout le reste du pays se torture les méninges pour chercher comment faire des économies.

 

Les confrères photoreporters ainsi que les chaînes de télévision, qui se bousculent dans les rues étroites agrippées à notre colline, ne peuvent rien discerner des travaux en cours, côté israélien, à cause du blocage institué par Tsahal. Nous avons même rencontré, cette après-midi, les consœurs d’Aljazeera et leurs cameramen, occupés à chercher la direction du Liban pour réciter leur texte. 

 

Les seules images du "mur" disponibles jusqu’à la diffusion de cet article provenaient de la partie libanaise.

 

Mais forts de notre avantage de connaître chaque mètre de la région, nous sommes parvenus à saisir les prises de vue que nous publions dans cet article.

 

L’une de ces photographies constitue un véritable scoop : elle montre quatre blindés de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban) ainsi que leurs équipages, devant le nez desquels les miliciens du Hezbollah ont planté, depuis hier, un immense poster.

 

Non pas une image du président libanais Michel Souleiman, et pas même celle du chef de la milice du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Non. C’est le portrait géant du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, surmonté du drapeau de son pays, qu’on oblige les hommes du contingent de l’ONU – qui compte notamment des Français, des Italiens, des Espagnols, des Allemands, des Belges, des Cypriotes, des Croates, des Danois, des Grecs, des Hongrois, des Portugais, et des Serbes – à contempler.

 

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Les miliciens alliés de Béchar al Assad en Syrie ont placé

Ahmadinejad sous les nez des soldats de la paix

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

On est évidemment en présence d’une vexation intentionnelle, doublée d’une provocation. Officiellement, Ahmadinejad n’a rien à voir avec le Liban, et son image n’a pas lieu d’être affichée dans cette zone du Liban sud, confiée au contrôle de la FINUL et de l’armée libanaise.

 

C’est histoire de montrer aux Occidentaux et aux autres Libanais quel est le régime qui domine effectivement la fragile république du Cèdre. Histoire, aussi, d’exprimer qui commande au Hezbollah, et qui nomme, par son intermédiaire, le gouvernement de baudruches siégeant à Beyrouth, lequel ne décide plus de rien depuis longtemps.

 

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Rebecca Wengrow : l’espoir du désespoir (info # 013004/12) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
lundi, 30 avril 2012

 

Par Sandra Ores

 

Avec discrétion, humilité, et trois nouvelles, Rebecca Wengrow a poussé la porte du sanctuaire de la littérature française, avant de se faire vivement apprécier des libraires et du public.

 

En 2009, trois ans après la parution de son premier recueil « Une Etoile cousue main » – La Luminade, 5€, 30 p. –, les éditions BSC Publishing publiaient « Le Désespoir des heures de pointe » – 13€, 100 p. – ; sept courtes nouvelles, dans lesquelles l’écrivain raconte des moments de vie furtifs - quelques heures à peine -, dans un style simple et quotidien.

 

Au-delà de l’apparente ingénuité de ses textes, Rebecca Wengrow découvre des sentiments d’une profondeur étonnante. L’homme, accompagné de ce qu’il possède de plus simple et de plus essentiel, ses émotions, ses pensées, se trouve face à la force du cours de la vie, sur lequel il ne peut influer, impuissant.

 

Une vision de l’existence brutale et emplie d’une certaine détresse, pourtant décrite par l’auteur avec sérénité et chaleur, sans même une pointe d’amertume.

 

Chez Rebecca Wengrow, il n’est pas anachronique, dans la modernité du XXIème siècle, de mourir d’amour. Même lorsque l’on est un adolescent, à cet âge de coutume considéré comme ingrat et futile, les émotions pénètrent cette dimension absolue, universelle ; pures au point que si elles se brisent, les morceaux de cristal tranchants auront raison de nos cœurs fragiles.

 

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Que nous reste-t-il, à ces instants où meurt l’amour, où l’aimé nous quitte, sinon un corps, un parmi tant d’autres, vidé ; un corps qui doit continuer, ne pas lâcher, avancer ?

 

Traîner, de force, l’âme dans les transports en commun, au milieu de la foule, aux heures de pointe. Ces moments infernaux, que l’écrivain décrit avec justesse, dans toute leur noirceur, dans « Le Désespoir des heures de pointe », titre de l’une de ses nouvelles.

 

Dans ces wagons souterrains, que les passagers empruntent le matin, souris à peine sorties de leurs draps, ces masses se resserrent irrémédiablement autour de leurs faiblesses, dans leur indifférence les unes aux autres, leur propension à se contenter de sauver leur peau, de s’asseoir, de respirer, de s’accrocher seulement quelque part.

 

A quel endroit se situe le sens de la vie, lorsque le flux des pas des hommes dans les couloirs des correspondances du RER s’apparente à la cadence d’une armée, déambulant sous la contrainte ?

 

Une escapade, une folie, un moment de liberté, revient à s’éclipser de ce courant pour quelques instants, à l’air libre, afin de rejoindre un amant – était-ce un rêve ?

 

S’arrêter relève de l’inconcevable. Comme pris dans la mécanique d’une gigantesque horloge, entre les roues crantées s’emboîtant les unes dans les autres dans leur rythme incessant, il faut enjamber chaque dent, avancer sans ralentir, afin de ne pas se trouver écrasé.

 

L’homme se voit malgré lui projeté dans cette dynamique ; lui, si petit, en comparaison de cette lourde machinerie indomptable.

 

Les textes semblent se confondre entre l’imaginaire, les angoisses et l’autobiographie de l’auteur, parsemés d’évènements douloureux à affronter et surmonter : la maladie d’un enfant, le divorce, la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Les phrases courtes, les mots sans artifice de cette femme mature reflètent l’expression la plus juste et la plus dépouillée de son âme. La simplicité et la franchise du récit nous invitent à s’en approcher au plus près, dans l’enchaînement empressé des mots, les yeux rondement écarquillés, comme ceux d’un poisson, vivant la nouvelle à la cadence de la tension des personnages.

 

Dans une absence de rhétorique dramatique, procédant par touches de scènes anodines, des gestes en apparence dénués d’importance, Rebecca Wengrow réussit à nous faire ressentir la dimension impalpable de l’étendue d’un malheur qui s’annonce ; à l’instar de l’évocation de la satisfaction d’un enfant à porter une veste ornée d’une étoile du côté du cœur, cousue à la main par sa mère, un après-midi printanier.

 

Certains lecteurs l’ont critiquée, arguant qu’il s’agissait d’une littérature de « bonne femme », s’apparentant à l’écriture d’un journal intime ; ceux-là n’ont pas saisi la subtilité des textes – ne refuseraient-ils pas plutôt d’accepter la détresse de la condition humaine ?

 

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Les présidentielles françaises sous le signe du déclin (info # 012904/12) Version imprimable
Analyse
dimanche, 29 avril 2012

 

Par Guy Millière

 

Un observateur venu d’Amérique du Nord qui se pencherait sur les élections présidentielles françaises serait sans doute surpris, désorienté, et, en fin de compte, consterné.

 

Il serait surpris par un système peu lisible, fondé sur un premier tour permettant à quasiment n’importe qui de se présenter, pourvu qu’il obtienne cinq cent signatures d’élus divers, et lors duquel, tous les candidats, du plus sérieux au plus insolite, disposent d’une stricte égalité de temps de parole dans les grands media. Puis sur un second tour, organisé quinze jours plus tard, dans lequel ne restent que les deux candidats qui ont obtenu le plus grand nombre de voix au tour précédent.

 

Il serait désorienté, cet observateur d’outre-Atlantique, en constatant que, parmi les candidats au premier tour, il y avait trois trotskystes prônant, sur divers modes, une révolution léniniste ; un disciple de Lyndon LaRouche, ancien trotskyste devenu adepte des théories du complot ; une ancienne juge qui semble rêver des temps des tribunaux révolutionnaires et de la Terreur ; une populiste venue de l’extrême droite ; un modéré qui trouverait sa place dans l’aile gauche du parti démocrate américain ; un gaulliste façon 1965 ; un socialiste infiniment plus à gauche qu’un travailliste anglais, et le président sortant, Nicolas Sarkozy, lui aussi plus à gauche qu’un travailliste anglais.

 

Il serait consterné de s’apercevoir qu’aucun de ces candidats n’a défendu les principes de base de l’économie de marché, mais que les dix ont pris pour bouc émissaire la finance, les entreprises multinationales et la globalisation.

 

Notre hôte virtuel serait également consterné de constater que les deux finalistes sont, d’une part, le président sortant, rejeté par une large partie de la population et qui, en cinq années, a gouverné sans la moindre ligne directrice claire, et de l’autre, le candidat socialiste, très à gauche ; François Hollande, un homme dont le programme semble avoir été écrit il y a trente ans, à l’époque où l’Union soviétique existait encore et la Chine venait tout juste d’amorcer son virage vers le capitalisme.

 

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Des candidats et des programmes en retard de 40 ans

compromettent l’avenir de la France

 

Cependant, le plus consternant dans tout cela reste que, devant ce choix navrant, la population française semble vouloir se tourner vers le candidat socialiste.

 

L’enquêteur américain en déduirait que la France est un pays qui va très mal, et se demanderait alors comment il est possible qu’elle reste un pays prospère. Il n’aurait pas tort. La France va effectivement très mal, et à ce titre, son maintien en tant que l’une des principales puissances économiques du monde demeure inexplicable. Pourtant, il est certain qu’elle s’inscrit d’ores et déjà dans un déclin, qui va s’accentuer.

 

Les problèmes de la France datent de bien avant la présidence de Nicolas Sarkozy. C’est un pays profondément sclérosé, où aucun budget ne s’est trouvé en équilibre depuis plus de trente-cinq ans, et où les dépenses de l’Etat n’ont cessé d’augmenter jusqu’à représenter aujourd’hui cinquante-six pour cent du produit intérieur brut, l’un des chiffres les plus élevés du monde développé.

 

L’endettement français ne cesse de croître, plus rapidement que celui de ses principaux partenaires économiques au sein de l’Europe.

 

Cela fait plus de vingt ans que des rapports sur l’impossibilité de continuer à financer les systèmes de retraites existants sont présentés aux gouvernements successifs, ce, sans qu’une décision sérieuse n’ait été prise.

 

Le taux de chômage dans l’Hexagone se maintient au-dessus de dix pour cent depuis quarante ans, et le nombre de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté oscille entre huit et dix millions sur une population de soixante-cinq millions d’habitants.

 

La France, c’est aussi un pays où, depuis plus de quarante ans, plus de la moitié de ceux qui entrent à l’université en sortent sans aucun diplôme, et où les deux tiers des diplômes délivrés par les facultés n’ont aucune valeur sur le marché du travail, et conduisent ceux qui les obtiennent à devenir serveur dans un fastfood ou vendeur dans un supermarché, pour peu qu’une place soit disponible.

 

C’est, de surcroît, un pays dans lequel le travail intellectuel s’est peu à peu dévalué pour ne plus alimenter que les bibliothèques gauchistes et les départements les plus politiquement corrects des universités du reste du monde : les dernières exportations françaises dans ce domaine ont été les théories de la déconstruction et les écrits d’islamologues expliquant, en 2000, que l’islam radical et le djihadisme avaient quasiment disparu de la planète.

 

Néanmoins la situation sous Nicolas Sarkozy s’est considérablement aggravée. Les rares actions menées ont été minuscules. L’âge légal de la retraite a été porté de soixante à soixante-deux ans, ce qui assurera au système en place deux, voire trois années de répit, pas davantage, et cette disposition a été mise en place trois ans et demi après le début du mandat présidentiel.

 

Les aides sociales pour les plus pauvres ont changé de nom, mais pas de mode de fonctionnement.

 

Les discours du président sur l’évolution du monde n’ont apporté aucune explication quant aux mutations en cours et leurs enjeux. Nicolas Sarkozy a déclaré en 2007 qu’il ne lisait aucun économiste, et c’est très vite devenu visible.

 

Dans un sondage cherchant à déterminer le nombre de personnes qui, dans plusieurs pays du monde, considéraient que l’économie de marché était le meilleur des systèmes existants, la population d’Etats aussi différents que la Chine, l’Inde, les Etats-Unis ou l’Allemagne a répondu par l’affirmative à hauteur de plus de soixante pour cent. Le chiffre pour la France : trente pour cent.

 

L’un des facteurs de l’aggravation de la situation française a été, comme dans d’autres pays européens, le fonctionnement technocratique de l’Union Européenne et les difficultés de la zone euro.

 

Le Pacte de stabilité, dans sa mouture actuelle, élaboré sous l’égide de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, contribue à enfoncer davantage divers pays – Grèce, Espagne, Portugal – dans une stagnation sans fin et sans issue, suscitant révoltes et grèves.

 

La population française discerne qu’elle pourrait bientôt connaître le même sort, et exprime son mécontentement par le bulletin de vote. Parce qu’aucune explication pertinente ne lui est donnée, elle s’installe dans une attitude de refus et de fuite en avant.

 

Le candidat socialiste, François Hollande, sera sans doute élu président le 6 mai prochain, parce qu’il incarne ce refus et cette fuite en avant.

 

Hollande est lié par un accord de gouvernement avec la juge qui rêve au temps des tribunaux révolutionnaires, avec les Verts, qu’elle est censée représenter et qui soumet des exigences en matière d’environnement bien plus radicales que ce qu’a pu proposer Al Gore en son temps.

 

Il bénéficie également de l’appui du principal défenseur des idées léninistes, Jean-Luc Mélenchon, et celui-ci ne manquera pas de faire valoir ses attentes.

 

Si Nicolas Sarkozy est battu, ce qui est très vraisemblable, son parti éclatera. C’est ce qu’attend Marine Le Pen, qui veut créer une droite nationaliste proposant de sortir de l’Union Européenne et de quitter l’euro. Il est évident que le programme économique de l’ex-candidate frontiste a été conçu par des personnes ayant fréquenté le parti socialiste.

 

Un thème a été absent de toute la campagne électorale : celui de l’islam. Seule Marine Le Pen l’a évoqué et, bien qu’elle ait pris soin de distinguer islam et islam radical, on l’a immédiatement taxée de racisme, ce qui permit d’escamoter le débat.

 

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La trêve des pélicans (info # 011204/12) Version imprimable
Reportage photo
jeudi, 12 avril 2012

 

Par Stéphane Juffa

 

Pas d’avions ni de bombes, ce matin, dans le ciel du Doigt de la Galilée, mais des millions d’ailes, qui passent quelques dizaines de mètres au-dessus de notre rédaction.

 

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Un nuage volant pour cacher les nuages

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

C’est le tour des pélicans, quelques jours après les grues et les cigognes, d’entreprendre leur long voyage vers l’Europe.

 

Ils ont passé l’hiver en Afrique, sous des températures clémentes, et ce printemps, comme depuis des milliers d’années, ils ont transité par la Vallée du Jourdain où ils ont fait halte.

 

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Comme s’ils posaient pour notre tableau

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Message de paix s’il en est, consolidation du dialogue Nord-Sud, nous avons chargé les pélicans de distribuer notre prochain article à nos lecteurs européens et ils ont accepté bien volontiers de nous rendre ce service.

 

Trop nombreux pour prendre l’air tous en même temps, ils décollent par groupes de quelques milliers, suivant un itinéraire tangent, et viennent se réunir là, devant nos fenêtres, dans la plaine du Merjyn, que se partagent Israël et le Liban.

 

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Un groupe d’éclaireurs

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Dans un tourbillon aux dimensions surhumaines, formant des nuages qui cachent le soleil et se mêlent aux autres nuages, ils s’élèvent vers leur altitude de croisière en décrivant de grands cercles.

 

Le désordre n’est qu’apparent, chaque individu de cette gigantesque escadrille connaît précisément le rôle qu’il a à tenir. Ils se relaieront sans cesse entre l’arrière, pour se reposer, et l’avant, où l’on montre la voie en fendant les airs.

 

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Ils viennent de pénétrer l’espace aérien libanais

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

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Kiryat Shmona sur le toit du monde (info # 020304/12) Version imprimable
Sport
mardi, 03 avril 2012

 

Par Stéphane Juffa

 

Certes, toute l’équipe de la rédaction centrale de la Ména, à Metula, a fêté le titre de champion d’Israël d’Hapoël Kiryat Shmona presque toute la nuit ; certes, nous étions tous au match, les filles comme les garçons, et certes, aussi, nous ressentons personnellement cette victoire comme celle de notre région, et même, - pourquoi ne pas en parler ? -, comme celle de la revanche d’une province ignorée et défavorisée sur le Telavivstan.

 

De là à imaginer que nous nous laissons aveugler par une passion locale, que nous forcerions les centaines de milliers de lecteurs de la Ména à partager, il y a un pas qu’il n’est pas raisonnable de franchir.

 

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Les hooligans, on ne sait même pas ce que c’est

Photo © Metula News Agency

 

Car l’adoubement d’Hapoël participe d’un phénomène dépassant largement le cadre du sport à proprement dit. L’histoire de la petite bête qui mange la grosse est à ce point disproportionnée et curieuse, qu’une heure après la fin du match, on en parlait dans les media principaux de contrées aussi reculées que la Malaisie, l’Indonésie et l’Inde. Ce, sans compter le New York Times, la CNN, les media d’Autriche, d’Italie, du Royaume-Uni, et même de France, quoique du bout des lèvres.

 

Voir le résumé de la soirée en vidéo

 

C’est peut-être une affaire de contrastes. A quatre kilomètres du stade, noyé sous les feux d’artifice, c’est le Liban. Pas le nord de Beyrouth, Jounié, ses plages et son casino, mais l’une des zones contrôlées par le Hezbollah, qui autorise l’armée nationale à patrouiller, à la condition qu’elle obéisse à ses ordres ; et la Finul, la force de l’ONU, à passer en vitesse, sur la pointe des pieds, du moment que cela se fait à l’extérieur des villages, et en feignant de ne pas voir les miliciens et leurs dépôts remplis d’armes.

 

A quatre kilomètres d’ici, c’est déjà un peu l’Iran. On y croise des femmes-Belphégor, dont on ne devine que les yeux, et qui ne sortent de chez elles qu’avec la permission de leur mari, pour effectuer des tâches ménagères prédéterminées.

 

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…mais on a de sacrées lolitas parmi les supporters

Photo © Metula News Agency

 

En regardant mes voisins de tribune, dans ce public adorable qui exulte, et les joueurs, qui montent dans les gradins pour permettre aux gens de toucher le bouclier doré qu’ils viennent de recevoir, j’ai une pensée pour les Syriens, qui, juste un peu plus loin, à trente kilomètres à peine d’ici, s’entretuent dans des conditions épouvantables.

 

Et ici on joue au foot, bien même. Izzy Shiratzky, le président et propriétaire du club, rappelle, dans son discours, que cela fait soixante ans qu’il « est dans le foot », et que c’est la première fois qu’il entend parler d’un titre remporté avec seize points d’avance sur le second.

 

Izzy aurait pu ajouter qu’il est assez rare aussi que le trophée, un large plat plaqué or, soit déjà remis à cinq journées de la fin de la compétition.

 

Etrange ambiance. Celle d’un bonheur absolu, une sorte de liquide tiède et agréable dans lequel tout le monde baigne. Pas de cris hystériques, ni de manifestations de joie extrême. Un étranger à la région pourrait s’y tromper et imaginer que nous sommes insensibles. Ce n’est pas cela du tout ; les joueurs, les gens d’ici ne les connaissent pas par la télévision ni par les journaux, mais ils les croisent chaque matin à l’épicerie ou au fallafel.

 

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La remise du trophée aux champions

Photo © Metula News Agency

 

Tout le monde connaît tout le monde. Petite ville de 25 000 habitants à peine oblige. Dans les gradins, nous nous connaissons tous ; nous nous serrons chaleureusement la main, deux voisins de Metula, les Reiznik, deux vieux amis de Kiryat Shmona, un kibboutznik et son fils, et un ancien conseiller municipal à la retraite.

 

Ils ont, au fond des yeux, les empruntes des épreuves communes, celles des journées passées sous les pluies de Katiouchas lancées par les terroristes chiites. Celles de nos voitures, criblées d’éclats, dans lesquelles on slalomait pour amener un blessé au centre d’urgence et essayer de lui sauver la vie.

 

Ce sentiment de survie perpétuelle prédomine, dans une situation qui ne s’est guère améliorée depuis, un enfer qui peut recommencer d’un instant à l’autre, et qui va, d’ailleurs, recommencer.

 

Pour vivre ici, il faut soit être taillé dans un bois bizarre, en pensant, sans pouvoir l’expliquer totalement, que notre simple présence, aux confins de la civilisation, participe à la protéger ; soit, et c’est le cas des trois quarts des habitants de la région, c’est parce qu’on n’a pas le choix. Ils ramènent le SMIC à la maison, et encore, lorsqu’ils ont un boulot. Ils n’ont ni les moyens ni l’éducation pour vivre ailleurs.

 

La misère ? Pas tout à fait ! La région est décente et pudique. Chacun possède son appartement, son morceau de parc public, et, alentour, l’un des paysages les plus saisissants et chargés d’histoire de la planète.

 

C’est dur quand même, Tel-Aviv, c’est loin, même si ce n’est qu’à deux heures de route. On a connu des situations durant lesquelles les gens ont vécu trois semaines sous terre, pendant qu’à Tel-Aviv ou à Jérusalem, on savait à peine qu’il y avait la guerre.

 

Là-bas, on se rappelle de la Haute Galilée quand on veut aller faire du ski, ou, l’été, aspirer quelques bols d’air frais, quand l’atmosphère, « en bas », devient irrespirable de chaleur.

 

Ici, on n’oublie pas non plus que durant plus de la moitié du championnat, les matchs d’Hapoël n’étaient pas retransmis sur les chaînes de télévision. Lois du marché obligent, on ne va pas débourser des sommes conséquentes afin de retransmettre des parties qui ne concernent que quelques milliers de téléspectateurs, alors que celles disputées dans le centre du pays intéressent cinq millions de personnes.

 

Revanche, écrivais-je ? Douce revanche, même si elle est sans rancœur et sans inimitié. Les citadins des grandes villes sont nos amis, non nos adversaires ; les gens de la Kirya sont fatalistes : c’est comme ça, c’est tout, rien à faire.

 

Mais ce soir c’est différent, c’est leur moment de gloire. Ils ont battu à la régulière des clubs au budget de 35 millions d’euros et plus, avec leurs 4 millions et un cœur gros comme ça.

 

Témoin, l’histoire d’Elroy Cohen. Il y a deux ans, personne n’avait entendu parler de ce joueur ; puis, comme d’autres, il eut la chance de tomber entre les mains de Ran Ben Shimon, notre coach, le magicien. Celui, justement, qui prend des footballeurs inconnus et qui en fait des artistes. Des stars. Et, puisque nous n’avons pas les moyens, comme tous les petits clubs, de les garder sur notre pelouse, ils s’en vont chercher fortune parmi les grosses cylindrées, les équipes qui payent bien.

 

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Ran Ben Shimon, à droite, le coach magicien, donnant ses consignes, en cours

de match, au capitaine Adrian Rotchette

Photo © Metula News Agency

 

Elroy, à leur instar, au terme de la saison dernière, a « émigré ». Hier soir, il portait la couleur rouge d’Hapoël Tel-Aviv, dans lequel, dès son arrivée, il était devenu un leader. Il comptait remporter le titre dans sa nouvelle équipe, ce qu’il ne pouvait, normalement, pas espérer faire avec Kiryat Shmona. Il a même immédiatement endossé le maillot de l’équipe nationale, dès son arrivée à Tel-Aviv.

 

Cohen était tendu, hier. Il évoluait parmi ses anciens camarades mais du mauvais côté du terrain, et c’est eux qui allaient décrocher la timbale. En fait, ce sont beaucoup plus que des camarades, des amis plutôt, avec lesquels il partageait la chambre à l’année.

 

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Elroy Cohen, à droite, marqué à la culotte par son ami Ilan Gabaï

Tous deux ont été appelés en équipe nationale

Photo © Metula News Agency

 

Le match avait bien commencé pour Elroy Cohen, jusqu’au moment où il décida de se rouler dans la luzerne de la surface de réparation du portier Dani Amos, dans l’espoir de voler un penalty. A la place, il hérita d’un carton jaune de la part de l’arbitre, pour avoir fait du cinéma. Dès cet instant, le match allait devenir pour lui un petit calvaire ; chaque fois qu’il touchait le cuir, il déclenchait les huées du public.

 

Ah ! Dani Amos, le gardien kibboutznik et sa défense de rêve. Trois défaites en 32 rencontres, seize buts encaissés uniquement, un demi par match… Et c’est encore sans compter avec les parties de la Coupe d’Israël, et, surtout, celles de la Coupe de la Ligue, que Kiryat Shmona a également raflée. Le doublé !

 

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Dany Amos, le gardien kibboutznik

Photo © Metula News Agency

 

Avec, au centre de la charnière centrale, Salakh Khassarma, 38 ans, Arabe-israélien, Galiléen, le symbole de cette équipe et de la région. Le symbole du pays tout entier, peut-être également. Evoluant au sein de cette communauté, dont le public a également remporté le titre du fairplay.

 

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Salakh Khassarma, le préféré du public

Photo © Metula News Agency

 

Pendant que dans les grandes villes, les matchs, en cette fin de saison, se terminent régulièrement au tribunal pour coups et blessures, insultes et jets d’objets étrangers sur la pelouse, dans le Doigt de la Galilée, on n’a jamais vu ça.

 

Ces gens simples sont, quelque part, le miroir d’une société harmonieuse, dans laquelle on ignore ce qu’est le racisme et la violence. Le foot, on connaît, et ça n’est pas un hasard si on a conquis le titre. Tout le monde joue au foot, des juniors aux vétérans, en passant par la ligue des entreprises : des connaisseurs.

 

L’an prochain, Hapoël disputera la Ligue Européenne des Champions ; ici, on se pince encore pour réaliser qu’on va rencontrer Milan, Manchester et le Bayern.

 

Mais ça ne se passera pas ici. Le stade est bien trop petit, il ne répond pas aux normes de l’UEFA. On ira alors jouer à Haïfa, à 70 km d’ici, au bord de la mer, un autre monde. On va y perdre beaucoup, mais là non plus, il n’y a rien à faire. Il faudrait dix millions d’euros pour être dans les critères, et puis, que ferait-on de 4000 places supplémentaires, alors que même hier, il restait quelques strapontins inoccupés ? A Kiryat Shmona, on n’a guère l’habitude de jouer dans un stade à moitié vide, cela ferait désordre.

 

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Une dernière situation dangereuse devant les buts d’Amos

Photo © Metula News Agency

 

Hier, la vie du pays tout entier s’est arrêtée à Kiryat Shmona. On est devenu, pour quelques heures, la capitale d’Israël ; les chaînes de télévision ont retransmis, durant la nuit, plusieurs fois la rencontre, et aussi les festivités qui l’ont suivie.

 

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Sifflet final et feu d’artifice

Le titre, la délivrance

Photo © Metula News Agency

 

Le Premier Ministre, Binyamin Netanyahu, a téléphoné à l’entraîneur Ben Shimon pour le féliciter. « Vous avez prouvé », lui a-t-il dit, « que vous êtes capables de tout. Vous avez mis en fête tout le peuple d’Israël, et vous avez démontré que si on veut, on peut. Vous avez illustré par le geste qu’on vous faisait du tort en parlant de « la périphérie » ; ce soir, il n’y a plus de périphérie. Nous avons un petit pays », a conclu Netanyahu, « et j’invite tous les fans de football à venir assister aux matchs de Kiryat Shmona ! ».

 

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La fête, quoi !

Photo © Metula News Agency

 

La fête. Moi aussi, j’ai connu des centaines de matchs, autant sur l’herbe que dans les gradins. Et je n’avais jamais ressenti ce que j’ai expérimenté hier : l’unisson.

 

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David Solari : il y a quatre mois, il ne savait pas où se trouve Israël…

Photo © Metula News Agency

 

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La Journée de la Terre, avec un commando libanais (info # 013003/12) Version imprimable
Exclusivité
vendredi, 30 mars 2012

 

Vendredi 15h00 à Metula, 14h00 à Paris

 

Etat d’alerte, ce vendredi, des deux côtés de la frontière israélo-libanaise.

 

On craint en effet que des manifestants anti-israéliens venus du Liban, ainsi que d’autres Etats musulmans, jusqu’en Extrême-Orient, ne tentent de franchir, en force, la frontière de l’Etat hébreu.

 

Les Palestiniens et les Arabes commémorent aujourd’hui le Jour de la Terre, encore appelé la Marche sur Jérusalem. Les ONG, des mouvements pro-palestiniens, ainsi que les gouvernements syrien et iranien ont appelé leurs sympathisants à se rendre, par centaines de milliers – certains parlent même d’un million – dans la capitale d’Israël.

 

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Un commando libanais a pris position, en force,

sur la frontière

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Au point de la mi-journée, on note des échauffourées mineures dans la partie arabe de Jérusalem, ainsi qu’à Bethléem. Les frontières jordanienne, syrienne et libanaise sont demeurées calmes, d’après toutes les informations qui parviennent à notre rédaction.

 

A Gaza, des dizaines de personnes, envoyées par le Hamas, tentent de franchir le poste de passage d’Erez.

 

Le point d’orgue de cette Journée de la Terre, à en croire les organisateurs et certains agitateurs, devait être notre village de Metula. Le chef d’Etat Major de Tsahal, le Général Benny Gantz, a été accueilli à Metula, où il a reçu un briefing de ses officiers, à dix mètres du grillage séparant l’Etat hébreu de la ville chiite, sous influence du Hezbollah, de Kfar Kileh, au Liban.

 

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Un soldat libanais observe le territoire israélien

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

L’une des nombreuses équipes que la Ména a déployées sur le terrain a croisé le général Gantz, qui l’a gratifiée d’un chaleureux salut.

 

Des dizaines de confrères, et notamment des chaînes de télévision, se sont installés à distance respectable de la frontière. Ils tentent de capturer quelques images d’éventuels désordres, mais surtout, jusqu’à maintenant, ils s’ennuient ferme et discutent de généralités.

 

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En voisin

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Quant à nos reporters, ils sillonnent les vergers et les routes dérobées pour s’approcher à quelques centimètres du Liban, et observer, de visu, ce qu’il s’y passe.

 

A ce jeu, nous avons fait une découverte remarquable : les armées israélienne et libanaise coordonnent leurs efforts afin, à la fois d’assurer la sécurité de la frontière, mais aussi d’éviter tout incident malencontreux entre elles.

 

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Planqués dans la végétation

Photo Sandra Ores © Metula News Agency

 

Pour ce faire, ces armées ne se positionnent pas l’une en face de l’autre, mais se répartissent les zones à contrôler.

 

Ce partage ne saurait être fortuit, en constatant son degré d’organisation. La répartition du travail a sans doute été décidée à Naqura, au siège des forces de l’ONU, entre les officiers des deux camps.

 

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On se photographie parmi

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Si les photoreporters, à la mi-journée, n’ont rien à se mettre sous la dent dans le Doigt de la Galilée, les nôtres ont profité de la situation exceptionnelle pour s’approcher à quelques mètres d’une position aujourd’hui investie par des commandos libanais. Les diverses illustrations de cet article les montrent à pied d’œuvre.

 

Au début, ils n’ont pas réagi à la présence de nos journalistes, mais, lorsque ceux-ci ont sorti leur matériel photographique, une irritation certaine s’est faite jour dans les rangs de l’armée libanaise.

 

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Intrigués par notre présence

Photo Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Au bout d’une demi-heure, alors que la situation commençait à sentir le roussi, nos reporters ont préféré s’en aller plus loin, afin de poursuivre leurs observations.

 

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La mise en scène d’atrocités israéliennes pourrait constituer un crime de guerre (info # 011002/12) Version imprimable
Réinformation
vendredi, 10 février 2012

 

Par Stéphane Juffa, avec Sami El Soudi et Sandra Ores

 

Nous revenons sur l’incident s’étant déroulé le 25 janvier dernier dans le village d’Al-Dirat, en Cisjordanie, dans la région d’Hébron. Cet incident a déjà fait l’objet d’une dépêche de notre part, datée du 30 janvier, intitulée "Nouvelle imposture anti-israélienne d’un photographe de l’AFP (avec Wafa)".

 

Elle concernait le reportage photographique réalisé par Hazem Bader de l’AFP, qui prétendait, images à l’appui, qu’une "remorque" tirée par un tracteur agricole, lui-même conduit par un soldat israélien, avait roulé sur les jambes d’un ouvrier de construction, plus tard identifié comme étant Mahmoud Abou Q’beita [1].

 

Procédant à une enquête sur place, comprenant l’interrogation de civils palestiniens ainsi que de soldats israéliens, la Metula News Agency est parvenue à la conclusion indiscutable, selon laquelle cet incident procède d’une mise en scène réalisée par le photographe de l’AFP Hazem Bader, et rendue publique par l’Agence France Presse, ainsi que par l’agence de presse semi-officielle palestinienne WAFA.

 

Le premier février 2012, l’armée israélienne, sur la base de sa propre enquête et de celle de la Ména, à laquelle Tsahal se réfère, a publié un communiqué déclarant que la version de l’AFP était constitutive d’une imposture.

 

L’unité du porte-parole de Tsahal ainsi que des journalistes de la Ména, comme mentionné dans ledit communiqué, informent qu’ils ont tenté, sans succès, d’intervenir auprès du bureau hiérosolomytain de l’Agence France Presse afin que celui-ci revienne sur l’imposture, mène une enquête de son cru et sanctionne le journaliste metteur en scène.

 

L’ambassade d’Israël à Washington s’est également emparée de l’affaire et a adressé un avertissement documenté à la presse des Etats-Unis, demandant aux media de ce pays de publier une rectification, et émettant l’hypothèse d’une mystification.

 

Non contente d’avoir diffusé une mise en scène destinée à stigmatiser la "barbarie" de l’armée israélienne, l’agence française s’est fendue, à son tour, d’un communiqué, en date du 3 février dernier. Dans cette annonce, rédigée uniquement en langue anglaise, l’AFP prétend répondre aux "fausses accusations" relatives à l’"image" prise, le 25 janvier, dans le village d’Al-Dirat.

 

Le site info-palestine.net a procédé à la traduction française du communiqué de l’AFP, que nous soumettons à nos lecteurs après en avoir contrôlé le contenu, et l’avoir jugé conforme à l’original.

 

Le bureau de Jérusalem de l’agence française y affirme avoir interrogé des "représentants de la presse", présents sur les lieux, et visionné une vidéo montrant l’ouvrier en construction Mahmoud Abou Q’beita enlevé sur une civière.

 

Se basant sur la "conviction" des journalistes palestiniens présents sur place – il n’y avait sur les lieux aucun reporter non arabe -, l’AFP affirme la véracité de l’évènement et rejette les critiques formulées par la Ména (sans la citer), l’armée israélienne, et l’ambassade d’Israël aux USA.

 

L’agence française produit, dans son communiqué, deux éléments supplémentaires afin d’"établir" l’authenticité de l’incident.

 

Il s’agit, d’une part, d’un très étrange rapport médical, en arabe, qui aurait été émis par l’hôpital de Yatta, ainsi que, d’autre part, d’une interview du "martyr" Mahmoud Abou Q’beita.

 

Reste que ces documents sont truffés de contradictions, de contre-vérités et d’informations troublantes. Nous en voulons pour preuve que chacune des sources prétendant à la véracité de l’incident définit différemment la nature du véhicule qui aurait roulé sur le "malheureux" Abou Q’beita.

 

Pour Hazem Bader et l’AFP, dans la légende de la photo qui a été initialement diffusée, ce serait la remorque d’un tracteur, qui aurait été conduit par un militaire israélien, qui aurait roulé sur les deux jambes de Q’beita, tandis que ce dernier essayait de l’empêcher d’avancer [1].

 

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Al-Dirat, presque aussi grave qu’A Dura

Personne n’est mort ? Dans l’Affaire A-Dura non plus !

 

Pour l’hôpital de Yatta, en revanche, dans son communiqué "médical", Q’beita n’aurait été touché qu’à sa jambe droite, alors que c’est un "véhicule militaire israélien" qui lui aurait infligé ses blessures.

 

Quant au principal intéressé, Mahmoud Abou Q’beita, dans son témoignage, il certifie avoir été heurté à deux reprises par le tracteur lui-même, dont un soldat hébreu aurait pris les commandes.

 

Dans une affaire de désinformation, dans laquelle chaque détail compte afin d’établir la réalité des faits, ces contradictions grossières sont, à tout le moins, incompatibles.

 

Sur la photo qui suit, on distingue, sans équivoque, que c’est un civil palestinien qui conduit le tracteur, alors qu’Abou Q’beita se trouve toujours à terre, DEVANT les roues de la remorque.

 

A ce sujet, nous remarquons que trois autres photos non publiées prises par Hazem Bader montrent également, à divers moments de l’incident, que c’est toujours le même conducteur palestinien qui se trouve au volant. Aucune des nombreuses images du reportage ne présente de soldat israélien aux commandes, pas plus que de véhicule de l’armée dans les parages.

 

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Au moment où Q’beita se "tord de douleur" au sol,

c’est un civil palestinien qui tient le volant

 

Etrangement, pour un évènement "authentique", tant sur la vidéo dont parle l’AFP que sur les dizaines de photos du reportage, il n’existe aucune image montrant le moment où la roue d’un quelconque véhicule aurait écrasé le corps du blessé imaginaire. Ceci est d’autant plus surprenant que le photographe a publié des images de la scène de l’incident prises avant le "supplice" qu’aurait subi Abou Q’beita.

 

Les "représentants de la presse" cités par l’AFP se trouvaient également sur place bien avant l’incident afin de couvrir une manifestation de civils palestiniens s’opposant à la destruction par Tsahal d’une maison en cours de construction, sans autorisation idoine. Aucun de ces reporters – nous en dénombrons cinq au minimum -, n’a cependant réussi, non plus, à prendre la moindre photo de l’incident.

 

D’autre part, tous les témoins présents s’accordent, à l’instar d’Hazem Bader, pour déclarer qu’Abou Q’beita s’est volontairement couché devant les roues de la remorque, afin de tenter d’empêcher celle-là d’avancer. Sur toutes les photos à disposition, Abou Q’beita se trouve toujours DEVANT les roues de la remorque, ceci indiquant, avec valeur de preuve, que ces roues n’ont pas passé sur son corps ; ce, même si la "victime" hurle de "douleur".

 

Reste que, selon le "martyr", dans son témoignage, il ne s’est pas jeté devant les roues de la remorque, mais il se rendait à l’endroit où il avait déposé ses affaires, afin de récupérer son téléphone et sa carte d’identité, quand le tracteur l’a heurté.

 

Quant au soi-disant rapport médical de l’hôpital de Yatta, dont les médecins ont été interrogés par des employés palestiniens de l’AFP, il est lui aussi édifiant :

 

"Prescription de l’hôpital de Yatta pour Mahmoud Abou Q’beita à l’attention de qui de droit. La personne désignée ci-dessus a été soignée au service des urgences de l’hôpital. Elle souffrait d’une grave douleur à la jambe droite. Elle a déclaré qu’un véhicule militaire israélien avait roulé sur elle. Lors de l’examen médical, nous avons constaté qu’elle souffrait du genou droit, d’une douleur dans le bassin, d’une autre dans le cou, et qu’elle avait des difficultés pour marcher. Nous l’avons radiographiée aux rayons X et avons trouvé des fractures. Il lui a été conseillé de consulter le département d’orthopédie".

 

Voici ce que nous avons à en dire :

 

1. Si Mahmoud Q’beita avait été amené à l’hôpital par ambulance, cet élément figurerait probablement sur le rapport médical, comme c’est le cas de la plupart des rapports de traitement d’hôpitaux en de pareilles circonstances.

 

Cela corrobore d’ailleurs le témoignage de la "victime", qui déclare : "oui, je suis allé à l’hôpital, ils m’ont examiné et m’ont soigné (…)".

 

Abou Q’beita s’est effectivement rendu à l’hôpital par ses propres moyens. D’autre part, d’autres témoignages nous permettent de confirmer que Q’beita avait effectivement été hissé sur une civière, mais c’était avant d’être examiné par une équipe médicale du Croissant-Rouge palestinien et une autre de Tsahal. Après ces examens concordants, aboutissant à la certitude que Q’beita ne souffrait d’aucune blessure, ce dernier s’est levé et a quitté la scène par ses propres moyens et sur ses deux jambes.

 

Il serait fort étonnant que quelqu’un sur lequel aurait roulé un tracteur de type Fiat 450 (nous l’avons identifié), pesant environ 2300 kilos, puisse ensuite se rendre dans un hôpital, autrement que couché dans une ambulance.

 

2. "Il souffrait d’une grave douleur à la jambe droite" (communiqué de l’hôpital de Yatta). "Graves douleurs" ne procède pas, habituellement, d’un diagnostic médical. Après consultation de médecins urgentistes, on parlerait, soit "de graves blessures", soit, de "douleurs aigües".

 

3. "Il a déclaré qu’un véhicule militaire israélien avait roulé sur lui" (communiqué de l’hôpital de Yatta). Quelqu’un ment : soit les médecins de l’hôpital ont mal compris les dires de Q’beita, soit la "victime" leur a "vendu" une version différente de son aventure.

 

4. "Nous l’avons radiographié aux rayons-X et avons trouvé des fractures" (communiqué de l’hôpital de Yatta). Cette formulation n’est pas du tout médicale : dans tous les communiqués médicaux que nous avons consultés, il est indiqué à quel endroit du corps les fractures ont été constatées. Dans le cas présent, les médecins auraient dû localiser des fractures "au niveau du tiers supérieur du tibia gauche", ou le "fracas de la malléole externe droite", etc… et en faire état.

 

5. "Il lui a été conseillé de consulter le département d’orthopédie" (communiqué de l’hôpital de Yatta). C’est ici, certainement, l’élément le plus cocasse de ce rapport ; lorsque vous êtes admis aux urgences d’un établissement hospitalier et que l’on vous diagnostique de graves fractures (multiples, car fractures est au pluriel dans le rapport), on ne vous "conseille" pas de vous rendre au département orthopédique, mais on vous y amène, derechef, et sans vous demander votre avis, sur un brancard. L’hôpital de Yatta suit décidément d’étranges procédures…

 

En réponse à des questions posées, le 1er février (mais par qui ? l’AFP ne le mentionne pas), Mahmoud Abou Q’beita assure être disposé à parler avec toute personne qui s’intéresse à son histoire, à lui permettre de le prendre en photo, ainsi que sa jambe.

 

Nous verrons si nous ferons usage de ces dispositions encourageantes. Mais ce qui nous semble autrement plus important dans la démonstration de la vérité, ce serait que Q’beita se soumette à un examen médical, effectué par des médecins spécialisés, non-palestiniens et au-dessus de tout soupçon sensé.

 

Et dans cette affaire, au contraire des circonstances prévalant dans l’affaire A Dura, où, en dépit des assurances de la direction de France Télévisions d’amener Jamal A Dura à Paris pour qu’il y soit examiné, ce dernier se garde scrupuleusement de quitter la bande de Gaza, le "martyr" d’Al-Dirat est accessible.

 

Il existe cependant une similitude intéressante entre les deux cas : à l’instar de Jamal (le "père" de Mohammed), Mahmoud Abou Q’beita présente également des cicatrices provenant d’une blessure antérieure, comme en témoigne le médecin de Tsahal. Ce détail, d’apparence anodine, laisse toutefois penser que ces mises en scène pourraient être préméditées, et leurs acteurs choisis à l’avance.

 

Dans le cas d’Al-Dirat, la tentative de bidouillage pourrait bien également se retourner contre ses auteurs, puisque ça ne sera qu’une question de semaines, avant que la Ména palestinienne, en principe, ne soit en mesure de dévoiler, de façon circonstanciée, l’accident précédent, responsable des cicatrices sur la jambe du "martyr".

 

Les metteurs en scène palestiniens de ces "atrocités" israéliennes fonctionnent selon des trames grossières, et ils n’ont pas à l’esprit, qu’à l’ère de l’Internet, il est strictement impossible de dissimuler ce genre d’avatars.

 

L’incident ayant eu lieu dans la zone C de l’Autorité palestinienne, celle soumise exclusivement à la gestion israélienne, il conviendra que les autorités de l’Etat hébreu fassent parvenir au principal intéressé une invitation très claire à se soumettre volontairement à un examen du genre que nous préconisons.

 

L’armée israélienne a, pour sa part, diffusé le témoignage du lieutenant Liron Hamo, qui se trouvait à la tête de la petite unité chargée de démolir la construction illégale, et que l’AFP contribue à accuser d’un crime de guerre.

 

"J’avais remarqué", atteste l’officier en charge, "que l’un des hommes avec qui nous discutions au départ avait changé d’attitude. J’ai senti qu’il cherchait d’autres moyens de se faire entendre et d’attirer l’attention. Le ton est un peu monté, et il est devenu plus violent en signe de provocation (…).

 

Voyant que ses arguments ne parviendraient vraisemblablement pas à convaincre les soldats de l’administration civile, l’homme en question s’élance alors vers un tracteur immobile, situé à quelques mètres des soldats, et se jette sous ses roues.

 

Le tracteur ne bougeait pas, et le moteur était éteint (…)", précise le lieutenant Liron Hamo.

 

"Mon premier réflexe", poursuit l’officier, "face aux cris du Palestinien toujours cloué au sol, est d’appeler l’urgentiste de mon unité afin qu’il l’examine".

 

Après quelques minutes, l’urgentiste de Tsahal conclut que la blessure du Palestinien à la jambe est antérieure, et qu’il n’a pas été blessé par les mouvements du tracteur. En fait, il confirme ce que tous les gens présents ont vu.

 

"Notre rôle", termine Liron Hamo, "consiste à protéger tous les habitants de la région, Israéliens comme Palestiniens. D’ailleurs, le premier infirmier à avoir examiné l’homme de la photo était un soldat urgentiste de Tsahal, dont le diagnostic a été confirmé par un deuxième urgentiste, palestinien, du Croissant-Rouge. Je les ai personnellement tous les deux appelés à se rendre sur les lieux".

 

Il est évident, pour tout esprit équilibré et serein, que si l’Agence France Presse avait eu l’intention d’informer au sujet de l’incident d’Al-Dirat, elle aurait également fait part de la version israélienne des faits, caractérisée notamment par le témoignage du lieutenant Hamo.

 

Il n’y a, assurément, aucun motif logique ou légitime à privilégier la version émanant du côté Palestinien, en négligeant celle des Israéliens, au point de dissimuler jusqu’à son existence. L’armée israélienne n’est guère connue pour sa propension à participer à des entreprises de propagande, ce qui est loin d’être le cas de l’Autorité Palestinienne et du Hamas.

 

Au vu des éléments contenus dans notre dépêche précédente sur cette nouvelle affaire, ainsi que dans le présent article, on comprendra, assez facilement, que nous n’accordons aucun crédit au communiqué de l’AFP, qui conclut par le renouvèlement de la confiance de l’agence française en son photojournaliste, et qui affirme ne pas croire "à la mise en scène de cet évènement".

 

Au contraire ! Il nous semble que la coupe est pleine, et qu’il est grand temps que l’AFP, ainsi que les media français, comprennent enfin qu’ils ne peuvent pas, impunément, imputer des atrocités à caractère sadique aux habitants d’Israël et à leurs soldats.

 

Il est temps que ces confrères saisissent que ce qui se déroule dans la région ne s’apparente pas à un jeu, et que les mots et les photos truquées tuent, aussi bien, sinon mieux, que les balles de fusils.

 

D’autres images de mises en scène du même type, ces derniers jours, sont venues s’ajouter à la démarche visant à faire passer la nation d’Israël pour une nation "prenant plaisir à maltraiter ses voisins", pour reprendre l’expression d’un célèbre article du Monde.

 

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Difficultés de paiement et autres questions Version imprimable
Communiqué
jeudi, 19 mai 2011

 

Difficultés de paiement et autres questions liées à votre abonnement : note technique

 

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En suivant les indications ci-dessous, nous nous proposons de leur fournir quelques explications de nature à les aider à comprendre le fonctionnement de notre système de versement.

 

Paiement en ligne :

 

Afin d’effectuer un paiement en ligne (carte de crédit, carte bleue, carte bancaire) hautement sécurisé, il vous faut impérativement connaître deux éléments : a) votre nom d’utilisateur, b) votre mot de passe.

 

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Au cas où il vous manque l’un de ces paramètres, ou tous les deux, vous êtes cordialement invité à les réclamer auprès de Mme Sylvie Tobelem à l’adresse info@menapress.com.

 

Une fois muni de votre nom d’utilisateur et de votre mot de passe, vous pouvez alors vous rendre sur le site de la Metula News Agency à l’adresse www.menapress.org. Cliquez ensuite sur le lien Login/Logout apparaissant en haut à droite de l écran.

 

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Vous pouvez également, pour vous rendre à la même adresse, taper directement www.menapress.org/sub/subscribe.html.

 

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Autre avantage de l’abonnement P3, vos paiements s’interrompraient, immédiatement et automatiquement, au cas où vous décideriez de résilier votre abonnement, et ce, à n’importe quel moment.

 

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Il peut advenir, qu’à la fin de la procédure de paiement, vous soyez prié d’ajouter quelques détails personnels, mais cette demande ne provient ni de la Ména ni de RBS. Ces requêtes sont une sécurité supplémentaire requise par votre banque.

 

Note 2 : Dans le formulaire de paiement, vous êtes invité à inscrire les chiffres de votre carte de crédit, sans espace, faute de quoi votre paiement ne sera pas pris en compte.

 

Note 3 : Une fois la procédure terminée, afin de vous assurer qu’elle a été correctement enregistrée, vous recevrez, en ligne, une confirmation de la part de RBS. Ladite confirmation, il s’agit d’une pièce comptable, peut également faire usage de quittance pour ceux qui en ont besoin.

 

Vous n’avez guère à vous soucier de l’échéance du renouvellement de votre abonnement : le système vous la rappellera automatiquement, environ 15 jours avant que le montant soit dû. Ainsi que par la suite, si l’échéance est dépassée.

 

Ceux qui souscrivent à un abonnement P3 recevront un avis automatique leur indiquant que leur carte de crédit a été débitée de 30 euros.

 

Note 4 : Dans la quasi totalité des cas, les banques ne réclament pas d’indication de sécurité supplémentaire lorsque vous souscrivez à un abonnement P3, vu que celui-ci peut être interrompu à n’importe quel moment.

 

 

Paiement assisté

 

La procédure de paiement peut sembler fastidieuse et risquée, ce qui n’est pas réellement le cas, mais surtout pour les personnes habituées à réaliser des versements sur le Net. Depuis un an, la Ména propose à ses abonnés un système de paiement assisté.

 

A vous de transmettre les données de votre carte bancaire à notre service de soutien, à l’adresse info@menapress.com, et nous effectuerons tous le processus à votre place. Lorsque nous avons terminé d’effectuer ledit paiement, nous détruisons instantanément toutes les indications que vous nous aurez fournies par courriel.

 

Les indications dont nous avons besoin afin d’effectuer le paiement assisté sont les suivantes :

 

Votre type de carte (Visa, Diners, MasterCard, etc.)

 

a. Le numéro de votre carte

 

b. Le nom du détenteur de la carte, exactement tel qu’il figure sur celle-ci

 

c. La date d’échéance de la carte (mois, année)

 

d. Le numéro de sécurité : les trois derniers chiffres apparaissant au dos de la carte

 

e. Votre adresse physique

 

Note 5 : Le paiement assisté est uniquement valable pour les abonnements à renouvellement automatique de type P3.

 

Avertissement : ne transmettez jamais ces informations sur un site Internet qui ne vous est pas totalement familier et en qui vous n’auriez pas un haut niveau de confiance.

 

 

Paiement par transfert bancaire

 

Vous pouvez également, après avoir choisi le forfait qui vous convient à l’adresse www.menapress.org/sub/subscribe.html, effectuer un transfert bancaire à :

 

Metula News Agency S.A
Compte no.
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L-2954 Luxembourg
Code Swift BCEELULL

 

Note 6 : Dans les instructions que vous donnerez à votre banque, prenez soin SVP de mentionner que les commissions de virement, ainsi que les frais bancaires doivent faire partie de votre paiement, de sorte que nous recevions sur notre compte le montant net de votre abonnement.

 

Note 7 : les versements effectués par virement bancaire ne sont pas saisis automatiquement par notre système ; lors d’un virement de ce type, vous êtes ainsi prié d’en informer notre service info@menapress.com, en mentionnant le type d’abonnement que vous aurez choisi ainsi que le montant que vous aurez transféré. Ceci nous permettra de mettre manuellement votre compte à jour dans le système.

 

 

Paiement par chèque

 

Ce mode de paiement est de loin celui qui nous pose le plus de problèmes : les commissions que nous avons à payer sont exorbitantes et le temps entre la réception de votre chèque et le moment où le montant est crédité sur notre compte peut aller jusqu’à trois mois. Nous vous remercions, en conséquence, de ne recourir au versement par chèque qu’en dernier recours.

 

Note 8 : A titre de participation à nos frais bancaires, le montant des paiements par chèques est de 40 euros pour 6 mois ou 70 euros nets pour un an d’abonnement.

 

Note 9 : Les versements effectués par chèque ne sont pas saisis automatiquement par notre système ; lors d’un virement de ce type, vous êtres prié d’en informer notre service info@menapress.com, en mentionnant le type d’abonnement que vous aurez choisi ainsi que le montant que vous aurez transféré. Ceci nous permettra de mettre manuellement votre compte à jour dans le système.

 

 

Problème d’antispam

 

Certains abonnés se plaignent de ne pas recevoir sur leur boîte aux lettres électronique les articles de la Ména. Si vous rencontrez ce problème, dans 99% des cas, il s’agit d’un problème provenant du programme antispam installé sur votre ordinateur.

 

Pour en venir à bout, il vous suffit de placer l’adresse email redaction@menapress.org dans la liste des correspondants autorisés de votre programme antispam, souvent également appelée liste blanche.

 

 

Problème de double adresse

 

Certains abonnés reçoivent des lettres de rappel de renouvellement d’abonnement alors que leur abonnement est parfaitement à jour. Si vous avez également reçu ce rappel, cela provient du fait que vous possédez probablement un ou plusieurs autres comptes à la Ména, qui ne sont pas à jour et qui font double emploi ; c’est pour celui ou ceux-ci que vous recevez les emails de rappel (automatiquement envoyés par le système).

 

Il vous suffit dès lors de nous communiquer les comptes électroniques susceptibles d’être également inscrits à la Ména afin que nous les annulions, ainsi vous ne recevrez plus de rappels intempestifs.

 

 

Problème de date d’expiration

 

Certaines personnes, qui reçoivent une lettre de rappel de renouvellement de leur abonnement, se rendent sur leur compte Ména et y lisent pourtant une date d’expiration de leur abonnement très ultérieure ; elles ne comprennent donc pas pourquoi elles reçoivent cette lettre.

 

Or, dans l’hypothèse où le retard de renouvellement est important, la date d’expiration de l’abonnement courant figurant sur votre compte Ména ne représente pas la date à laquelle le prochain paiement sera dû, mais la date à laquelle le compte en question serait définitivement exclu de nos bases de données.

 

Cela signifie que votre compte est échu depuis plus de six mois, et qu’il réclame un renouvellement à votre plus prochaine attention.

 

 

Amis de la Ména

 

Un abonnement spécial dit AM existe pour les Amis de la Ména, les abonnés qui nous montrent leur sympathie, en aidant la Ména dans son travail par le biais d’une contribution volontaire. Dans le cas où vous souscrivez à un abonnement de ce type, vous bénéficiez, en plus de tous les avantages de l’abonnement, de la possibilité d’enregistrer jusqu’à trois adresses de votre choix, que nous abonnerons à nos services.

 

 

Abonnements spéciaux

 

L’abonnement JL permet à tout journaliste muni d’une accréditation valide de bénéficier gratuitement de tous les services de la Ména. L’abonné en question ne bénéficie cependant pas du droit de citer les articles de la Ména, ni dans la forme ni dans l’esprit, à moins d’être au bénéfice d’un abonnement ad hoc professionnel.

 

Il existe, pour les professionnels, des abonnements adaptés dont vous pouvez consulter la liste et les privilèges sur http://www.menapress.org/sub/subscribe.html : abonnement professionnel ou abonné à titre indépendant, abonnement Site Internet, abonnement Petite Entreprise Médiatique.

 

L’abonnement AS a été créé pour les gens à faibles moyens, quelle qu’en soit la raison, afin qu’ils ne soient pas privés des services de la Ména. Si vous vous considérez dans la catégorie AS, il vous suffit de nous faire la demande d’un tel abonnement, sans justification. La relation de la Ména à ses lecteurs est basée sur la confiance !

 

 

Utilisation du moteur de recherche et des archives

 

Le moteur de recherche ainsi que l’accès aux archives ne fonctionnent correctement que lorsque vous vous êtes "loginé" sur le site de la Ména, avec vos nom d’utilisateur et mot de passe. La consultation de ces services requiert de ce fait un abonnement à la Ména.

 

 

Réclamations

 

Pour toute réclamation ou problème non résolu par cette note technique, vous êtes invité à joindre Madame Sylvie Tobelem par mail, à l’adresse info@menapress.com, où, en cas d’urgence uniquement, à nous téléphoner, au 09 70469417 pour la France, 022 5480283, pour la Suisse, au 02 8081777 ext 273, pour la Belgique.

 

 

 
Traducteurs français-anglais : Version imprimable
Communiqué
lundi, 11 octobre 2010

 

 

La Metula News Agency cherche pour son projet de na américaine des traducteurs français-anglais supplémentaires.

 

Les candidats devront se soumettre à des tests de traduction.

 

Conditions : éducation et vécu significatif aux Etats-Unis (obligatoire) ; niveau d’expression écrite "de publication" ; capacité de travailler rapidement ; disponibilité horaire.

 

Les candidats correspondant aux critères peuvent contacter Sylvie Tobelem,

en mentionnant "traducteur" en objet,

à l’adresse info@menapress.com