Peu de temps après la publication par nos soins de la photo truquée
de L’Express et de l’AFP, montrant un palestinien "maltraité"
par deux "soldats israéliens", le magazine L’Express a retiré
ladite image de son site Internet (http://www.lexpress.fr/24henimage/prisonnier-palestinien_1105924.html).
Dans l’article précédent de notre cru, intitulé "Cette photo
de l’AFP et de L’Express et un faux à connotation antisémite",
nous publiions les détails de la nouvelle mise en scène réalisée par le
photographe de l’AFP Mahmoud Zayyat, et reproduite par L’Express.
Il est évident que le retrait de cette photographie, ce jour, destinée
à illustrer la soi-disant barbarie de l’armée israélienne, est notablement
insuffisant de la part de L’Express.
Pour avoir un sens, au plan informationnel, il faut encore que la
rédaction de l’hebdomadaire se fende d’une explication détaillée et d’excuses à
l’endroit des personnes physiques et morales qu’elle a calomniées ; à
savoir les soldats de Tsahal et l’Etat d’Israël.
L’Express franchirait un pas dans la bonne direction de la
lutte contre l’extension du racisme et de l’antisémitisme si, dans le même
communiqué, sa rédaction s’engageait à beaucoup plus de prudence à l’avenir
face aux malversations de l’AFP, ainsi que d’autres media engagés diffusant
ce genre d’impostures.
Le fait de refuser de publier des faux à caractère raciste et
antisémite ne constitue par ailleurs pas une prise de parti dans le conflit proche-oriental ;
c’est simplement une obligation éthique aussi bien que légale.
Jusqu’à ce que L’Express ne publie le communiqué dont nous
parlons, et qu’il rende publiques les sanctions disciplinaires qu’il aura
prises à l’encontre des responsables de la malfaisance, la rédaction de
l’hebdomadaire restera naturellement condamnable pour sa participation à la
propagation d’une fausse nouvelle à caractère notoirement antisémite et
raciste. D’une fausse nouvelle, de nature à troubler l’ordre public en France,
en générant des envies de violence auprès d’individus faibles d’esprit.
Cette photo de l’AFP et de L’Express est un faux à connotation antisémite (info # 011705/11)
La foire à la démonisation d’Israël continue sur les media
français.
L’AFP a pris l’habitude de diffuser régulièrement des
impostures type Mohamed Dura. Et les media de l’Hexagone reprennent ses délires
racistes sans effectuer le moindre contrôle. La chasse à l’Israélien est
ouverte et pas besoin de permis de chasse, puisque personne ne vérifie
l’information et que personne ne songe à sanctionner les journalistes, les photoreporters
et les media marrons qui participent à cette incitation objective à la haine
d’un peuple.
Dernière supercherie en date, une
image, datée du 18 avril, publiée par L’Express, sous le titre
"prisonnier palestinien".
On y voit deux "soldats de Tsahal" en train de torturer
un Palestinien, en pointant deux armes sur son cou.
Un soldat tient un revolver, quant à l’autre, dont on ne voit que
la main gauche, il empoigne un fusil-mitrailleur.
Or cette photo, prise par le reporter de l’AFP, Mahmoud
Zayyat, est un faux caricatural ; cela ne fait pas l’ombre d’un doute, et cela
nous a été confirmé par le porte-parole de l’armée israélienne.
Tsahal, qui nous fait remarquer qu’aucun de ses soldats ne porte
une chemise de ce type, qu’il n’existe pas, dans ses rangs, de soldat
n’arborant pas un béret à l’épaulette et les signes distinctifs (tags) de son
unité.
D’autre part, la couleur de l’uniforme de l’acteur de l’imposture
n’existe pas dans les unités de Tsahal. Pas plus que son casque, d’un modèle
jamais vu entre le Jourdain et la Méditerranée.
Quant au fusil-mitrailleur, il n’est pas d’un modèle utilisé par
les forces de défense de l’Etat hébreu. Et les pistolets, dans ces mêmes
forces, ne sont mis à la disposition que de certains officiers. Or, le figurant
de la photo, qui n’a pas de grade indiqué sur ses épaules, n’en est visiblement
pas un.
Ca n’est ni la première ni la seconde fois que la Ména prend l’AFP
sur le fait d’une falsification de l’actualité au service de la propagande
anti-israélienne. Notre dernière grande enquête à ce sujet relatait comment la
même agence avait diffusé les fausses photos d’un tracteur agricole, conduit
par un soi-disant soldat israélien, qui aurait intentionnellement roulé sur le
corps d’un ouvrier palestinien.
La Ména avait démontré, preuves à l’appui, qu’il s’agissait d’un
faux, et l’AFP avait maintenu, par la bouche de son directeur à
Jérusalem, Philippe Agret, contre toutes les évidences, et sans amener la
moindre preuve tangible de ce qu’il avançait, que ces images étaient
authentiques.
Ce matin, avant de publier cette breaking, nous avons à nouveau
donné la possibilité à l’agence française de s’expliquer (nous procédons
toujours ainsi). Philippe Agret était absent, en reportage à Gaza, à ce que
l’on nous a dit. On nous a passé son numéro deux, Selim Saheb Ettaba, qui était
surtout surpris de ce qu’on ait réussi à le joindre.
Il nous a tenu des propos incohérents, affirmant ne pas avoir vu
la photo en question, mais surtout ne pas connaître le photographe Mahmoud
Zayyat, qui opère pourtant dans son secteur. Il n’a pas non plus été capable de
nous diriger vers une autre personne, qui, à l’AFP, serait en mesure de
répondre à nos questions.
Ca ne peut plus être le fruit du hasard : l’Agence France
Presse diffuse intentionnellement des images truquées censées montrer la
barbarie des Israéliens, sans effectuer le moindre contrôle quant à leur
vraisemblance.
Elle emploie plusieurs "reporters" dont l’objectif
professionnel ne consiste pas à rapporter les faits de l’actualité, mais à
générer des mises en scène, dont la seule finalité participe de la satanisation
d’Israël, des Israéliens, et de leurs soldats.
En France, les media, pourtant avertis par les articles de la
Ména de ce travers criminel de l’AFP et des périls qu’il fait peser sur
l’ordre public, répercutent sa propagande sans prendre la moindre précaution et
sans exercer le moindre devoir de réserve. Cette fois, c’est L’Express.
Il ne bénéficie d’aucune circonstance atténuante.
L’hebdomadaire étale, au contraire, son ignorance crasse de tout
ce qui touche au conflit moyen-oriental ; un journaliste ayant côtoyé Tsahal,
un responsable de rédaction au fait des forces en présence, et conscient de
l’effort produit par des faussaires palestiniens et arabes pour stigmatiser
Israël, aurait sursauté en regardant cette image.
Comme dans la Controverse de Nétzarim, dans l’affaire du
tracteur, ainsi que dans des dizaines d’autres mises en scène, l’imposture est
mal goupillée. Elle est grossière, mal pensée, peu élaborée. Le plus souvent,
par un tartarin qui désire se faire remarquer par un "acte de bravoure au
détriment de l’ennemi sioniste".
Et les media français diffusent ces monticules de stupidité
haineuse, participant à importer le conflit islamo-juif en France. Leur posture
est indéniablement dolosive, car il est clair qu’une personne de bonne
disposition, en regardant une image où l’on voit deux soldats juifs enfoncer le
canon de leur arme dans la gorge d’un Arabe à genou, ne se fera pas une idée
équilibrée, ni proche de la réalité, des acteurs en présence.
Ces irresponsables fabriquent des Mohamed Merah.
Surtout lorsque la fausse photo est accompagnée d’une légende
lisant : "Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de
détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre
leurs conditions de détention".
Le media insinue ainsi que la photo illustre ces "conditions
de détention".
Evidemment, ces actes, provenant de professionnels français de
l’information sont inexcusables. Ils réclameraient une intervention immédiate
et décisive des pouvoirs publics, si ces derniers, comme l’a affirmé le nouveau
président François Hollande, étaient réellement décidés à combattre
l’antisémitisme et le racisme.
Cela fait des années maintenant que ces pratiques de création
d’informations dans le but de démoniser les Juifs se développent dans les media
français.
Avant de discuter, entre gouvernements, d’options politiques et
de coopération, il faudra que les Français remédient à ces tentatives puériles,
issues d’une pensée antisémite moyenâgeuse.
Nous attendons des sanctions de la part de L’Express,
contre ceux qui ont publié cette photo sans la contrôler. Nous attendons des
excuses de la part de L’Express à l’intention du gouvernement d’Israël
et de sa population. Ils ne sont pas les poubelles des journalistes tricolores !
Nous attendons que Mahmoud Zayyat et Hazam Bader, le metteur en
scène du "tracteur", soient limogés de l’AFP, de même que
Philippe Agret, le chef d’agence à Jérusalem, qui a proposé ces images. Et,
bien sûr, nous exigeons toujours que Charles Enderlin et Talal Abou Rahma
soient congédiés de France Télévisions et qu’ils répondent de leur
crime.
Certes, nous ne nous faisons guère d’illusions, mais, jusqu’à ce
que ces mesures soient intégralement prises, les relations entre Israël et la France
officielle, entre les Juifs et la France, mais aussi, entre les Français qui
comprennent le rôle de l’information et la dangerosité qu’il y a à la manipuler,
et leur presse, demeureront détestables. Le contraire équivaudrait à accepter
l’inacceptable et cela ne figure pas dans notre ordre du jour.
Les harédim : 10% de la population israélienne (info # 011605/12)
On compte
aujourd’hui entre 450 000 et 650 000 Juifs ultra-orthodoxes en Israël ;
soit environ 10 % de la population. D’ici 2060, ce chiffre devrait passer à 30
%, d’après le Bureau Central des Statistiques d’Israël.
Cette
proportion de plus en plus importante de harédim, « ceux qui
craignent Dieu », dans l’Etat hébreu, n’est pas sans susciter une certaine
méfiance de la part des autres citoyens israéliens, d’autant que nombre de ces harédim
sont antisionistes.
En effet, la
lecture et l’interprétation de certains passages de la Torah ont conduit les
Juifs les plus observants à rejeter la création d’un Etat « juif ».
Cet antisionisme trouve notamment son origine dans les trois serments que Dieu
aurait fait prêter au peuple d’Israël, et dont l’une des interprétations, à
laquelle adhèrent certains rabbins, interdirait la « montée » (l’immigration)
des Juifs en terre d’Israël.
Toujours sur
la base de commentaires et d’exégèses de textes bibliques, ce serait le messie,
dont les Juifs attendent toujours l’arrivée, qui fondera la terre juive, et pas
les hommes.
Une fois
l’Etat hébreu créé, certaines évolutions parmi les communautés ultra-orthodoxes
se sont toutefois faites jour, et une partie des harédim, placée devant
le fait accompli, a accepté de composer avec l’existence d’Israël ; elle
l’a acceptée sans toutefois l’avoir souhaitée, et coopère désormais avec le
mouvement sioniste.
Par ailleurs,
la Guerre des Six Jours de 1967 a également contribué à un changement
d’attitude de certains courants religieux. Décelant dans la victoire d’Israël
une intervention divine, des obédiences harédim ont rallié le
nationalisme israélien, tel le mouvement Goush Emounim (le Bloc de la
Foi). Aujourd’hui, ce dernier tient un discours ancré dans le sionisme radical,
favorable aux implantations et partisan du « Grand Israël ».
Une poignée d’ultra-orthodoxes participe
à la défense de son pays
Une partie
non-négligeable des déclinaisons harédim continue cependant de récuser
vertement l’existence d’Israël.
A leur sens,
non seulement la naissance du foyer national juif s’opposerait à la volonté
divine, mais encore le nouvel Etat incarnerait un motif d’adoration de la part
du peuple juif, qui, par le nationalisme et le sionisme, vouerait un culte à ce
pays, au détriment de Dieu.
Pourtant, et
c’est là l’une de leurs contradictions, les ultra-orthodoxes antisionistes
résidant en Israël, qui désapprouvent l’existence du pays, ne sont absolument
pas disposés à le quitter. Ils y sont confortablement installés dans des
quartiers fermés, en marge de la société « profane », et jouissent à
la fois de la liberté de mener leur vie à leur gré, et de la sécurité qu’offre
l’Etat hébreu à tous ses citoyens.
Ils n’en ont
pas pour autant renoncé à leur antisionisme, qui s’exprime de diverses façons.
La plus
extrême d’entre elles réside sans doute dans le soutien inconditionnel à la
cause palestinienne, prôné, entre autre, par le groupe harediNeturei
Karta.
Ces
« gardiens de la cité » militent activement pour le démantèlement de
l’Etat hébreu. Ils n’hésitent pas à fréquenter les personnalités les plus
antisémites du moment ; en 1994, Arafat avait même nommé Moshé Hirsch,
rabbin appartenant à cette mouvance, ministre des Affaires juives du
gouvernement palestinien.
Depuis, les
rabbins de Neturei Karta s’affichent fréquemment aux côtés de Mahmoud
Ahmadinejad à Téhéran, notamment quand celui-ci organise des événements lors
desquels il prétend que la Shoah n’a jamais eu lieu.
Le mouvement Neturei
Karta, comme d’autres parties de la galaxie ultra-orthodoxe – mais pas
toutes ! -, s’oppose fermement à l’immigration de la diaspora vers Israël.
Certains
quartiers de Jérusalem, de Tel-Aviv et de Haïfa sont exclusivement habités par
des harédim, à l’instar de Mea Shéarim dans la capitale, « les Cent
Portes ». Situation très paradoxale, car ils peuplent cet Etat dont, pour
eux, l’existence relève d’une hérésie.
Plus aberrant
encore, d’aucuns parmi ces Juifs ultra-orthodoxes antisionistes refusent de
posséder la nationalité israélienne, bien qu’ils vivent dans l’Etat hébreu et y
jouissent des droits associés à la citoyenneté, et même d’un statut particulier
avantageux.
Cloîtrés dans
des quartiers, nombre de ces hommes en noir passent leurs journées à étudier la
Torah, et plus de la moitié d’entre eux n’exerce aucune activité
professionnelle : 54,4 % en 2011, selon le rapport annuel de la Banque d'Israël.
Comment vivent-ils, alors ? Leurs revenus proviennent exclusivement de
l’Etat et de donations privées.
Les harédim
consacrant leur vie à l’étude des textes religieux dans les yeshivot
(écoles talmudiques), au nombre de 138 249, d’après le Bureau Central des
Statistiques d’Israël, perçoivent automatiquement une bourse d’étude, remise
par le ministère des Affaires religieuses.
Avec un taux
de fécondité de 6,5 enfants par femme, la plupart des membres de cette
communauté empochent également des allocations familiales. Enfin, une pension
supplémentaire est octroyée aux foyers « pauvres ».
Les harédim
participent par ailleurs au système démocratique israélien, aux seules fins de
protéger leurs avantages et de faire valoir leurs intérêts.
La communauté harédi
est ainsi représentée à la Knesset, au sein de différents partis, tel Yahadut
Hatorah (le Judaïsme de la Torah), le parti religieux regroupant les
orthodoxes ashkénazes, créé par la fusion de deux partis précédents : Dégel
Hatorah (le Drapeau de la Torah) et Agoudat Israel (Union d’Israel).
Ce dernier, né
en 1912, était originairement hostile à la création d’un Etat
« juif ». Ses positions antisionistes ont cependant évolué, et, en
1947, si Agoudat Israel n’a pas soutenu le projet de l’établissement
d’un foyer national juif en Palestine, elle ne s’y est pas opposée pour autant.
En contrepartie de sa neutralité, Agoudat Israel se vit remettre un
document précieux - la lettre du Statu Quo - lui étant expressément adressée
par l’Agence juive, listant un certain nombre de garanties inamovibles à
l’égard des Juifs ultra-orthodoxes, qui prévaudront dans la vie du futur Etat.
Les partis
religieux, en prenant part à la vie politique, tentent d’influer sur
l’existence de leurs compatriotes, en instillant des lois qui incluent le plus
de principes possible de la « loi divine ».
L’une des
dispositions assez peu démocratiques qui leur assure une représentation
maximale au parlement est celle par laquelle les rabbins harédim
distribuent des consignes de vote à leurs ouailles, en les enjoignant
vigoureusement de remplir leur devoir électoral. Les ordres du rabbin
remplacent ainsi la conviction personnelle et la réflexion citoyenne.
Si, quand il
s’agit de bénéficier des avantages que la démocratie israélienne leur accorde,
les Juifs ultra-orthodoxes répondent présent, il n’en va cependant pas de même
concernant les devoirs.
C’est ce
qu’illustre notamment la loi Tal, en vigueur depuis presque dix ans. Elle
permet aux jeunes étudiants des yeshivot d’être exemptés de service
militaire. Une loi injuste, qui fait la part belle à l’antisionisme de certains
ultra-orthodoxes, lesquels ont mis un point d’honneur à ne pas servir « leur »
pays, de quelque façon que ce soit.
Après les Nations
Unies et l’environnement médiatique de nombreux pays européens, la France en
tête, c’est au sein des universités, que se développe et s’installe désormais un
fort sentiment anti-israélien.
Par
connivence d’opinion, ou par lâcheté, certains recteurs universitaires laissent
la propagande anti-israélienne, importée par des groupes propalestiniens,
supplanter le débat intellectuel et académique au sujet du conflit
israélo-palestinien.
D’autres
tentent, au contraire, de préserver l’indépendance de leur université face aux
questions politiques et idéologiques, et refusent de céder aux pressions
militantes, sans pour autant prendre la peine de qualifier adéquatement la
tendance raciste antijuive qui en émane.
La
condamnation d’Israël sur les campus, illustrée par des slogans violemment antisémites,
s’efforce de s’imposer comme l’idéologie dominante ; ce, à l’endroit même
où l’ouverture d’esprit, la pluralité des opinions et le respect des
différences sont censés prévaloir. Une tendance atrophiante, contribuant à
l’amenuisement des réserves d’élites en mesure d’élever la voix pour critiquer l’émergence
du racisme et de l’antisémitisme dans l’université. Une tendance rendue
possible par la pusillanimité des gouvernements face à l’islamisme radical.
Les
universitaires n’ont pas su préserver l’Université
Dans des
campus des quatre coins du globe, des groupes d’étudiants-militants propalestiniens
s’activent à l’organisation de colloques, au cours desquels Israël est
unilatéralement condamnée, et lors desquels des intervenants antisémites
prennent la parole. Certains de ces invités participent de la pire engeance, celle
qui n’hésite pas à appeler à l’anéantissement de l’Etat hébreu et de ses
habitants.
L’imam Amir
Abdul Malik Ali s’est ainsi vu offrir l’occasion d’étaler sa haine des Juifs au
cours de l’un des nombreux évènements organisés en toute légalité par l’Union
des Etudiants Musulmans de l’Université Irvine, en Californie. Lors de son
discours intitulé "Mort à l’apartheid !", il a comparé les Juifs
aux nazis, en soutenant les groupes terroristes Hamas, Hezbollah et Djihad
Islamique, et en appelant à la destruction du pays des Hébreux. Des membres de la
même organisation avaient par ailleurs scandé "assassin !" lors
de la visite à Irvine, en février 2010, de l’ambassadeur d’Israël aux
Etats-Unis, Michael Oren. Ils avaient perturbé son discours, ce qui leur avait
valu de se faire interpeler par la police.
Les
universités accueillent ces tribunes et cèdent parfois aux pressions de petits
groupes d’étudiants musulmans, qui réclament l’annulation de la venue
d’orateurs israéliens – du seul fait qu’ils sont israéliens -, dont les
positions pourraient "heurter", ou "engendrer des
violences", laissant ainsi le débat à la disposition exclusive des
offenseurs d’Israël.
Au campus de
Cambridge, en Angleterre, cette même année, c’est la Société Israélienne de
l’université qui avait été forcée de concéder aux activistes anti-israéliens
l’annulation de l’intervention du professeur d’histoire Benny Morris ; en 2008,
en revanche, la Société de Palestine de l’université avait accueilli le
rédacteur en chef du journal londonien Al-Quds Al-Arabi (Jérusalem l’arabe),
qui avait justifié l’attaque terroriste menée contre un centre d’études
religieuses à Jérusalem.
Les universités
sont pourtant régies par des règles académiques clairement établies, auxquelles
les professeurs et les étudiants sont censés se plier. Il ne s’agit pas d’un
ring où l’on se livre à des ultimate fights, lors desquels tous les
coups sont permis ; l’université représente, au contraire, un espace de
préservation, dans lequel les protagonistes doivent s’assurer, dans leurs
travaux, leurs argumentations, leurs débats publics, qu’ils apportent des
éléments nouveaux dûment référencés, défendus sur la base de discussions
contradictoires ; la démarche académique est en outre tenue de présenter des
qualités didactiques, de nature à faire avancer la réflexion scientifique.
L’occurrence
de ces colloques racistes et antisémites est absolument inadmissible au regard
des règles. Pourtant, lorsque les insultes visent Israël et les Juifs, tout devient
soudain licite. Les étudiants, mais aussi les professeurs et les syndicats,
acceptent sans s’émouvoir cette conduite barbare, bafouant les normes
académiques.
Le phénomène
de boycott des universités israéliennes, engagé par des professeurs
anglo-saxons en 2002, a lui aussi gagné moult adeptes, étudiants et enseignants,
au sein des campus. Cette mise en quarantaine entraîne la baisse des échanges
avec les universités hébraïques, alors obligées de se recroqueviller sur
elles-mêmes. Quant aux étudiants juifs, ils s’écartent en nombre croissant des
universités dans lesquelles étudiants et professeurs se positionnent en faveur
de l’arrêt de la communication avec les universités israéliennes. Des
universités qui admettent l’insulte à caractère antijuif ; celles dont on
bannit les intervenants sur la base de leur nationalité ou de la foi de leurs
ancêtres.
Cette forme
de discrimination ne génère cependant aucunes représailles en Israël, dont les
bancs des amphithéâtres abondent aussi en étudiants arabes. Le doyen de
l’Université de Tel-Aviv les a autorisés à commémorer hier le jour de la Nakba,
qui signifie en arabe catastrophe, en référence aux évènements liés à la
création de l’Etat d’Israël. Bonjour la différence dans l’application de la
liberté académique !
Les
universités israéliennes n’ont jamais accueilli autant d’étudiants étrangers.
Il appartient
évidemment aux recteurs et aux présidents des universités occidentales d’empêcher
les dérives que nous mentionnons, qui ne relèvent ni de la politique ni de la
liberté de débattre, mais du racisme, dans sa livrée la plus béotienne. Surtout,
que personne ne s’y trompe ou fasse mine de s’être trompé : ces
manifestations à l’encontre d’Israël ne participent pas à créer un débat, mais,
au contraire, à s’assurer qu’il n’ait pas lieu !
Un
antisémitisme qui se cache derrière un discours propalestinien de gauche
A
l’Université de Paris-VIII, le président, Pascal Binczak, a eu le courage
d’annuler la tenue d’un colloque propalestinien, car, selon lui, la pluralité
des points de vue n’était pas assurée. Or, dans ce cas, même si le flot de
haine s’est vu réfréné, l’antisémitisme, omniprésent dans l’initiative des
organisateurs, n’a pas été relevé ni mis en cause.
Cette
absence de clarté dans l’énonciation des motifs du renvoi de la manifestation a
permis à des individus, comme Pierre Gervais, maître de conférences en histoire
à Paris-VIII, de prétendre : "Même si c’est une rencontre engagée, elle
n’est pas non plus antisémite, il y a eu sur-réaction de la part de la
direction". Le titre choisi pour le colloque heureusement annulé
était : "Israël, un Etat d’Apartheid", et il appelait au boycott
de l’Etat hébreu. Des démarches paisibles et exemptes de haine et d’incitation
à la haine…
Difficile
toutefois de condamner ce genre d’énergumènes alors qu’à l’Assemblée nationale
française, deux députés, Jean Glavany (PS) et Lionnel Luca (UMP) ont remis un
rapport sur l’eau, accusant précisément l’Etat hébreu de conduire une politique
d’apartheid. Un président d’académie ne peut, en l’espèce, décréter des
sanctions méritées contre un maître de conférences, alors que des députés provenant
des deux pôles de l’hémicycle affirment les mêmes monstruosités que lui.
Au Royaume-Uni,
le groupe parlementaire contre l’antisémitisme, issu de tous les partis, All-Party
Parliamentary Group Against Antisemitism, a publié un rapport mettant en relief
le fait que "lorsque le discours de gauche ou propalestinien à propos du
Moyen-Orient est manipulé et utilisé comme véhicule de thèmes et d’un langage
antijuifs, l’antisémitisme est plus difficile à reconnaître et à définir".
L’une des
plus grandes associations de professeurs du même pays, l’University and
College Union (le Syndicat des universités et des collèges universitaires),
comptant douze mille adhérents, a, quant à lui, rejeté la définition de
l’antisémitisme de l’Observatoire européen des phénomènes racistes et
xénophobes.
Ce, sous
prétexte qu’elle renfermerait la possibilité d’étouffer le débat universitaire
; selon cette définition de l’Observatoire européen peut s’exprimer notamment par
de la haine à l’encontre des Juifs, et les attaques verbales contre l’Etat
d’Israël peuvent constituer l’une de ses manifestations.
Sous le
couvert jamais aussi galvaudé du débat universitaire, des propos antisémites font
ainsi florès. Les antisémites ont réalisé un véritable hold-up de la liberté
d’expression, s’en servant afin de condamner la partie adverse au silence.
Démission
du corps universitaire
Aux
Pays-Bas, en 2006, un professeur à la faculté de Théologie d’Utrecht, Pieter
Willem Van Der Horst, s’est vu contraint par l’administration d’amputer son
mémoire de départ à la retraite. Celui-ci portait sur le mythe antisémite du
cannibalisme juif [Cannibalisme au sens propre. Ndlr.], dont le chercheur
retraçait l’évolution, de l’époque hellénistique au Moyen-âge et jusqu’au
nazisme. Sa conclusion était censée examiner les circonstances de la résurgence
de ce mythe dans les media islamiques contemporains, notamment en Iran, en
Syrie et dans les territoires palestiniens.
Un Juif
Selon les
propos de la direction, que rapporte le professeur, "la lecture du mémoire
en entier pouvait déclencher de violentes réactions de groupes d'étudiants
musulmans bien organisés et également contrecarrer les efforts de construction
d'un pont entre les étudiants musulmans et les étudiants non musulmans à
l'université".
Au nom de la
soi-disant lutte contre l’islamophobie, et se mêlant de la protection de
l’ordre public, qui n’est, en l’occurrence, pas de son ressort, l’Université d’Utrecht
a escamoté une communication scientifique qui contenait l’information
primordiale selon laquelle des media musulmans, au XXIème siècle,
affirment que les Juifs sont anthropophages.
Ce faisant, l’Université
d’Utrecht a protégé l’incarnation des ténèbres contre lesquelles la faculté
s’était battue, à l’époque de son essor, afin d’avoir le droit d’exister. Elle
a manqué à sa vocation.
Retour
outre-Manche, où un rapport gouvernemental a tiré la sonnette d’alarme sur le
fait que quarante facultés de la monarchie ont été identifiées comme représentant
des lieux potentiels de recrutement d’extrémistes fondamentalistes musulmans.
La gangrène
de la haine et de la rage a gagné les universités sous les barbes silencieuses
et donc complices de leurs responsables. Il relève pourtant de leur devoir de
se manifester afin de protéger leur académie, et cependant, ils ont fui le
champ de bataille sans combattre. Il leur appartient de s’opposer à la masse
barbare, en tant que dépositaires du savoir et de la science.
Leur devoir,
que dis-je, leur obligation absolue, consiste à protéger la possibilité pour
les Juifs et les Israéliens d’étudier sereinement dans leurs établissements.
C’est face à ces défis que l’on voit lesquels parmi eux accomplissent leur tâche,
et lesquels se comportent de manière corrompue. Outre l’obligation de protéger
le lien avec les étudiants discriminés, les professeurs, les recteurs et les
présidents portent la responsabilité d’expliquer les raisons circonstanciées de
leurs choix.
Un
environnement politique qui laisse faire
On se rend
bien compte que l’on réclame, dans la conjoncture sulfureuse qui prédomine,
trop de courage individuel aux recteurs et aux professeurs ; ils n’ont pas pour
vocation d’incarner des héros, s’élevant seuls face à la marée. Tout le monde
ne possède pas l’élégance et le courage d’un Albert Camus ou d’un Emile Zola.
C’est
l’environnement politique général qui laisse ce courant se développer. Jusqu’à risquer
l’étouffement de la vie politique, représentée par des partis rêvant de
s’approprier les votes des femmes en tchador et de leur mari. C’est l’alliance
contre-nature entre la gauche et l’islam qui est partiellement redevable de
cette pollution. Cela conduit au silence honteux à l’encontre de ceux qui s’emploient
à tuer le dialogue avec Israël, l’activité des individus considérant que la
place des femmes consiste à vivre perpétuellement derrière un rideau. La
posture des mêmes, qui ne souffrent pas que l’on révèle que des journaux
palestiniens affirment que les Juifs ingurgitent des êtres humains.
Même si l’on
pouvait attendre et espérer que les professeurs et les responsables des
facultés s’opposent à cette barbarie raciste et antisémite, cela serait
quasiment impossible ; les maillons de la société démocratique marchent de
concert, solidaires les uns des autres. En l’absence d’un soutien sans faille du
monde politique, le cours des choses ne peut guère varier. Un monde politique
qui a pourtant l’obligation de donner l’exemple, en s’enquérant et en se mêlant
de ce qui se passe dans l’enseignement supérieur, et de pallier aux dérives. La
vraie protection de la paix civile est à ce prix et ne saurait tolérer ces
soldes de l’intégrité intellectuelle.
Lorsque le
monde politique, le gouvernement, et les universités, garantes, ensemble, de la
civilisation, se soustraient à ce devoir, c’est tout un monde qui cède ses
progrès, toutes les libertés qui se perdent, avec la rétrogradation de
l’enseignement supérieur.
Toulouse,
ou l’irresponsabilité absolue
La voie
libre à la critique infondée d’Israël aboutit à un sentiment antijuif, que de
nombreux étudiants perçoivent à leurs dépens, lorsqu’elle s’exprime par des
propos violents voire carrément antisémites.
La dernière
semaine d’avril de cette année, une délégation d’étudiants israéliens,
accompagnée de membres de l’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France), a
réalisé une tournée dans des universités et des écoles de l’Hexagone afin de
dialoguer avec des étudiants français.
A
l’Université Le Mirail de Toulouse, des étudiants se revendiquant du syndicat
d’extrême gauche Sud, toutes les femmes portant le voile, leur ont lancé :
"Vous êtes des assassins, des criminels, des menteurs (…) on devrait vous
exterminer (…) vous ne devriez même pas exister". Certains des étudiants
ont également scandé un slogan en arabe appelant à égorger les Juifs (pas les
Israéliens !).
La presse de
l’Hexagone n’a pas pipé mot de cette agression [voir la vidéo], durant
laquelle les pompiers et la sécurité du Mirail ont dû intervenir pour empêcher
que l’on n’en vienne aux mains.
L’université
n’a pas officiellement condamné ces propos, ni sommé la dissolution immédiate
du syndicat en question, ni exclu les élèves impliqués de son institution,
située dans cette agglomération, où, il y a moins de deux mois, quatre
personnes, dont trois enfants, ont été assassinées, uniquement parce qu’elles
étaient juives.
Cette
absence de réaction illustre l’attitude irresponsable de l’université devant la
gravité du phénomène ; l’Etat, ne s’est pas non plus manifesté, consacrant, par
son silence, la gloire post mortem de Mohamed Merah.
Si, à
Toulouse, un individu peut s’adresser à un Israélien en lui indiquant qu’
"il n’aurait pas dû exister", en toute impunité, c’est que l’on est
revenu au temps de Vichy. Il ne s’agit pas d’un incident banal, d’un événement
marginal, mais de la démission collective des autres syndicats de l’université,
de sa direction, témoins du développement général qu’ont suivi les gouvernements
français.
L’exécutif
n’a pas le droit de ne pas réagir face à ces gens qui ont dépassé, dans leurs
propos, les crimes perpétrés par Mohamed Merah, appelant quant à eux au
génocide de tous les Juifs, et à les égorger sur la base de préceptes fanatiques.
La victoire de François Hollande à
l’élection présidentielle française a suscité un certain effroi dans des
franges importantes de la communauté juive française, et une forme de malaise
chez les Israéliens ayant des racines françaises et disposant de la double
nationalité. On peut le comprendre aisément.
Nicolas Sarkozy, tout en ayant
fait des concessions importantes au monde islamique et pris des décisions très
douteuses concernant Israël – tel le vote de la France en faveur d’une entrée de
l’ « Etat palestinien » à l’Unesco –, ne pouvait pas être considéré
comme un ennemi déclaré de l’Etat hébreu. Dans le contexte pitoyable du paysage
politique français actuel, il apparaissait même comme le « moins pire » de tous
les candidats.
François Hollande, bien que n’ayant
pas fait de déclaration péremptoire sur le sujet moyen-oriental, n’en incarnait
pas moins le candidat d’un parti qui compte dans ses rangs un nombre conséquent
de personnalités aux positions propalestiniennes très explicites, et des
auteurs de diatribes anti-israéliennes nauséabondes, au sein desquelles on peut
placer le rédacteur d’un certain rapport sur « la géopolitique de l’eau », Jean
Glavany.
Parmi les alliés de François
Hollande, on comptait – et on compte toujours – Jean-Luc Mélenchon, les
dignitaires de l’indigne Parti Communiste français, divers membres des factions
d’extrême gauche, des Verts, façon Eva Joly et Cécile Duflot, partisans
d’opérations telle « Un bateau pour Gaza », qui aurait plutôt dû être
baptisée « Un bateau pour le Hamas ».
Le malaise et l’effroi ont trouvé
une forme de confirmation dans les images des fêtes qui ont ponctué la victoire
socialiste le 6 mai au soir ; en cherchant bien, on pouvait apercevoir
quelques drapeaux français, mais on voyait surtout des drapeaux de tous les
pays – ou presque – du monde musulman.
Ces images n’ont fait que
confirmer une réalité. La victoire socialiste a marqué non seulement une
victoire de toute la gauche « plurielle » (l’expression « gauche plurielle »
étant commode en ce qu’elle permet d’éviter de nommer les mouvements de gauche
les moins présentables), mais aussi une victoire de ce qu’elle incarne.
Derrière les mots vides qui
structurent ses incantations, « paix », « justice », « jeunesse », « liberté »,
cette gauche symbolise, de fait, l’accentuation de formes de dépendance par
rapport à l’Etat, et l’utilisation de circuits de redistribution aux fins de
subventionner des clientèles électorales captives ; en d’autres termes,
une façon de se maintenir au pouvoir de manière indéfinie.
Les affres de l’alliance aberrante entre la gauche et l’islam
Derrière les idées évoquant la «
tolérance » et la « diversité », cette gauche fait avancer l’intolérance, la
pensée unique la plus dogmatique et la plus fermée, celle qui vise à interdire
un nombre croissant de mots et d’interrogations en les évacuant totalement du
débat public, après les avoir marqués du sceau de l’infamie.
Derrière les discours sur le «
multiculturalisme », cette gauche pratique l’aveuglement sélectif, et une
xénophilie très orientée qui sert ses objectifs à court terme.
Prête à s’indigner de toute manifestation
émanant d’un antisémitisme d’ « extrême droite » (et prête à le faire
d’autant plus aisément que l’antisémitisme d’extrême droite est en diminution),
elle se refuse, de manière forcenée, à identifier l’antisémitisme islamique et
d’extrême gauche, qui, couverts du masque de l’antisionisme, se font de plus en
plus virulents aujourd’hui. Et elle cherche, cette gauche plurielle, à
interdire toute forme de critique de ces antisémitismes pourtant bien présents.
Disposée à s’indigner de toute
affirmation d’une « identité nationale française » ou d’une identité
civilisationnelle occidentale, cette gauche trouve toutes les vertus et toutes
les excuses à d’autres identités nationales et nationalistes à l’extrême, y
compris celles qui servent de paravent à des buts génocidaires, telle l’ «
identité nationale palestinienne ». De plus, elle se révèle prête à s’extasier
devant d’autres identités civilisationnelles, islamiques en particulier.
La gauche qui arrive au pouvoir en
France incarne une mutation bien plus profonde, qui explique le malaise et
l’effroi dont j’ai parlé plus haut : elle ne reflète plus l’espoir de
construction du « socialisme ». Elle ne repose plus sur les couches les plus
humbles de la société française.
Elle incarne la volonté de voir
émerger un monde post-occidental, dans lequel les valeurs qui ont fait les
sociétés ouvertes et la liberté individuelle viendraient se dissoudre, et dans
lequel une caste dominante, monopolisant tous les pouvoirs, règnerait sur des
masses soumises. Elle repose sur ceux qu’elle a formés à l’école, au collège,
au lycée, à l’université, dans les media, et qui disséminent cette vision
post-occidentale du monde.
Elle s’appuie également sur les
banlieues de l’islam, sur l’apaisement et la soumission préventive devant
l’islam radical, sur des liens de plus en plus étroits avec le monde islamique.
Des franges importantes de la communauté
juive française et franco-israélienne perçoivent ce qu’est cette gauche. D’où
le malaise et l’effroi ressentis.
Un sentiment similaire, et partagé
par nombre de Français, qui devinent que le pays qu’ils ont connu pourrait bien
être en train de disparaître.
C’est dans ce contexte que je publie
cette semaine un livre rédigé avec Daniel Pipes : « Face à l’islam
radical »[1].
Mercredi après-midi dernier
s’est déroulée une entrevue importante en Israël entre Mme Catherine Ashton –
le chef de la délégation des 5+1 pour les négociations avec l’Iran – et le 1er
ministre israélien, accompagné d’Ehud Barak, ministre de la Défense, d’Avigdor
Lieberman, ministre des Affaires Etrangères, et de Shaul Mofaz.
Mofaz a été convié à ce
meeting sur décision de Binyamin Netanyahu, avant même qu’il ne soit assermenté
par la Knesset au poste de Vice-1er ministre. Ancien chef
d’état-major de Tsahal, le no.1 de Kadima participe désormais au cabinet
restreint s’occupant des dossiers sécuritaires.
L’objectif de cet échange de
vues consistait à tenter de coordonner les positions d’Israël et des grandes
puissances au sujet de l’atome iranien avant la rencontre prévue le 23 mai
prochain, à Bagdad, entre les 5+1 et les représentants de la
"République" Islamique perse. Il s’est tenu dans des circonstances
inhabituelles, le bureau bruxellois de Mme Ashton n’ayant pas communiqué sur
cette visite, au cours de laquelle la baronne n’a pas rencontré les dirigeants
de l’Autorité Palestinienne [ce qu’elle fait chaque fois qu’elle se rend en
Israël].
La responsable de la
diplomatie de l’UE a informé ses interlocuteurs sur l’état d’avancement des
discussions avec Téhéran. Notamment sur les contacts préliminaires à la réunion
de Bagdad que doit avoir la conseillère d’Ashton, Mme Helga Schmid, avec le
no.2 de la délégation iranienne, Ali Bagheri.
Le moment n’est plus aux sourires niais faits à
l’ennemi mais à la formulation des exigences
Mme Ashton n’a pas daigné
communiquer au sujet des conclusions du meeting de Jérusalem, pas plus qu’elle
n’a accepté de répondre aux questions des journalistes.
Ce que l’on sait de la
discussion de mercredi, c’est que les Israéliens ont présenté à leur hôte des
conditions très claires pour que "le rendez-vous de Bagdad puisse être
considéré comme un progrès".
Ils ont exigé de leur
interlocutrice des résultats tangibles, M. Netanyahu appelant les grandes
puissances à ne pas se contenter uniquement de déclarations d’intention de la
part de Téhéran.
Avigdor Lieberman, à
l’occasion d’une visite à Berlin, cette semaine également, auprès de son
homologue Guido Westerwelle, avait souligné la même nécessité de voir les
membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne présenter des
exigences communes. Lieberman les a invités à refuser de se contenter de
convenir d’autres rencontres, qui n’ont, de l’avis d’Israël, pour seul effet
que de permettre aux ayatollahs de "jouer avec le temps".
Ces consultations entre les
responsables hébreux et ceux des 5+1 semblent coordonnées pour faire pression
sur Téhéran, puisque lundi dernier, soit deux jours avant la venue de Catherine
Ashton en Terre Sainte, l’Union Européenne avait informé la
"République" Islamique qu’elle devait mettre un terme à ses activités
d’enrichissement de l’uranium.
Le même jour, les Etats-Unis
avaient envoyé un message au même régime, l’appelant à "prendre urgemment
des mesures tangibles" afin de constituer un capital de confiance durant
ses négociations avec les puissances mondiales.
Ces initiatives ont été
immédiatement commentées par le porte-parole des Affaires Etrangères
iraniennes, Ramin Mehmanparast, qui a jugé que "ces commentaires avaient
pour finalité d’instiller une atmosphère négative en vue des discussions de
Bagdad".
En Israël, comme l’a fait
remarquer Binyamin Netanyahu à Catherine Ashton, on "est persuadé que
l’Iran joue la montre lors des pourparlers avec l’Occident, et qu’il n’a pas la
moindre intention de stopper son programme nucléaire".
Lors de la rencontre
d’avant-hier, les Israéliens ont mis en avant trois conditions qu’ils
considèrent nécessaires à démontrer qu’ils se trompent et qu’une solution
diplomatique de la crise est envisageable :
1. L’obtention de la part de
l’Iran de garanties – accompagnées d’un calendrier clair – concernant l’arrêt
de l’enrichissement de l’uranium.
2. La sortie hors d’Iran de
l’uranium enrichi jusqu’à présent.
3. Le démantèlement de
l’installation souterraine d’enrichissement à Fodow (Fordo), aux environs de la
ville de Qom.
On ignore à la rédaction
quelle a été la réaction de Mme Ashton. Ce que l’on peut dire, en revanche, est
que les dirigeants hébreux ont tenu à montrer à la négociatrice un front uni,
Shaul Mofaz rejoignant le rang, en abandonnant l’attitude qu’il adoptait sur le
nucléaire perse alors qu’il se trouvait dans l’opposition, et qu’il affirmait
volontiers que "Netanyahu avait tort d’effrayer le public".
A Jérusalem, où la coalition
au pouvoir réunit désormais les quatre cinquièmes des représentants des partis,
les dirigeants ont fait comprendre au chef de la diplomatie européenne, que si
les conditions posées n’étaient pas strictement remplies à l’issue de la
réunion mésopotamienne du 23, l’Etat hébreu pourrait se désolidariser de
l’initiative diplomatique engagée par les USA, la Russie, la France, la
Grande-Bretagne, la Chine et l’Allemagne, et chercher seul une solution pour
annihiler la menace perse.
Une décision que redoutent
non seulement Khamenei et Ahmadinejad, mais également les grandes puissances,
qui perdraient le contrôle de la situation. C’est ce qui explique, en plus de
la volonté de faire pression sur Téhéran, le meeting de coordination de
mercredi.
Certes, parallèlement aux
tentatives diplomatiques, des dizaines d’yeux électroniques épient le
territoire ennemi, et particulièrement les alentours de Fodow, afin de
s’assurer que les ayatollahs ne franchissent pas les lignes rouges (envoi
d’uranium pré-enrichi à Fodow, activation de l’installation souterraine).
Il est certain, par
ailleurs, que les dirigeants de la dictature chiite sont conscients de la
menace qui plane sur eux. Des bruits persistants font état de travaux de
nettoyage, effectués récemment dans plusieurs installations nucléaires, afin
d’en faire disparaître toute trace d’activité liée à la construction de la
bombe. Ces activités pourraient préparer la visite des inspecteurs de l’Agence
Internationale pour l’Energie Atomique.
Les 14 et 15 mai se
dérouleront à cet égard des rencontres importantes, qui réuniront, au siège de
la mission diplomatique perse à Vienne, des responsables de l’AIEA et des
fonctionnaires iraniens. Elles traiteront de l’éventualité d’une visite des
chiens de garde de l’ONU sur le site de Parchin, au sud-est de Téhéran. Une
visite qui leur avait été refusée en janvier et en février derniers.
A la Ména nous partageons
l’idée de grandes centrales du renseignement, selon laquelle Parchin était
utilisée pour mettre au point et tester des éléments électroniques liés à la
mise à feu d’une bombe atomique. Au cas où l’inspection aurait lieu dans un
délai raisonnable, que les experts de l’AIEA pourraient avoir accès à tous les
compartiments de cette base, et qu’ils n’y trouvent pas de trace des activités
qui s’y sont déroulées, cela signifierait que, par prudence, Khamenei et
Ahmadinejad auraient renvoyé à plus tard cette étape de la mise au point de leur
bombe.
La question de Parchin
éclairera partiellement l’état des intentions à court terme de la junte
théocratique perse.
Binyamin
Netanyahu venait d’annoncer la tenue d’élections législatives anticipées le 4
septembre et la Knesset s’apprêtait à voter son autodissolution et à partir en
vacances, quand le 1er ministre a décidé, il y a deux jours – ou
plutôt deux nuits – d’annuler le scrutin avancé qu’il venait de décréter ;
à moins d’une nouvelle saute d’humeur de Bibi, nous voterons donc en 2013, et
les députés vont reprendre du service.
Tout cela
n’est pas très sérieux, me direz-vous ? C’est aussi ce que pense une
grosse majorité de mes compatriotes.
La
volte-face de Netanyahu est justifiée par l’entrée du parti Kadima-en-avant
(centre-gauche) dans la coalition. Nous aurons maintenant 94 députés dans
l’alliance gouvernementale, contre 26 dehors ; les travaillistes, les
gauchos et les Arabes, pour résumer les choses de manière synoptique.
Ce qui ne
manque pas de surprendre, c’est que le nouveau chef de file de Kadima, Shaul
Mofaz, coopté il y a à peine deux semaines à la tête du parti en lieu et place
de Tsipi Livny, aimait à se présenter comme le plus tenace des adversaires du
président du Conseil.
Il
critiquait fréquemment Livny pour son manque de fermeté à l’égard du pouvoir.
Durant la campagne pour les élections internes de Kadima, il y a donc tout
juste quinze jours, Mofaz avait fait valoir l’argument selon lequel lui élu
(moi, président ?), il ne rejoindrait pas un cabinet dirigé par Netanyahu.
Des regards qui expriment
déjà la confiance réciproque
Et, plus
radical encore : "Je crois que le gouvernement actuel représente tout
ce qui est mal en Israël". Et deux semaines plus tard…
De quoi
redonner un peu d’espoir aux Français en dépression nerveuse depuis
dimanche : ne vendez pas encore votre commerce de fruits et légumes,
n’appelez pas les déménageurs, les politiciens font rarement ce qu’ils
promettent ! Le SMIC à 4000 euros et le 99 pourcent d’impôts, ça n’est
peut-être pas encore pour demain.
Officiellement,
je veux dire à l’usage des blaireaux, l’accord Likoud-Kadima comprend deux volets :
la présentation par la coalition d’un texte de loi visant à obliger les
étudiants halakhiques à effectuer leur service militaire comme les autres
Israéliens, et la réforme du système gouvernemental en Israël.
Ne vous
fatiguez pas à chercher midi à quatorze heures le comment du pourquoi de ces
réformes : un sondage commandé par Haaretz démontre que moins de la
moitié des Israéliens croit que la loi sur l’engagement des orthodoxes sera
soumise au vote – Bibi et Shaul ont pourtant promis qu’elle serait prête en
août -, et un tiers seulement est persuadé que, même si elle est adoptée en 3ème
lecture, elle serait mise en pratique avant la fin de l’actuelle législation.
Quant à la
réforme du système politique, mes concitoyens se montrent plus
"optimistes" encore : ils ne sont qu’un quart à préjuger qu’elle
se réalisera. Ce sont les mêmes qui sont persuadés que le loup paîtra avec
l’agneau, que la paix règnera entre les Arabes et les Juifs, et que Ségolène
Royal est effectivement heureuse de la victoire de son ex.
Bref, la
confiance absolue règne en Terre (trois fois) Sainte entre électeurs et élus.
La vraie raison de cette alliance est entièrement politicarde, c’est également
ce que pensent les sondés ; Netanyahu en avait ras-le-bol d’être sans
cesse chahuté par les partis religieux et contredit par Avigdor
Raspoutine-Lieberman chaque fois qu’il ouvrait la bouche. Ce dernier n’ayant de
cesse de menacer de quitter la coalition cinq fois par semaine.
Depuis mardi,
Raspoutine ne veut plus partir du tout, parce que désormais, cela ferait
plaisir à Bibi. Quant aux orthodoxes, principalement intéressés à extorquer
l’argent public pour leurs "œuvres" et à occuper des postes
d’influence, ils n’avaient jamais été plus souriants et silencieux.
Autre
conséquence intéressante : même s’ils n’ont aucune confiance en lui, les Israéliens
plébiscitent le 1er ministre dans les sondages. Sa personne recueille
plus de 60% d’opinions favorables et le Likoud, plus de 30 sièges dans les
projections.
Ca n’est pas
tant que la population adule Bibi, c’est plutôt qu’elle ne voit personne
d’autre, dans la conjoncture, capable de le remplacer.
Car Shelly
Yekhimovitch, qui arrive seconde dans les enquêtes d’opinion – avec 15% des
interrogés positivant sur sa personne et environ 20 sièges au parlement pour le
parti travailliste qu’elle dirige – est une personne intègre, qui dit des
choses pleines de bon sens et de modération ; elle traîne toutefois un
handicap insurmontable. Elle ne possède aucune expérience de la fonction
ministérielle et n’a jamais participé à une négociation internationale majeure.
Or, dans aucune grande démocratie occidentale on aurait l’idée d’élire à la
fonction suprême une personne souffrant d’un tel manque de pratique.
L’époque que
nous vivons est difficile, voire impitoyable, aussi, le moment n’est pas adapté
aux idées révolutionnaires ni aux essais de nouveaux leaders atypiques. Ici, on
imagine Shelly en négociation avec la terrible Mère Kehl, la Lorelei noire
apparaissant l’été en costume de bain zébré sur les plages de la Mer du Nord, et
on comprend immédiatement que cela équivaudrait à envoyer la socialiste au
casse-pipe. Même pas en rêve !
Netanyahu
n’est pas fiable, c’est le plus grand tergiverseur – et tergiverser
n’est pas jouer ! - que l’on ait connu, mais il a de la bouteille et il
s’exprime à merveille à la télévision [ah ça oui ! (Germaine)] ; dans
ces conditions… on le garde.
Quant
à Mofaz, c’est un Iranien d’origine, né à Ispahan – nous avons eu
décidément plus d’Iraniens démocratiquement élus en Israël qu’ils n’en comptent
à Téhéran – ancien chef d’état-major, ancien officier de la Sayerette Matkal,
le Commando de l’état-major, l’un des deux plus pointus en Israël, second de
Yoni Netanyahu (celui qui avait réussi dans la famille) lors de l’opération
d’Entebbe. Il était si apprécié dans l’armée, que plusieurs
"observateurs" (Taz, la bonne, un ouvrier agricole vietnamien) se demandent
ce qu’il est venu fout… en politique, pour laquelle il n’a strictement aucun
talent.
Kadima,
parti créé par Ariel Sharon en dissidence avec le Likoud, qui refusait son plan
de désengagement de Gaza, avait obtenu 28 sièges aux dernières élections en
2009 ; si une consultation électorale avait lieu aujourd’hui, Kadima
récolterait péniblement huit à neuf mandats, probablement même moins que ça. Et
Mofaz n’atteint pas 5 pourcent d’opinions favorables sur sa candidature au
remplacement de Bibi.
C’est ce qui
a inspiré à Shaul son ralliement à la coalition : mieux vaut passer une
année de plus en tant que plus grande formation de la Knesset, qu’en qualité de
quantité négligeable, appelée à disparaître à court terme de la vie politique
israélienne, parce qu’elle ne sert plus à rien, et ne défend plus aucune ligne
particulière.
Les deux
larrons ont donc scellé un deal qui leur est à tous deux favorable. C’est,
entre ces lignes, le lieu de reconnaître que, s’il n’a rien d’un homme d’Etat
inoubliable, Netanyahu passera tout de même à la postérité pour ses talents de
combinard domestique.
Car il a
acheté Kadima et Mofaz pour rien, en soldes : une place de énième vice-Premier
ministre pour le général de réserve, une autre de ministre sans portefeuille, toujours
pour le postérieur du général, plus quelques directions de comités et de
sous-comités au parlement pour ses amis. Une occase !
Les deux
hommes parlent maintenant d’opportunités pour faire vraiment avancer le
processus de paix avec les Palestiniens – mais pendant trois ans, Bibi nous avait
déjà dit que c’était ce à quoi il s’employait ? -, et pour assurer le
gouvernement d’une large base de soutien, au cas où il déciderait avec Barak d’une
action militaire contre le pays natal de Mofaz.
Malheureusement,
il semble que les avantages de la nouvelle alliance aient été considérés bien
après qu’elle ne fût entendue entre Netanyahu et Mofaz, sur la seule base de
leurs intérêts politiciens. A bien y réfléchir, nous pourrions encore en
énoncer quelques-uns au niveau théorique.
Il est vrai
qu’il faudrait, d’urgence, introduire (au moins) une part de proportionnelle
lors de nos élections générales. Cela réduirait le foisonnement des petits
partis, qui amassent trop de pouvoir au suffrage direct, et n’ajoutent rien à
la stabilité des gouvernements. Pour preuve, cela doit faire au moins vingt ans
qu’aucune Knesset n’est allée jusqu’à son terme nominal ; chaque fois, des
élections anticipées ont été convoquées.
Travailleurs étrangers ou
demandeurs d’asile, Israël reçoit chaque mois, ces dernières années, plusieurs
centaines de nouveaux arrivants en provenance d’Afrique, essentiellement
d’Erythrée et du Sud-Soudan. Leur destination principale : les quartiers sud de
Tel-Aviv, autour de la station centrale de bus.
Mal géré par les autorités, ce
phénomène est devenu un véritable problème de société.
A la fin du mois dernier, la
communauté africaine du quartier de Shapira a été attaquée de nuit à coup de
bombes incendiaires jetées en direction de deux appartements. Là où dormaient
plusieurs migrants et où, durant la journée, était organisé un jardin
d’enfants. La police a arrêté un suspect, un jeune israélien de vingt ans,
résident local.
Cet acte raciste, en tout point
condamnable, illustre les tensions apparues dans les quartiers défavorisés de
l’agglomération télavivienne entre les résidents de longue date et les
immigrés. Les autorités estiment à 40 000 le nombre de travailleurs étrangers,
et à plus de 20 000 les demandeurs d’asile africains dans la cité – sur une
population totale (à Tel-Aviv intramuros) de 400 000 individus (quatre millions
et demi en comptant la banlieue).
Selon les chiffres du ministère
de l’Intérieur, en 2011, 17 000 étrangers seraient entrés illégalement en
Israël, franchissant la frontière avec l’Egypte.
L’Etat hébreu représente, pour
les populations d’Afrique fuyant les violences ou la misère économique, le
premier pays libre et démocratique atteignable par voie terrestre, associé à
l’espoir d’une vie meilleure.
Or les habitants du sud du poumon
économique du pays ont commencé, ces cinq dernières années, à subir la
modification démographique galopante de leurs quartiers, accompagnée de
problèmes de vols ou d’agressions, ainsi que d’un sentiment d’insécurité, déjà
bien connu dans les grandes métropoles européennes.
Le quotidien israélien Haaretz
a publié la semaine dernière un article rapportant les constatations de la
police, mettant en évidence l’augmentation récente des vols sur les plages de
Tel-Aviv ; des larcins qu’elle attribue à de petits groupes de jeunes hommes
originaires du Soudan ou d’Erythrée, qui, sans opportunités de travail, tentent
ainsi de subvenir à leurs besoins par des activités illégales.
Israël est signataire de la
Convention 1951 de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés, stipulant
qu’une personne fuyant son pays en raison d’une crainte fondée de persécution
ne peut être déportée du pays dans lequel elle s’est réfugiée.
A leur arrivée en Israël,
l’identité de ces milliers de demandeurs d’asile est contrôlée au centre de
détention de K’tziot, dans le nord du désert du Néguev. Or le ministère de
l’Intérieur les considère, pour la très grande majorité d’entre eux, comme des
migrants économiques, et ne suit pas une procédure claire afin de déterminer
lesquels pourraient prétendre au statut de réfugié selon la convention des
Nations Unies. Seules huit demandes d’obtention de ce statut ont été approuvées
l’année dernière, à en croire le rapport de l’un des principaux avocats des
droits des réfugiés.
Pour les milliers de demandeurs
restants, s’il attribue des visas de résidence, à durée déterminée et variable
selon les cas, l’Etat israélien n’accorde cependant pas à tous la possibilité
de travailler ; certains visas sont explicitement estampillés d’une mention
précisant qu’il ne s’agit pas d’un permis de travail.
Des milliers d’étrangers ne sont
ainsi pas refoulés, en observation de la Convention 1951, mais ils ne bénéficient
pas des droits nécessaires à leur survivance sur le territoire d’accueil. Le
plus grand nombre des migrants, après le contrôle d’identité à K’tziot, est transporté
dans des bus en direction de Tel-Aviv, où ils sont ensuite livrés à eux-mêmes.
La mauvaise volonté du
gouvernement à canaliser cet afflux amplifie le désarroi des étrangers, une
fois sur place, ainsi que celui des autochtones confrontés à cette immigration,
à la pauvreté qui lui est apparentée, et à ses désagréments.
Au lieu de plancher sur ce
dossier, de trouver des solutions sociales et diplomatiques à ce problème, le
gouvernement s’est contenté de transformer les Africains en un groupe homogène,
catégorisé comme "pas le bienvenu ici". Binyamin Netanyahu et son ministre
de l’Intérieur, Eli Yishaï (issu du Shas, le parti religieux sépharade non
sioniste), ont rebaptisé les demandeurs d’asile les "infiltrés".
Pour le Premier ministre, "les
infiltrés sont en train de conquérir Tel-Aviv", et "menacent le
caractère juif et démocratique de l’Etat d’Israël".
Israël est en train de fabriquer
des Ahasvérus (dessin) africains.
Le nom que les chrétiens avaient
donné au Juif errant
Par cette stigmatisation, le
gouvernement suggère que cette population étrangère représente une entité néfaste,
justifiant, indirectement, la haine à son encontre.
Les rabbins des quartiers sud de
Tel-Aviv ne demeurent pas en reste et se sont joints à cette posture ségrégationniste.
Vingt-cinq d’entre eux ont ainsi signé un décret, en juillet 2011, interdisant de
louer des appartements aux "infiltrés".
Une partie des résidents de ces quartiers
défavorisés, majoritairement de droite, sépharades, traditionnalistes, ou laïcs
originaires de Russie, éprouvant un sentiment de xénophobie, se trouvent ainsi
soutenus par les autorités civiles et rabbiniques, et confortés dans leur détestation.
Une autre portion de la
population israélienne se mobilise afin de soutenir, quant à elle, la
régularisation de la situation des Africains et leur traitement de manière
humaine et civilisée. Témoin ce clip, tourné par le groupe de musique israélien Balkan Beat
Box dans le quartier de Névé Sha’anan, aux alentours de la station centrale de
bus, où vivent de nombreux migrants.
Par sa politique d’accueil
minimaliste, le gouvernement tente de dissuader les étrangers de s’aventurer à
rejoindre Israël. Et l’érection d’une barrière le long de la frontière avec
l’Egypte, qui est censée se terminer d’ici 2013, pour combattre les
infiltrations de terroristes islamistes à partir du Sinaï, rendra le
franchissement de la frontière par les immigrés encore plus périlleuse.
Par ailleurs, un centre de
détention d’une capacité de huit à dix mille places, dans lequel les étrangers en
situation illégale seront accueillis, est également en construction dans le
Néguev.
Dans l’entre-temps, en dépit des
risques mortels encourus durant la traversée du désert égyptien, les tentatives
de gagner l’Etat hébreu se sont accrues ces deux dernières années. Les
Africains savent qu’ils risquent leur vie au cours de leur périple, notamment
dans la péninsule du Sinaï, où des témoignages ont rapporté que les bédouins
égyptiens, qui font office de passeurs, s’adonnent régulièrement, après avoir
été payés, à de violentes exactions, des viols ou des meurtres.
Un Africain sur cinq meurt de
mort violente durant la traversée de l’Egypte, et deux autres parviennent à la
frontière blessés ou malades.
Quant au maire de Tel-Aviv, il a
fait remarquer le manque de soutien du gouvernement dans l’appréhension du défi
de la gestion de cette population dans son agglomération.
Les responsables du gouvernement israélien
font montre, une nouvelle fois, de leur incapacité, de leur insuffisance et
surtout de leur négligence à s’occuper des problèmes sociaux que rencontrent
leurs concitoyens, hormis la question des implantations en Judée-Samarie qui
leur tient à cœur. Jusqu’à quand laisseront-ils cette situation s’envenimer,
mettant sur le compte du "caractère juif de l’Etat d’Israël" leur
manque de volonté à s’occuper des problèmes autres que sécuritaires ?
La détérioration de la situation
entre migrants et autochtones dans les banlieues chaudes de Tel-Aviv, ainsi que
la montée de la xénophobie, est à mettre exclusivement sur le compte de la
coalition aux affaires à Jérusalem.
Par Stéphane Juffa, assisté de Sandra Ores et Marine Journo
A
Metula, la construction du mur inutile bat son plein. Cela se déroule dans une
atmosphère étrange de collaboration entre Tsahal, les forces de l’ONU et
l’armée libanaise. Tous suivent les travaux d’un œil attentif, séparés
uniquement par quelques mètres insignifiants. Le tout, sous le regard acéré des
miliciens du Hezbollah, jamais très éloignés du site de construction.
Au
début de cette semaine, les Israéliens ont procédé à l’érection de la première
section en béton. L’avancement va bon train.
Nous
nous rendons fréquemment, avec notre matériel photographique, sur les lieux de
l’édification de l’ouvrage. Il y a toujours quelque chose à y voir. Souvent, à
cet endroit de frottement entre Israël et le Liban, un œil aguerri peut
distinguer des signes plus révélateurs de la situation en gestation.
Parfois
les surprises sont petites, d’autres, elles sont étonnantes.
C’est
ainsi qu’hier matin, nous sommes tombés sur quelque chose de vraiment
alarmant : à deux pas – ce n’est pas un langage imagé mais de la géométrie
– des soldats et ouvriers hébreux, le Hezbollah, qui contrôle la ville de Kfar
Kileh, a hissé le drapeau de ses mentors.
La
bannière officielle de la "République" Islamique d’Iran flotte ainsi
sur la frontière. Si proche, que l’extrémité de la toile vert-blanc-rouge bat
carrément, au gré des rafales de vent, sur le sol israélien.
Quatre
mâts : un peu à l’écart, celui de Palestine, pour la pure forme, et celui
du Hezbollah, omniprésent. Puis les deux drapeaux nationaux, ceux des "patrons",
l’iranien et le libanais.
Le drapeau
iranien, le plus proche de la frontière parmi les quatre plantés par le Hezb,
Ceux
qui doutaient de la mainmise de la théocratie chiite sur de larges portions de
la République du Cèdre,
ceux qui se plaisaient à imaginer que Michaël Béhé, de Beyrouth, exagérait dans
ses descriptions, en seront
pour leurs frais.
Le
gouvernement qui exerce le contrôle suprême de cette partie du Liban sud n’est
pas celui qui siège à Beyrouth, mais celui de Khamenei et Ahmadinejad.
Ce,
même si les soldats libanais que nous avons photographiés patrouillent sur la
frontière. Ils sont d’ailleurs surplombés par les couleurs du Hezbollah :
un Coran et une kalachnikov verts sur fond jaune. Hormis le drapeau libanais,
en retrait de celui de Perse, accroché au mât officiel, tous les autres sont
ceux du Hezbollah.
Un soldat
libanais en observation,
non sous le
drapeau de son pays, mais sous celui de la milice chiite
Les
militaires de Beyrouth se trouvent ainsi coincés dans une situation peu
enviable, ne sachant pas – ou feignant de ne pas savoir – qui sont ceux qui
leur donnent des ordres.
Un
grand nombre d’entre ceux déployés face à Metula appartient à l’obédience
chiite, pourtant fort minoritaire (20 % du personnel) dans les Forces Armées
Libanaises.
Mais
tout le monde participe à ce jeu de dupes, même les Israéliens, tant que
l’armée d’en face se plie aux arrangements qui ont été concoctés sous l’égide
de la FINUL, en son quartier général de Naqoura.
Et
pour le moment, ces soldats et leurs officiers s’y soumettent sans ciller, avec
application même. Ils contrôlent, de manière assez laxiste, les voitures
désireuses d’emprunter la petite route qui longe les travaux. Ils ne laissent
passer ni les piétons, ni les vélos, ni les motos. On voit qu’ils ont pour
instruction d’empêcher tout attroupement à proximité des Israéliens. Ils
cherchent à maintenir le calme.
Il
faut dire que c’est préférable ainsi, car sur le site de construction, on
défait d’abord les anciennes barrières. Parfois, presque rien ne sépare les
trois forces en présence, sauf la bonne volonté de tous.
Les ouvriers
israéliens travaillent à quelques mètres des
Mais
on sent très bien qu’une minuscule étincelle pourrait mettre le feu aux
poudres, et on imagine, avec appréhension, un engrenage de violence que
personne ne serait capable d’arrêter.
Il
se pourrait aussi que le Hezbollah, ou ses chefs iraniens, décident, à un
moment ou un autre, de créer intentionnellement l’incident ; ce, s’ils
pensent pouvoir en retirer un avantage politique, ou symbolique, à la face du
monde arabo-musulman en plein déchirement.
A
Beyrouth, on dit dans les journaux que l’armée nationale veille à ce que les
Israéliens ne débordent pas d’un centimètre de leur territoire. C’est une
manière d’en faire des guerriers et de justifier leur coopération avec les
troupes de l’ "ennemi sioniste".
Actuellement,
l’Iran a besoin de maintenir le statu quo pendant qu’il négocie l’avenir de son
projet nucléaire avec les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU +
l’Allemagne.
Pendant
ce temps, à moins d’une vingtaine de kilomètres d’ici à vol d’oiseau, les
contingents de tireurs d’élite et de barbouzes iraniens, ainsi que les miliciens
du Hezb, font le coup de feu en Syrie afin de tenter de préserver la dictature
alaouite des al Assad.
Des
milliers de ces pseudo-mercenaires participent au massacre des sunnites et d’autres
communautés minoritaires de Syrie. Sans ces assassins, cela ferait longtemps
que l’autocratie aurait déjà sombré.
Dans
ces conditions, le moment n’est pas opportun pour ouvrir un nouveau front
contre la plus grande puissance du Moyen-Orient, Israël. Cela explique la
raison pour laquelle ils se tiennent tranquilles.
Autre
raison du calme apparent qui prévaut à Metula, et probablement la plus
importante : la "République" Islamique et ses miliciens
porte-flingues terminent leur phagocytage du Liban.
Pendant
que nous écrivons ces lignes et prenons ces photos, en toute impunité et sans
susciter la moindre réaction des grandes puissances, l’Axe du mal absolu
renforce son emprise sur le pays des cèdres.
Ici,
au Sud, il multiplie les caches d’armes et de munitions dans la plupart des
villages voisins de l’Etat hébreu. Ce matériel servira à essayer de générer la
terreur dans le nord d’Israël, dans l’éventualité d’une opération militaire de
Tsahal contre les infrastructures nucléaires en Perse.
Les
zones d’occupation irano-hezb se multiplient, s’étendent et s’étoffent au
Liban. Dans ces régions où l’armée, la police et la justice de Beyrouth n’ont
plus droit de cité, l’occupant aménage des bases de fusées et de radars
anti-aériens, et prépare des sites pour le déploiement futur de missiles
balistiques, qui auront toute l’Europe à leur portée.
C’est
l’enjeu, invisible pour ceux qui préfèrent ne pas voir, de la course effrénée à
la bombe atomique chiite. Dans le domaine stratégique, Khamenei et Ahmadinejad
espèrent ainsi imposer au monde démocratique un nouvel équilibre de menaces. Imposer
cet équilibre, afin que l’Europe, l’Amérique, mais aussi la Russie, ne
s’avisent plus d’intervenir dans le pré-carré des ayatollahs.
Et
cela semble fonctionner, puisqu’au Liban et en Syrie, personne ne dérange leurs
projets.
A
Beyrouth, trône aussi un gouvernement formé de ministres favorables à Téhéran
et au Hezb, dirigé par le fantoche Najib Mikati. Un cabinet "démocratique" imposé en
menaçant de mort le leader druze, le Cheikh Walid Joumblatt.
Ils
ont laissé à ce dernier le choix de traverser les lignes politiques en se
joignant au groupe parlementaire du Hezbollah ou de recevoir une balle dans la
nuque ou une bombe sous sa voiture. Joumblatt, dont le père avait déjà été
assassiné par les Syriens, a pris la plus sage décision.
A
Beyrouth encore, les musulmans sunnites, les chrétiens et les Druzes
n’apprécieront pas nos photos. Mais ils seront totalement impuissants à
demander que leur armée ramène l’étendard de la "République"
Islamique, car c’est celle-ci qui fait la loi.
L’écrasante
majorité des Libanais ne va pas aimer cette photo
On
imagine la frustration de toutes ces femmes et de tous ces hommes devant la
perte graduelle de leur autorité, de leur souveraineté et de leur indépendance.
Mais seuls, face à la milice surarmée
- jouissant du support logistique massif des Perses, et du lien ombilical avec
ce qui reste de la Syrie des al Assad - ils ne peuvent rien tenter.
L’espoir
des patriotes libanais réside tout entier dans la défaite annoncée de Béchar al
Assad et de sa bande de voyous. Ce sera, pour eux, une fenêtre d’opportunité,
durant laquelle ceux qui représentent l’écrasante majorité des citoyens chez
nos voisins septentrionaux auront la possibilité de se débarrasser de
l’occupant.
Mais
pour ce faire, ils devront avoir recours à la force, et la bataille pour la
survivance et la suprématie sur les forêts de cèdres s’annonce sanglante.
On
est donc en situation de statu quo tendu, ne sachant pas lequel des deux
événements suivants déclenchera le feu d’artifice : une attaque
israélienne sur l’Iran ou la chute des al Assad. On ignore même si et quand
elles auront lieu.
Une gauche très inquiétante s’avance vers
le pouvoir en France
Une campagne électorale génère souvent des
débordements et des propos excessifs. La campagne pour l’élection
présidentielle qui s’achève ce dimanche 6 mai en France n’a pas échappé à la
règle, mais ce n’est pas cela, en soi, qui pose problème.
Ce qui pose un problème imminent, est la
façon dont les media de gauche et la gauche elle-même ont traité Nicolas
Sarkozy.
Avec des insultes innombrables. Accompagnées
de comparaisons inqualifiables : tous les noms des collaborateurs des nazis en
France pendant la Seconde Guerre Mondiale ont été évoqués, à commencer par
celui du Maréchal Pétain. Le rassemblement du premier mai organisé place du
Trocadéro a été comparé aux rassemblements de Nuremberg, au temps du Reich.
Nicolas Sarkozy a été accusé de s’exprimer
comme un homme d’extrême droite, comme un fasciste.
Ce qui a ainsi été mis en œuvre relève d’une
tentative d’étendre la diabolisation que la gauche fait peser sur le Front
National à l’ensemble de la droite modérée en France, mais aussi à tout un
ensemble d’idées et de sujets de débats que les auteurs de l’entreprise
entendent éliminer totalement, ou ne voir aborder que sur un mode qu’ils ont
défini à l’avance.
Cette campagne de dénigrement, éminemment
politique, a présenté des dimensions totalitaires qu’il serait dangereux de
sous-estimer.
La gauche, partout dans le monde, mais
tout particulièrement en France, glisse très vite de l’expression d’un
désaccord à l’invalidation morale, et de l’invalidation morale au confinement
sur le banc d’infamie.
La nostalgie du
communisme n’est pas un choix politique
mais une affection de
l’esprit. Sa remise au goût du jour
procède d’une
aberration politique menaçant la société.
Surtout si elle
participe à un gouvernement (Stéphane Juffa)
Parler de nation ou d’identité nationale
lui convient très bien lorsque ces termes sont repris par des entités
totalitaires, à l’instar de l’Autorité Palestinienne ; mais cela lui
semble inadmissible si la nation et l’identité concernées se situent dans la
civilisation occidentale.
Discuter de frontières demeure pleinement acceptable
tant qu’il s’agit de frontières en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, mais
pas lorsqu’il s’agit de celles d’un pays occidental.
Critiquer le christianisme, traîner les chrétiens
dans la boue, lui paraît absolument tolérable, mais la moindre réserve
concernant l’islam la conduit immédiatement à qualifier celui qui l’a prononcée
de « raciste ».
Je pourrais continuer l’énumération des
nuisances intellectuelles de ces déviances quasiment à l’infini, et y ajouter,
par exemple, les descriptions grotesques - et souvent ignobles - que la gauche
fait de la pensée libérale. Descriptions qui font que, lorsqu’un économiste appartenant
à ce courant tente de s’exprimer, il se trouve presque toujours obligé de se justifier,
expliquant qu’il n’est pas un adepte de l’assassinat de pauvres gens.
Je pourrais ajouter le discours péremptoire
que la gauche entend imposer à propos Israël, des conservateurs américains ou,
plus largement, de l’Amérique qui ne vote pas Obama.
Ces dimensions totalitaires, qui se sont
révélées de façon très acerbe et très aiguë en France, n’ont pas été dénoncées,
ou du bout des lèvres.
Et la raison de cette non dénonciation est
évidente : les media de gauche représentent pratiquement l’ensemble du paysage
médiatique français, et ceux qui ne seraient pas totalement inféodés à la
gauche sont presque tous dirigés par des journalistes qui eux, y sont inféodés.
La gauche française elle-même règne dans des
secteurs clés de la société, ceux qui, au-delà des media, pétrissent les
cerveaux : l’éducation, la culture.
La victoire, probable, de François
Hollande ce 6 mai sera, le cas échéant, non pas la victoire d’une gauche
démocratique, respectueuse du pluralisme, ouverte et moderne, mais celle d’une
gauche comminatoire.
Derrière François Hollande, il n’y a pas
simplement tous les dirigeants du Parti Socialiste, mais aussi la gauche façon
Jean-Luc Mélenchon. Celle qui trouve ses modèles chez les frères Castro, Hugo
Chavez, Evo Morales. Il y a la gauche façon Eva Joly et Cécile Duflot, qui,
lorsque le terroriste est proche-oriental et tue des Juifs, peut lui trouver
bien des attraits et soutenir des opérations d’affrètement de bateaux pour le
Hamas. On y trouve également… le Syndicat de la magistrature et des organisations
telles que le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les
peuples).
Une collusion existe, de plus en plus
nette, avec des organisations islamiques et leurs compagnons de route, et il y eut,
le 22 avril, comme ce qui se déroule ce dimanche, un vote islamique en faveur
de François Hollande.
Tous ceux qui sont imprégnés de
propensions totalitaires partagent une volonté commune : celle de créer des
irréversibilités ; de faire que l’alternance ne soit plus possible
qu’entre membres des mêmes factions ou clones de ces factions, et d’éliminer
quiconque ne pense pas de manière « correcte ».
Je n’écris pas ces choses à la légère : je
pense que l’élection du 6 mai constitue une sorte de dernière chance pour la
France. Si, comme je le crains, cette chance n’est pas saisie, la perspective
d’un redressement deviendra très difficile à envisager.
Jean-Pierre Lledo est un cinéaste et écrivain
franco-algérien. Né en 1947 à Tlemcen, dans une famille communiste, il nourrit
longtemps l’espoir d’une Algérie cosmopolite après l’indépendance. Ses films
engagés font de lui l’un des intellectuels à abattre aux yeux des islamistes,
l’obligeant à quitter l’Algérie. Il tourne actuellement un documentaire en
Israël.
Boualem Sansal a été invité au Festival
International des Ecrivains à Jérusalem, qui aura lieu dans le magnifique
quartier de Mishkenot Sha’ananim ; cette partie de la ville construite il y a
deux siècles par l’infatigable Lord juif Montefiore afin de remédier à la
misère des Juifs, qui subissaient l’humiliation quotidienne du joug musulman.
Un traitement à ce point dégradant, qu’il alerta même Karl Marx.
Or Boualem Sansal est un immense écrivain algérien,
d’aucuns ne résistant pas à décréter qu’il est même le meilleur que l’Algérie
ait jamais produit. Et Sansal, probablement parce qu’il est hors de portée du
qu’en dira-t-on, a décidé de briser le boycott que les Arabes imposent à l’Etat
hébreu et d’accepter de participer au Festival des écrivains.
Quand on est citoyen d’un pays arabe et musulman,
dire qu’arriver à Jérusalem est une aventure est un euphémisme. Car
l’entreprise est périlleuse à de multiples titres. Surtout lorsqu’on est un
homme public, un écrivain, renommé de surcroît.
En amont, il aura fallu affronter ses propres préjugés,
combler ses ignorances, et avoir le courage de se mesurer à ce qui représente
le Tabou des Tabous dans le monde arabo-musulman : Israël.
En aval, l’enjeu n’est plus d’ordre intellectuel et
symbolique. Il faut s’attendre à un déferlement de violences, verbales, au
début, prônant, dans le meilleur des cas, l’excommunication. Et se préparer à y
parer.
Sansal ne craint pas les matadors de l’arabiquement
correct
Surtout lorsque, à l’instar de Sansal, on ne s’est
pas résolu à quitter l’Algérie. Ce, malgré le diagnostic de plus en plus sévère
que l’écrivain nous livre sur son pays, roman après roman, article d’opinion
après article d’opinion.
Le récent appel de la milice nazislamiste
palestinienne Hamas à condamner l’écrivain, à l’intention du monde arabe et
musulman, a ceci de salutaire, qu’en ouvrant le feu contre le romancier, il
rendra plus délicat le positionnement des intellectuels algériens et arabes
sollicités pour condamner Sansal.
Il faut en effet savoir que, dans le monde arabe et
musulman, même lorsque l’on peut tirer à boulets rouges sur le pouvoir, décrier
le système politique mafieux, et mettre à nu les travers de la société
patriarcale, l’intellectuel est tenu, par compensation, d’afficher un
nationalisme sans faille, et surtout, de charger Israël.
Or Boualem Sansal est sans doute le premier
intellectuel du monde arabe et musulman à ne pas se plier à cette contingence.
Le premier, si l’on excepte Rezak Abdelkader,
petit-fils de l’Emir Abdelkader, le premier chef qui résista à la pénétration
française de 1830.
Né en Syrie et parfait connaisseur de tous les pays
arabes environnants, il avait, dans deux livres sur le conflit judéo-arabe,
publiés chez Maspéro dans les années 60, émis un jugement définitif sur leurs
dictatures patriarcalo-religieuses.
Il prit parti sans équivoque en faveur d’Israël,
fruit prometteur, à son sens, de ce mouvement mondial du XXème
siècle vers l’autodétermination, car démocratique. Au point d’épouser une
Israélienne juive et de vivre, puis de mourir à ses côtés, dans un kibboutz
galiléen bordant le lac de Tibériade.
Quant à la littérature algérienne, elle eut ses
enfants prodiges, lesquels créèrent beaucoup d’épigones. Kateb Yacine et sa
fougue poétique éclatant l’ordre patriarcal. Rachid Boujedra et sa prose
fascinée par Céline, s’attaquant à l’un des grands tabous du monde musulman, le
sexe. Rachid Mimouni, qui, le premier, commença à fustiger les mécanismes
totalitaires du système politique, mais par le biais de la parabole et de la
satire. Tahar Djaout, qui, sans doute, serait devenu l’un des plus grands
écrivains algériens, s’il n’avait été assassiné en 1993 par les islamistes.
Aucun d’entre eux, cependant, n’a osé bousculer l’obligation
auto-imposée des intellectuels algériens de se montrer nationalistes et antijuifs ; une obligation qui prend sa
source dans l’islam lui-même, le coran et les hadits, et non dans l’islamisme.
Si les écrivains algériens que j’ai cités ne s’en
sont pas pris à ces codes détestables, c’est peut-être parce que la mort les a tous
emportés prématurément. Tous, à part Boujedra, toujours vivant, mais qui ne s’est
pas non plus attaqué à ces idées reçues.
La meilleure incarnation de cette duperie
intellectuelle est sans aucun doute Yasmina Khadra. S’il dit sa nostalgie de
ses anciens copains Pieds-noirs d’Oranie, c’est pour taire que, le 5 juillet
62, le jour même de l’indépendance, on les avait massacrés et jetés dans un lac
par centaines. Et s’il va jusqu’à mettre en scène le terrorisme palestinien,
c’est pour finalement le justifier, comme, quelques décennies plus, tôt le FLN
avait justifié le sien.
En 2008, lorsque le Salon du livre de Paris fit
d’Israël son invité d’honneur à l’occasion de son 60ème
anniversaire, Khadra, qui voudrait se faire passer pour le déboulonneur des
mythes, s’est cependant rallié à l’appel au boycott du salon par le monde
arabe.
Cela valut en tout cas à cet ex-officier de la
Sécurité Militaire d’être nommé à la tête du Centre Culturel Algérien à Paris.
Ce, tandis que Boualem Sansal venait, quelques
années plus tôt, d’être éjecté de son poste au ministère de l’Industrie.
Lorsqu’il s’agit des Juifs, l’Algérie, comme le
reste du monde arabe, est toujours frappée de schizophrénie délirante.
Ainsi l’actuelle ministre de la Culture, Khalida
Toumi (ex-Messaoudi), maintenue à ce poste depuis trois mandats par le
Président Bouteflika, dont elle fut d’abord la porte-parole. Elle n’hésita pas
à déclarer, en février 2008, au quotidien arabophone El Khabar (la
nouvelle), qu’elle « travaillait avec l’Espagne à déjudaïser la musique andalouse
», dite, en Algérie « arabo-andalouse ».
Dire que la personne qui s’est fendue de cette
proclamation n’avait, dix ans plus tôt, alors qu’elle n’était encore qu’une
militante extrémiste du féminisme en butte à l’ire islamiste, pas hésité à se
rendre en Israël, et même à se faire interviewer et photographier par le
quotidien Haaretz… Sans que, soit dit en passant, la « presse
indépendante » algérienne n’en pipe mot.
Vous constatez à quel point cette forme de
schizophrénie antijuive peut affecter les fonctions du cerveau !
Je n’ai pas encore questionné Boualem Sansal sur ce
qui l’a poussé à renverser le tabou arabo-musulman concernant Israël. Mais il
suffit de lire ses romans, et constater dans quel sens son œuvre a évolué pour
en avoir une idée.
Dès son premier roman, « Le Serment des Barbares » –
quel titre ! –, on comprend que l’écrivain s’est engagé dans un combat pour la
vérité historique, et pour révéler au grand jour que les mafias qui ont fait –
et surtout détruit – l’Algérie possèdent un lien ombilical avec celles qui ont
dirigé le combat « libérateur » contre la France.
Les romans qui ont suivi, « L'Enfant fou de l'arbre
creux », « Dis-moi le paradis », « Harraga » (déraciné, sans terre, émigré
clandestin, brûleur de route), ont approfondi le même sillon, démontrant,
chaque fois différemment, au travers de nouveaux échantillons sociaux et de
magnifiques personnages, combien le présent était hypothéqué par le passé ;
combien les violences d’aujourd’hui éructent d’un volcan de secrets masquant
des violences antérieures, aussitôt dissimulées.
Dans l’avant-dernier roman de Sansal, « Le Village
de l’Allemand », deux frères adultes vivant en France découvrent, après la mort
de leur père en Algérie, qu’il avait été un nazi. Et pas n’importe lequel, un
ingénieur-chimiste qui avait mis au point un gaz exterminateur, et qui, après
la défaite hitlérienne, avait d’abord reçu l’asile en Egypte, avant de servir
d’instructeur militaire aux « combattants de la libération » du FLN-ALN. C’est
pour ces services rendus à la révolution qu’il reçut la nationalité algérienne
après l’indépendance.
Après Le Village de l’Allemand, il ne restait
plus à Sansal qu’à ouvrir le tiroir des secrets familiaux, que je ne vous
dévoilerai pas ici. Car il le fait lui-même avec panache, dans son dernier
ouvrage, « La Rue Darwin », que j’invite vivement les lecteurs de la Ména à
lire.
Que ce soit par ses romans, ou par ses essais, «
Petit éloge de la Mémoire », « Poste restante : Alger », Boualem Sansal
n’arrête pas de répéter que, finalement, l’Algérie, comme le reste du monde
arabe, est malade. Malade surtout de sa mémoire, du déni de ce qu’il a été
réellement, de ses mythes ; en un mot de son identité falsifiée.
Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que, dans
ses deux derniers romans, surgisse l’impensable, l’indicible en Algérie,
l’innommable dans le monde arabe ; je veux dire, le fait juif ?
Le rabbin de son enfance, dans « La Rue Darwin », et
la Shoah, dans « Le Village de l’Allemand », font de Sansal le premier écrivain
à évoquer la tentative d’anéantissement du peuple juif. Ce, dans un monde arabe
où « Mein Kampf » est, de nos jours encore, un best-seller, et les
négationnistes Garaudy et Dieudonné, des stars adulées.
Dans quelques jours, du 13 au 16 mai, Boualem sera donc
pour la première fois en Israël, dans Jérusalem, sa capitale de toujours. La
capitale de la Judée, débaptisée par l’empereur Hadrien, et renommée Palestine,
en l’an 135, afin de sanctionner la révolte des Hébreux contre l’occupant
romain, dirigée par Bar Kokhba. Jérusalem, que l’islam conquérant commença de
recouvrir par ses propres temples, dès le VIIème siècle.
Les pages de la Ména n’étant pas l’emplacement
approprié pour l’analyse littéraire creusée de l’œuvre d’un écrivain, je me
contente d’encourager vivement à lire ce romancier. Car avec Sansal, on sort
des sentiers battus chers à la littérature du monde arabe ; de l’obsessif, de
l’onirique, du romantisme poétique, et de la poisseuse nostalgie de l’âge
soi-disant d’or, pour aller, dans des formes de plus en plus classiques, vers
le réalisme.
Un réalisme certes tout à fait spécifique à
l’écrivain, qui lui permet d’inventer enfin de vrais personnages, y compris de
femmes qui ne sont plus de simples marionnettes mises en mouvement, pour nous
faire voir, sans filtres, le REEL, aussi calamiteux que tragique.
La
bonne nouvelle pour les Français, suite au débat d’hier soir, est que leur
prochain président ne sera pas un imbécile.
Il
y a plusieurs autres nouvelles qui ne sont pas réjouissantes pour eux, mais la
prestation de François Hollande lors du débat télévisé fut en tout point remarquable.
Les rares personnes qui, ce matin, prétendent le contraire sont soit des
militants UMP soit de mauvaise foi.
Nicolas
Sarkozy l’a découvert à ses dépens. Il est vrai qu’il avait jusque-là
sous-estimé son adversaire, au point de proposer trois face-à-face télévisuels.
Or
à l’aune de ce qu’on a vu hier, le président sortant peut se réjouir de ce que
le staff de campagne socialiste a rejeté sa demande.
D’un
côté de la table, il y avait un candidat serein, droit dans ses bottes, qui
regardait les téléspectateurs dans les yeux et leur parlait d’une voix assurée.
Il est clair que Hollande avait préparé l’évènement depuis plusieurs
mois ; il savait qu’il allait affronter un ténor des plateaux TV et qu’il
avait un long chemin à rattraper dans ce domaine.
Visiblement
bien épaulé par des professionnels du petit écran, le candidat socialiste avait
révisé et révisé encore son devoir, et, nous en sommes sûrs, il a participé à
des dizaines de simulations face à des alias de Nicolas Sarkozy.
Un ring
Belle
réalisation. Lorsqu’après les bredouillements nostalgiques du Président,
répondant à la question de savoir quel serait son style de présidence s’il
était réélu, François Hollande se lança dans une remarquable tirade, qui
restera dans les annales : "Moi, quand je serai président, je ne
ferai pas…", les téléspectateurs avisés comprirent que le deuxième tour de
scrutin était superflu.
Sarkozy
avait impérativement besoin de l’emporter par KO pour conserver un mince espoir
de rattraper son retard de quatre à cinq points au deuxième tour, et c’est lui
qui est allé au tapis. On a assisté à l’une des victoires les plus nettes lors
d’un face-à-face télévisé depuis que cet exercice existe.
Beaucoup
de gens qui n’étaient pas directement impliqués dans les appareils électoraux
avaient décidé de suivre ce duel uniquement afin de voir comment Hollande
résisterait aux coups de bélier du Président.
Dans
notre rédaction, d’aucuns prévoyaient que le challenger se contenterait de
botter la balle en touche en toute occasion en éludant la discussion, et en
espérant que l’émission se termine vite, pour éparpiller le moins de votes
possibles.
On
attendait au moins que Nicolas Sarkozy "défonce" son contempteur dans
les domaines où son programme est le plus transparent : le remboursement
de la dette, le programme économique, l’investissement, l’immigration, l’Europe
et le nucléaire. Excusez du peu…
Mais
le pensionnaire de l’Elysée n’a jamais été en mesure de concrétiser son
avantage relatif sur ces sujets.
Surpris
par l’entame de François Hollande, vouté alors que l’autre se tenait droit sur
sa chaise, traversé par plus de tics encore que d’habitude, cherchant des yeux
le salut du côté de Laurence Ferrari et de David Pujadas, plutôt que
d’affronter du regard les spectateurs et Hollande, le champion de l’UMP
galvaudait son avantage.
Pour
ne rien arranger – c’était évidemment une tactique préparée à l’avance –
Hollande l’interrompait vigoureusement à tout bout de champ, forçant Sarkozy
dans des digressions stériles. Le Président en sortait fatigué et déstabilisé.
Il s’égarait alors à citer des exemples tirés du passé, ayant trait aux erreurs
des anciens leaders socialistes, Mitterrand, Jospin et consorts.
Face
à lui, Hollande parlait de Hollande et de l’avenir. Il développait son
programme sans être interrompu – quelle affabilité ! - et lançait des pics
à tout-va, forçant son adversaire sur une posture défensive.
Ses
slogans avaient été soigneusement choisis, et ils faisaient mouche chaque fois
qu’ils étaient répétés. Le plus brillant : "Cela fait dix ans que
vous êtes au pouvoir", comme si les difficultés des cinq années que Sarko
a passées à l’Elysée ne suffisaient pas. Et puis, des flèches du genre
"Pourquoi faire cette proposition aujourd’hui alors que vous aviez dix ans
pour la mettre en pratique ?".
Que
voulez-vous opposer à cela ?
La
crise, certes la crise… Mais pour exposer aux Français les effets de la crise mondiale
sur la gestion de leur pays, il fallait s’engouffrer dans des démonstrations
financières compliquées. Hors de portée du commun des téléspectateurs.
La
tentative du président sortant de présenter ses résultats en comparaison avec
ceux des autres pays était courageuse. Mais que vaut-elle face au :
"Vous allez enlever 300 euros mensuels aux familles de smicards !",
plusieurs fois répété par Hollande pendant la soirée.
Ca
n’est pas vrai ! Ou cette perte serait, dans le programme du président,
compensée par d’autres économies. Le projet de François Hollande est faible
dans des proportions qu’il est difficile de décrire dans un seul article.
Particulièrement
dans le domaine économique, où l’on ne trouve l’énoncé que de nouvelles
dépenses, par temps de crise et de dette extérieure faramineuse, et d’aucune
épargne. La France, pour éponger les folies budgétaires du socialiste aurait
besoin de connaître un véritable boom économique provoquant un déluge de
recettes miraculeuses, un peu comme la manne, à l’époque où il suffisait à
Moïse de parler au ciel pour nourrir le peuple.
Mais
le moins que l’on puisse dire, dans le système dichotomique que vous promet
Hollande, c’est que ceux qui voudront investir dans son modèle économique
seront d’authentiques phénomènes. La prévision raisonnable est que les marchés,
les grosses fortunes et les investisseurs vont quitter l’Hexagone en courant.
Ils ont toutes les raisons, après ce débat, de se sentir comme le renard à la
veille de l’ouverture de la période de chasse à courre.
Ils
sont les poulets que Hollande affirme vouloir plumer, ou plutôt le gros gibier
qu’il entend dépecer. S’il l’attrape !
Dans
les faits, le futur président de votre république entend augmenter la
distribution des parts d’un gâteau déjà trop petit, mais qui va encore
s’amenuiser. Plutôt presque égaux dans la pénurie qu’un peu inégaux dans la
profusion, on connaît la chanson rouge.
Son
projet a cinquante ans de retard, il est rigide, et comporte la plupart des
erreurs déjà commises par les socialistes à la tête de divers Etats de l’UE.
Des erreurs anachroniques, qui conduisent à des catastrophes.
Et
le désastre économique se produira, pour peu que Hollande réalise effectivement
ses promesses. La seule question qui reste en suspens consiste à savoir si la
France rejoindra le gruppetto de traîne, dans lequel l’Italie, la Grèce,
l’Espagne, le Portugal et l’Irlande pédalent déjà dans la mélasse, en septembre
prochain ou au début 2013. Les analystes de la Ména ne sont plus divisés que
sur cette interrogation.
Mais
hier, il ne fallait pas chercher les différences politiques entre les
programmes, car c’est à un combat des chefs, un combat de rhétorique et de
postures, auquel on a assisté. Unique point de mire, les urnes de
dimanche !
Une
minute après que le vainqueur sera proclamé, Hollande oubliera absolument tout
de ce qu’il a pu annoncer durant la campagne. Sarkozy aurait fait de même, à
l’instar de tous les présidents élus, qui se transforment instantanément de
larve en titan, et qu’on n’est jamais sûr de pouvoir canaliser.
C’est
d’ailleurs là, en la circonstance, le seul espoir des Français :
qu’Hollande – faisant le contraire de ce qu’il a promis - s’intègre
intelligemment dans le sens du courant et qu’il ne tente pas d’inverser le
mouvement giratoire de la Terre.
Il
faut cependant juger le débat d’hier soir comme on évalue les concurrents d’un
concours de debating ; ce sport oratoire inventé dans les
universités anglo-saxonnes, au cours duquel les concurrents tirent un point de
vue au hasard, qu’ils doivent faire prévaloir lors d’une discussion publique
avec un adversaire.
A
ce jeu-là, les téléspectateurs ont réellement eu droit à une épreuve de
qualité. Un concours incrusté de quelques perles d’intelligence, surtout du
côté de Hollande. Comme cet engagement, énoncé avec force, calme et sérénité,
de faire respecter la laïcité de la République. D’interdire la viande halal
dans les écoles, la burqa et la ségrégation des genres dans les piscines
publiques.
C’est
clair, limpide même. Cela a coupé les derniers brins d’herbe sous les pieds du
concurrent président, qui avait fait de ces périls, durant ses meetings, ses
chevaux de bataille.
Du
coup, Sarkozy n’avait plus rien à redire quant au rapprochement contre-nature qui
unit socialistes et islamistes.
On
a assisté hier à la meilleure prestation de Françoise Hollande qu’on n’avait
jamais vue. Honnêtement, on ne l’en croyait pas capable. Il a parlé comme le
peuple français aime qu’on lui parle. Avec, en plus, cet effort constant d’humilité,
qui donne l’impression que le candidat socialiste se tient près de la rue et à
l’écoute d’icelle. Une autre chose que Sarkozy ne sait pas faire.
Quant
à ce dernier, il s’est battu vaillamment, avec un fond d’authenticité et même
d’émotion incontestable. Mais il est apparu usé par ses cinq années de règne et
par l’âpreté de la campagne, et par tous les efforts qu’il a dû concéder afin
de faire face à la marée imméritée des critiques orchestrées contre lui.
Le résultat remarquable de Marine
Le Pen au premier tour des élections présidentielles fut une surprise pour
beaucoup : avant tout, pour ceux qui se sont bercés des discours idéologiques
visant à écarter le domaine politique au profit d’une idéologie simpliste
et moralisatrice.
En effet, depuis une trentaine
d’années, la question éminemment politique de l’immigration et de la
démographie est bannie du débat public.
Pourtant, quoi de plus légitime
que de s’interroger sur la société que l’on veut construire ? Sur le choix des
règles qui permettront aux citoyens de vivre côte à côte et d’échanger sur ce
qui leur fait difficulté ? Sur les groupes de personnes que l’on souhaite, par
conséquent, accueillir ?
Ceux qui réclament des débats sur
ces sujets sont d’emblée sommés de se taire, se voyant qualifiés de « racistes
», de « fascistes », d’individus qui « n’aiment pas l’Autre » : un discours qui
appartient bien davantage au domaine religieux et moral qu’à celui de la
politique !
Disons tout net que tels qu’on les
emploie aujourd’hui, les mots fasciste, raciste et extrême
droite sont dénués de tout sens : autant qualifier quelqu’un de bachi-bouzouk
!
Ajoutons que l’antisémitisme
répandu depuis des décennies – dans nos media et parmi les personnalités
politiques de gauche et de droite – dépasse largement tout ce que l’on prétend
identifier chez Marine Le Pen.
De surcroît, la culture dont se
réclament – haut et fort – ceux qui agressent (verbalement, physiquement) les
femmes et les Juifs, les torturent et les assassinent [1], en France
aujourd’hui, rend urgente la tenue d’un débat susceptible de réorienter notre
politique nationale.
C’est dans ce contexte que vient
d’apparaître un livre salutaire intitulé « Le Défi démographique », de Jean du
Verdier [2], général de l’Armée de l’Air, ancien professeur de l’Ecole
Supérieure de Guerre Aérienne. Ecrit sur un ton raisonné, ce livre offre une
mise en perspective des enjeux de la démographie que l’on a trop tendance à
laisser se noyer sous la cacophonie idéologique.
Avant d’aborder le contenu précis
de cette démonstration, notons que l’évocation de la psychanalyse en constitue
le point faible, mais il est vrai que le destin de la psychanalyse est,
justement, à l’instar de l’inconscient, de faire objet de la méconnaissance…
Or, la psychanalyse s’interroge
bien sur les mutations de la société. Non seulement la question du sexuel – de
ce qui nous pousse à l’accouplement et à la reproduction – relève du domaine de
la psychanalyse par excellence, mais Lacan [3] aborde bel et bien les effets du
capitalisme et de la science : l’effondrement de l’idéal et des figures
d’autorité, la multiplication concomitante des objets de la consommation, dont
la jouissance contribue à isoler les individus, et à les détacher du lien
social.
Ces éléments participent, à n’en
point douter, au déclin de la cellule familiale et de la démographie,
engendrant les formes contemporaines du malaise dans la société. Jean du
Verdier se prive ici d’un outil de réflexion inestimable…
Cela nonobstant, l’auteur aborde
la question de la démographie avec une grande pertinence. Il note que la
croissance démographique – et la pyramide des âges bénéficiant d’une large base
de population jeune – a toujours reflété le dynamisme et la confiance d’une
civilisation en elle-même, conduisant à l’expansion et à la domination
impérialiste.
A l’inverse, le déclin
démographique, la présence massive de populations étrangères sur son sol, signe
la fin d’une civilisation, et empêche les conquêtes militaires d’établir une
suprématie durable.
A l’appui de ces observations, il
dessine un panorama historique de la civilisation occidentale, montrant comment
les sociétés fortes et dynamiques connurent une expansion démographique, pour
ensuite disparaître, à la suite d’un déclin démographique, non sous l’effet
d’une force exogène. Il en fut ainsi pour la Grèce antique, puis pour Rome.
Au cœur de cette question se
trouve la place accordée au désir sexuel et à la famille. Contrairement à ce
que cherchent à nous faire croire les libertaires, les préceptes traditionnels
portant sur la sexualité ne sont pas destinés à réprimer celle-ci, mais à
entretenir le désir, afin qu’il soutienne la création de la famille et des
générations à venir.
Or justement, malgré son statut de
cellule irremplaçable, la famille occidentale connaît un déclin spectaculaire,
se voyant remplacée par les valeurs de l’épanouissement individuel, qui
évacuent toute notion de pérennité. L’Etat y contribue, faisant en sorte de
libérer les individus des contraintes familiales, pour qu’ils n’aient plus de
lien qu’avec l’Etat providence. Les souvenirs du totalitarisme ne sont pas loin
: on se rappelle que les fabriques de « l’homme nouveau » coupaient
systématiquement l’individu de son environnement familial.
Ce déclin n’est en rien
anecdotique. Du Verdier souligne : « Il n’est pas nécessaire d’éliminer
physiquement les individus pour détruire un peuple, il suffit de dissoudre les
caractères raciaux, culturels et religieux qui constituent sa personnalité. La
guerre démographique n’entraîne pas la destruction physique de l’ennemi mais sa
défaite totale par la destruction de son être collectif, de son corps
symbolique, par la rupture de filiation que provoque le métissage ».
Si nos idéologues médiatiques sont
prêts à appliquer de tels principes au colonialisme occidental, ils refusent
d’y voir une quelconque pertinence à l’égard de l’Europe. On sait, pourtant,
que pour les idéologues musulmans, la présence d’une population nombreuse sur
un sol étranger constitue explicitement un moyen de conquête, comme Houari Boumediene
le déclara sans vergogne à l’ONU en 1974.
En douterait-on ? Point n’est
besoin d’une déclaration explicite de guerre ni d’une organisation visible
(même si celle-ci existe en France, sous la forme de l’UOIF, l’Union des Organisations
Islamiques de France), et c’est l’un des points précieux de ce livre, que de
mettre ce principe en évidence.
Du Verdier observe : «
L’adversaire, polymorphe, est guidé par l’instinct. Il n’a pas besoin d’un chef
d’orchestre pour lui dicter le but positif, fil directeur de son comportement.
Chaque agresseur est conscient de l’objectif collectif : occuper des
territoires et y vivre selon ses us et coutumes, sans égards pour les
autochtones et à leurs dépens ».
Dans cette optique, l’auteur prend
le modèle du jeu de Go, illustré par l’excellente couverture réalisée par Corinne Binois. Dans ce jeu, chaque joueur pose ses
pions comme il le désire : « En cours de partie, le damier prend l’allure d’une
mosaïque. Pas de front, pas d’avant et d’arrière, les combattants sont
enchevêtrés ».
C’est cette forme de guerre
postmoderne que l’on trouve couramment en France aujourd’hui : l’installation
des populations dans un immeuble, dans un quartier ; s’ensuivent,
progressivement, le bruit, le vandalisme, les agressions verbales et physiques.
L’ancienne population se voit alors contrainte de partir, laissant derrière
elle des zones de non droit, où les forces de l’ordre n’osent plus pénétrer.
La situation est alarmante : « On
dénombre aujourd’hui en France un millier de ces cités interdites, enclaves
étrangères sur le sol français, qui regroupent 5 millions d’habitants ».
S’écrierait-on au « racisme », à
la propagation de « stéréotypes » ; proclamerait-on que la violence qui
gangrène notre société n’est que l’effet naturel de la « stigmatisation » que
subissent ces « jeunes » (l’invention de cet euphémisme est déjà un aveu) ?
On affirmera, en réponse, que
jamais d’autres immigrés ne se sont livrés à de telles exactions, et encore
moins sur cette échelle. Jamais les Juifs – victimes de persécutions inouïes
tout au long de l’histoire, sans parler de la Shoah – ne sont devenus des
barbares : jamais ils ne se sont déchaînés contre les habitants des pays où ils
se sont installés, loin s’en faut !
Contrairement à ce que certains
seraient tentés de prétendre, Du Verdier ne dénonce pas la malveillance des
uns, au profit de la pureté imaginaire d’une société ou d’un peuple : son souci
de rigueur intellectuelle lui permet de restituer un aspect essentiel de la
dignité humaine.
En redonnant ses titres de
noblesse au concept de race, il note que celui-ci – il emploie aussi le
mot latin gens, ou la lignée (pensons, par exemple, au « Cid »,
de Corneille !) – permet à la famille de se perpétuer à travers l’histoire,
mettant en contact souvent cinq générations dans une transmission vivante.
A cela, la culture juive – à la
pérennité exceptionnelle – connaît quelque chose : il n’est donc pas étonnant
que notre culture postmoderne, qui dénigre la transmission – et ce, jusque dans
le milieu scolaire – voue une haine accrue au peuple juif et à sa renaissance
en Terre d’Israël.
Les
habitants du petit village de Metula, que nous connaissons bien, situé à
l’extrême nord de l’Etat d’Israël, dans une sorte d’isthme géographique entouré
par le Liban, en perdent leur latin.
On
parlait depuis quelques mois de l’éventualité de la construction d’un mur de
cinq à sept mètres de haut, entre leur bourg et la ville voisine libanaise de
Kfar Kileh (25 000 hab.), et hier matin, les travaux en vue de l’érection de
cette barrière de béton ont débuté à toute vapeur.
Des
soldats de Tsahal, inhabituellement nombreux, ont bouclé hermétiquement la zone
de construction, exactement en face des fenêtres de notre rédaction, et les
ouvriers des sociétés du bâtiment se sont mises à pied d’œuvre.
Les
pelleteuses et les camions s’activent depuis sur la frontière internationale.
Pour le moment, ils s’emploient à démanteler l’une des deux barrières
métalliques qui déterminent l’extrémité de l’Etat hébreu, et la remplacent par
un treillis orange en plastique, censé établir le tracé du futur rempart.
L’opération
se fait en complète coordination avec l’ONU – qui a déployé des forces
conséquentes munies de blindés légers – et l’armée libanaise, qui observe les
travaux, sans armes apparentes, depuis les toits en surplomb.
Le
mur de séparation est censé couvrir une distance d’environ un kilomètre et
coûter, selon des indiscrétions, la bagatelle de 13 millions de shekels (2,6
millions d’euros).
Cette
somme irrite fortement les Métuliens qui considèrent qu’elle participe d’un parfait
gaspillage. L’Armée explique pourtant, dans des communiqués laconiques, que
cette séparation artificielle est nécessaire "afin d’assurer la protection
de leur localité".
Toujours
selon ces sources militaires, par la voix du colonel Amit Fisher, sur les ondes
de la radio nationale, "il s’agirait d’éviter des tirs depuis le
territoire libanais vers le territoire israélien". L’Armée tenant à
préciser que, "durant les dix-huit derniers mois écoulés, un certain
nombre d’incidents auraient été observés".
Le
gros hic, c’est que les Métuliens n’ont remarqué aucun incident particulier
durant cette période.
A
la Ména, nous sommes bien placés pour en témoigner, puisque le trajet du mur se
situe partiellement sur le parcours de la promenade que nous empruntons
quotidiennement avec nos chiens. S’il y avait eu des incidents notables, nous
aurions été aux premières loges pour nous en apercevoir.
Les soldats
israéliens protègent la construction du mur
Les
Métuliens s’interrogent : un rempart pour quoi faire ?
Et
dans l’éventualité dans laquelle des escarmouches se seraient déroulées à des
heures durant lesquelles nous n’arpentions pas la route champêtre qui longe le
grillage, nous en aurions entendu les échos, vu les explosions, et nous nous
serions évidemment rendus sur leur théâtre en l’espace de quelques minutes.
Plusieurs
habitants de notre village téléphonent à la rédaction dans le but de s’enquérir
de l’éventualité de l’existence de raisons tactiques ou stratégiques qui leur
échapperaient. Las ! Nous n’en trouvons point.
Le mur aura beau atteindre plusieurs mètres de
hauteur, il ne protègera rien du tout, ou, à la limite, les activités des
miliciens du Hezbollah, qui fourmillent dans la conurbation voisine. En effet,
plusieurs bâtiments libanais de vingt mètres et plus dominent la ligne de
séparation entre les Etats, depuis lesquels il est parfaitement loisible de
nous prendre pour cibles, le cas échéant.
D’autre part, on est en droit de se demander ce
qu’apportera un ouvrage tel celui qui est en chantier, lorsqu’il s’étendra sur
un kilomètre, alors que la frontière immédiate entre Metula et le Liban en mesure
environ cinq. Pourquoi, en cas de velléité agressive, les miliciens chiites ne
tireraient pas sur nos paisibles concitoyens depuis les quatre kilomètres
restants ?
Certes, le kilomètre concerné est celui où les
demeures libanaises ne sont distantes que de quelques pas de l’Etat hébreu.
Dans le reste de la zone de mitoyenneté, on ne
distingue généralement que des paysans et leurs ouvriers thaïlandais s’occupant
des vergers, des rédacteurs en goguette avec des canidés, ainsi que de très,
très rares patrouilles israéliennes.
Sur un toit, des officiers et des photographes
libanais observent,
Un ancien communiqué de Tsahal datant de janvier,
repris par l’AFP, annonçait que le mur devait "protéger des blocs
d’immeubles récemment construits à Metula, contre des tirs provenant du village
de Kfar Kileh".
Or aucun immeuble n’a été érigé durant les quinze
dernières années dans notre petite localité. Le dernier projet immobilier en
date fut l’établissement du lotissement dans lequel notre agence a élu domicile.
C’est là un groupe d’environ quatre-vingt villas, construites à flanc de
colline et en escaliers, que l’on peut canarder de n’importe quelle partie de
la ville voisine si on en a l’intention et si l’on ne craint pas les
représailles.
La construction de l’ouvrage va durer plusieurs
semaines et engendrer des nuisances pour les habitants des deux pays. De plus,
l’espace ouvert entre Metula et Kfar Kileh, sans no man’s land, générait une
proximité visuelle salutaire, entre deux Etats, mais aussi entre deux
mondes ; entre les jeunes filles en short qui arpentent les vergers, et
toutes les femmes d’en face, chiites, en tchador intégral, qui les regardent,
intriguées, de la fenêtre de leurs véhicules.
Car en fin de compte, quand les hommes seront las
de se faire la guerre, il faudra bien qu’ils apprennent à vivre ensemble, et ce
gigantesque tumulus ne participera en rien à l’avènement de cette nouvelle
réalité.
Il est clair que les chiites, qui dirigent la vie
de nos voisins d’une main de fer, et l’armée israélienne préfèreront cette
sorte de "stérilisation". Pas nous, ni les autres habitants de
Metula, qui considèrent ce projet parfaitement inutile et qui se demandent même
– rumeur villageoise oblige – si quelque société de construction n’était pas en
train de profiter de largesses puisées dans le budget militaire, tandis que
tout le reste du pays se torture les méninges pour chercher comment faire des
économies.
Les confrères photoreporters ainsi que les chaînes
de télévision, qui se bousculent dans les rues étroites agrippées à notre
colline, ne peuvent rien discerner des travaux en cours, côté israélien, à
cause du blocage institué par Tsahal. Nous avons même rencontré, cette
après-midi, les consœurs d’Aljazeera et leurs cameramen, occupés à
chercher la direction du Liban pour réciter leur texte.
Les seules images du "mur" disponibles jusqu’à
la diffusion de cet article provenaient de la partie libanaise.
Mais forts de notre avantage de connaître chaque
mètre de la région, nous sommes parvenus à saisir les prises de vue que nous
publions dans cet article.
L’une de ces photographies constitue un véritable
scoop : elle montre quatre blindés de la FINUL (Force Intérimaire des
Nations Unies au Liban) ainsi que leurs équipages, devant le nez desquels les
miliciens du Hezbollah ont planté, depuis hier, un immense poster.
Non pas une image du président libanais Michel
Souleiman, et pas même celle du chef de la milice du Hezbollah, Hassan
Nasrallah. Non. C’est le portrait géant du président iranien Mahmoud
Ahmadinejad, surmonté du drapeau de son pays, qu’on oblige les hommes du
contingent de l’ONU – qui compte notamment des Français, des Italiens, des
Espagnols, des Allemands, des Belges, des Cypriotes, des Croates, des Danois,
des Grecs, des Hongrois, des Portugais, et des Serbes – à contempler.
Les miliciens alliés de Béchar al Assad en Syrie ont
placé
On est évidemment en présence d’une vexation
intentionnelle, doublée d’une provocation. Officiellement, Ahmadinejad n’a rien
à voir avec le Liban, et son image n’a pas lieu d’être affichée dans cette zone
du Liban sud, confiée au contrôle de la FINUL et de l’armée libanaise.
C’est histoire de montrer aux Occidentaux et aux
autres Libanais quel est le régime qui domine effectivement la fragile république
du Cèdre. Histoire, aussi, d’exprimer qui commande au Hezbollah, et qui nomme,
par son intermédiaire, le gouvernement de baudruches siégeant à Beyrouth, lequel
ne décide plus de rien depuis longtemps.
Avec discrétion, humilité, et
trois nouvelles, Rebecca Wengrow a poussé la porte du sanctuaire de la
littérature française, avant de se faire vivement apprécier des libraires et du
public.
En 2009, trois ans après la
parution de son premier recueil « Une Etoile cousue main » – La Luminade, 5€,
30 p. –, les éditions BSC Publishing publiaient « Le Désespoir des heures de
pointe » – 13€, 100 p. – ; sept courtes nouvelles, dans lesquelles l’écrivain
raconte des moments de vie furtifs - quelques heures à peine -, dans un style
simple et quotidien.
Au-delà de l’apparente ingénuité
de ses textes, Rebecca Wengrow découvre des sentiments d’une profondeur étonnante.
L’homme, accompagné de ce qu’il possède de plus simple et de plus essentiel,
ses émotions, ses pensées, se trouve face à la force du cours de la vie, sur
lequel il ne peut influer, impuissant.
Une vision de l’existence brutale
et emplie d’une certaine détresse, pourtant décrite par l’auteur avec sérénité et
chaleur, sans même une pointe d’amertume.
Chez Rebecca Wengrow, il n’est
pas anachronique, dans la modernité du XXIème siècle, de mourir
d’amour. Même lorsque l’on est un adolescent, à cet âge de coutume considéré
comme ingrat et futile, les émotions pénètrent cette dimension absolue,
universelle ; pures au point que si elles se brisent, les morceaux de
cristal tranchants auront raison de nos cœurs fragiles.
Que nous reste-t-il, à ces
instants où meurt l’amour, où l’aimé nous quitte, sinon un corps, un parmi tant
d’autres, vidé ; un corps qui doit continuer, ne pas lâcher,
avancer ?
Traîner, de force, l’âme dans les
transports en commun, au milieu de la foule, aux heures de pointe. Ces moments
infernaux, que l’écrivain décrit avec justesse, dans toute leur noirceur, dans
« Le Désespoir des heures de pointe », titre de l’une de ses nouvelles.
Dans ces wagons souterrains, que
les passagers empruntent le matin, souris à peine sorties de leurs draps, ces
masses se resserrent irrémédiablement autour de leurs faiblesses, dans leur
indifférence les unes aux autres, leur propension à se contenter de sauver leur
peau, de s’asseoir, de respirer, de s’accrocher seulement quelque part.
A quel endroit se situe le sens
de la vie, lorsque le flux des pas des hommes dans les couloirs des
correspondances du RER s’apparente à la cadence d’une armée, déambulant sous la
contrainte ?
Une escapade, une folie, un
moment de liberté, revient à s’éclipser de ce courant pour quelques instants, à
l’air libre, afin de rejoindre un amant – était-ce un rêve ?
S’arrêter relève de
l’inconcevable. Comme pris dans la mécanique d’une gigantesque horloge, entre
les roues crantées s’emboîtant les unes dans les autres dans leur rythme
incessant, il faut enjamber chaque dent, avancer sans ralentir, afin de ne pas
se trouver écrasé.
L’homme se voit malgré lui
projeté dans cette dynamique ; lui, si petit, en comparaison de cette lourde
machinerie indomptable.
Les textes semblent se confondre
entre l’imaginaire, les angoisses et l’autobiographie de l’auteur, parsemés
d’évènements douloureux à affronter et surmonter : la maladie d’un enfant, le
divorce, la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Les phrases courtes, les mots
sans artifice de cette femme mature reflètent l’expression la plus juste et la
plus dépouillée de son âme. La simplicité et la franchise du récit nous invitent
à s’en approcher au plus près, dans l’enchaînement empressé des mots, les yeux
rondement écarquillés, comme ceux d’un poisson, vivant la nouvelle à la cadence
de la tension des personnages.
Dans une absence de rhétorique
dramatique, procédant par touches de scènes anodines, des gestes en apparence
dénués d’importance, Rebecca Wengrow réussit à nous faire ressentir la
dimension impalpable de l’étendue d’un malheur qui s’annonce ; à l’instar de
l’évocation de la satisfaction d’un enfant à porter une veste ornée d’une
étoile du côté du cœur, cousue à la main par sa mère, un après-midi printanier.
Certains lecteurs l’ont
critiquée, arguant qu’il s’agissait d’une littérature de « bonne femme », s’apparentant
à l’écriture d’un journal intime ; ceux-là n’ont pas saisi la subtilité des
textes – ne refuseraient-ils pas plutôt d’accepter la détresse de la condition
humaine ?
Un observateur venu d’Amérique du Nord qui se pencherait sur les
élections présidentielles françaises serait sans doute surpris, désorienté, et,
en fin de compte, consterné.
Il serait surpris par un système peu lisible, fondé sur un premier tour
permettant à quasiment n’importe qui de se présenter, pourvu qu’il obtienne
cinq cent signatures d’élus divers, et lors duquel, tous les candidats, du plus
sérieux au plus insolite, disposent d’une stricte égalité de temps de parole
dans les grands media. Puis sur un second tour, organisé quinze jours plus
tard, dans lequel ne restent que les deux candidats qui ont obtenu le plus
grand nombre de voix au tour précédent.
Il serait désorienté, cet observateur d’outre-Atlantique, en constatant
que, parmi les candidats au premier tour, il y avait trois trotskystes prônant,
sur divers modes, une révolution léniniste ; un disciple de Lyndon LaRouche,
ancien trotskyste devenu adepte des théories du complot ; une ancienne juge qui
semble rêver des temps des tribunaux révolutionnaires et de la Terreur ; une
populiste venue de l’extrême droite ; un modéré qui trouverait sa place dans
l’aile gauche du parti démocrate américain ; un gaulliste façon 1965 ; un
socialiste infiniment plus à gauche qu’un travailliste anglais, et le président
sortant, Nicolas Sarkozy, lui aussi plus à gauche qu’un travailliste anglais.
Il serait consterné de s’apercevoir qu’aucun de ces candidats n’a
défendu les principes de base de l’économie de marché, mais que les dix ont
pris pour bouc émissaire la finance, les entreprises multinationales et la
globalisation.
Notre hôte virtuel serait également consterné de constater que les deux
finalistes sont, d’une part, le président sortant, rejeté par une large partie
de la population et qui, en cinq années, a gouverné sans la moindre ligne
directrice claire, et de l’autre, le candidat socialiste, très à gauche ; François
Hollande, un homme dont le programme semble avoir été écrit il y a trente ans,
à l’époque où l’Union soviétique existait encore et la Chine venait tout juste
d’amorcer son virage vers le capitalisme.
Des candidats et des programmes en
retard de 40 ans
compromettent l’avenir de la
France
Cependant, le plus consternant dans tout cela reste que, devant ce choix
navrant, la population française semble vouloir se tourner vers le candidat
socialiste.
L’enquêteur américain en déduirait que la France est un pays qui va très
mal, et se demanderait alors comment il est possible qu’elle reste un pays
prospère. Il n’aurait pas tort. La France va effectivement très mal, et à ce
titre, son maintien en tant que l’une des principales puissances économiques du
monde demeure inexplicable. Pourtant, il est certain qu’elle s’inscrit d’ores
et déjà dans un déclin, qui va s’accentuer.
Les problèmes de la France datent de bien avant la présidence de Nicolas
Sarkozy. C’est un pays profondément sclérosé, où aucun budget ne s’est trouvé
en équilibre depuis plus de trente-cinq ans, et où les dépenses de l’Etat n’ont
cessé d’augmenter jusqu’à représenter aujourd’hui cinquante-six pour cent du
produit intérieur brut, l’un des chiffres les plus élevés du monde développé.
L’endettement français ne cesse de croître, plus rapidement que celui de
ses principaux partenaires économiques au sein de l’Europe.
Cela fait plus de vingt ans que des rapports sur l’impossibilité de
continuer à financer les systèmes de retraites existants sont présentés aux
gouvernements successifs, ce, sans qu’une décision sérieuse n’ait été prise.
Le taux de chômage dans l’Hexagone se maintient au-dessus de dix pour
cent depuis quarante ans, et le nombre de personnes vivant en-dessous du seuil
de pauvreté oscille entre huit et dix millions sur une population de soixante-cinq
millions d’habitants.
La France, c’est aussi un pays où, depuis plus de quarante ans, plus de
la moitié de ceux qui entrent à l’université en sortent sans aucun diplôme, et
où les deux tiers des diplômes délivrés par les facultés n’ont aucune valeur
sur le marché du travail, et conduisent ceux qui les obtiennent à devenir
serveur dans un fastfood ou vendeur dans un supermarché, pour peu qu’une place
soit disponible.
C’est, de surcroît, un pays dans lequel le travail intellectuel s’est
peu à peu dévalué pour ne plus alimenter que les bibliothèques gauchistes et
les départements les plus politiquement corrects des universités du reste du
monde : les dernières exportations françaises dans ce domaine ont été les
théories de la déconstruction et les écrits d’islamologues expliquant, en 2000,
que l’islam radical et le djihadisme avaient quasiment disparu de la planète.
Néanmoins la situation sous Nicolas Sarkozy s’est considérablement
aggravée. Les rares actions menées ont été minuscules. L’âge légal de la
retraite a été porté de soixante à soixante-deux ans, ce qui assurera au
système en place deux, voire trois années de répit, pas davantage, et cette
disposition a été mise en place trois ans et demi après le début du mandat
présidentiel.
Les aides sociales pour les plus pauvres ont changé de nom, mais pas de
mode de fonctionnement.
Les discours du président sur l’évolution du monde n’ont apporté aucune
explication quant aux mutations en cours et leurs enjeux. Nicolas Sarkozy a
déclaré en 2007 qu’il ne lisait aucun économiste, et c’est très vite devenu
visible.
Dans un sondage cherchant à déterminer le nombre de personnes qui, dans
plusieurs pays du monde, considéraient que l’économie de marché était le
meilleur des systèmes existants, la population d’Etats aussi différents que la
Chine, l’Inde, les Etats-Unis ou l’Allemagne a répondu par l’affirmative à
hauteur de plus de soixante pour cent. Le chiffre pour la France : trente pour
cent.
L’un des facteurs de l’aggravation de la situation française a été,
comme dans d’autres pays européens, le fonctionnement technocratique de l’Union
Européenne et les difficultés de la zone euro.
Le Pacte de stabilité, dans sa mouture actuelle, élaboré sous l’égide de
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, contribue à enfoncer davantage divers pays –
Grèce, Espagne, Portugal – dans une stagnation sans fin et sans issue,
suscitant révoltes et grèves.
La population française discerne qu’elle pourrait bientôt connaître le
même sort, et exprime son mécontentement par le bulletin de vote. Parce
qu’aucune explication pertinente ne lui est donnée, elle s’installe dans une
attitude de refus et de fuite en avant.
Le candidat socialiste, François Hollande, sera sans doute élu président
le 6 mai prochain, parce qu’il incarne ce refus et cette fuite en avant.
Hollande est lié par un accord de gouvernement avec la juge qui rêve au
temps des tribunaux révolutionnaires, avec les Verts, qu’elle est censée
représenter et qui soumet des exigences en matière d’environnement bien plus
radicales que ce qu’a pu proposer Al Gore en son temps.
Il bénéficie également de l’appui du principal défenseur des idées
léninistes, Jean-Luc Mélenchon, et celui-ci ne manquera pas de faire valoir ses
attentes.
Si Nicolas Sarkozy est battu, ce qui est très vraisemblable, son parti
éclatera. C’est ce qu’attend Marine Le Pen, qui veut créer une droite
nationaliste proposant de sortir de l’Union Européenne et de quitter l’euro. Il
est évident que le programme économique de l’ex-candidate frontiste a été conçu
par des personnes ayant fréquenté le parti socialiste.
Un thème a été absent de toute la campagne électorale : celui de
l’islam. Seule Marine Le Pen l’a évoqué et, bien qu’elle ait pris soin de
distinguer islam et islam radical, on l’a immédiatement taxée de racisme, ce
qui permit d’escamoter le débat.
Pas d’avions ni de bombes, ce matin, dans le ciel du
Doigt de la Galilée, mais des millions d’ailes, qui passent quelques dizaines
de mètres au-dessus de notre rédaction.
C’est le tour des pélicans, quelques jours après les
grues et les cigognes, d’entreprendre leur long voyage vers l’Europe.
Ils ont passé l’hiver en Afrique, sous des températures
clémentes, et ce printemps, comme depuis des milliers d’années, ils ont transité
par la Vallée du Jourdain où ils ont fait halte.
Message de paix s’il en est, consolidation du dialogue
Nord-Sud, nous avons chargé les pélicans de distribuer notre prochain article à
nos lecteurs européens et ils ont accepté bien volontiers de nous rendre ce
service.
Trop nombreux pour prendre l’air tous en même temps, ils
décollent par groupes de quelques milliers, suivant un itinéraire tangent, et
viennent se réunir là, devant nos fenêtres, dans la plaine du Merjyn, que se
partagent Israël et le Liban.
Dans un tourbillon aux dimensions surhumaines, formant
des nuages qui cachent le soleil et se mêlent aux autres nuages, ils s’élèvent
vers leur altitude de croisière en décrivant de grands cercles.
Le désordre n’est qu’apparent, chaque individu de cette gigantesque
escadrille connaît précisément le rôle qu’il a à tenir. Ils se relaieront sans
cesse entre l’arrière, pour se reposer, et l’avant, où l’on montre la voie en
fendant les airs.
Certes,
toute l’équipe de la rédaction centrale de la Ména, à Metula, a fêté le titre de
champion d’Israël d’Hapoël Kiryat Shmona presque toute la nuit ; certes,
nous étions tous au match, les filles comme les garçons, et certes, aussi, nous
ressentons personnellement cette victoire comme celle de notre région, et même,
- pourquoi ne pas en parler ? -, comme celle de la revanche d’une province
ignorée et défavorisée sur le Telavivstan.
De là à
imaginer que nous nous laissons aveugler par une passion locale, que nous
forcerions les centaines de milliers de lecteurs de la Ména à partager, il y a
un pas qu’il n’est pas raisonnable de franchir.
Car
l’adoubement d’Hapoël participe d’un phénomène dépassant largement le cadre du
sport à proprement dit. L’histoire de la petite bête qui mange la grosse est à
ce point disproportionnée et curieuse, qu’une heure après la fin du match, on
en parlait dans les media principaux de contrées aussi reculées que la
Malaisie, l’Indonésie et l’Inde. Ce, sans compter le New York Times, la CNN,
les media d’Autriche, d’Italie, du Royaume-Uni, et même de France, quoique du
bout des lèvres.
C’est
peut-être une affaire de contrastes. A quatre kilomètres du stade, noyé sous
les feux d’artifice, c’est le Liban. Pas le nord de Beyrouth, Jounié, ses
plages et son casino, mais l’une des zones contrôlées par le Hezbollah, qui
autorise l’armée nationale à patrouiller, à la condition qu’elle obéisse à ses
ordres ; et la Finul, la force de l’ONU, à passer en vitesse, sur la
pointe des pieds, du moment que cela se fait à l’extérieur des villages, et en
feignant de ne pas voir les miliciens et leurs dépôts remplis d’armes.
A quatre
kilomètres d’ici, c’est déjà un peu l’Iran. On y croise des femmes-Belphégor,
dont on ne devine que les yeux, et qui ne sortent de chez elles qu’avec la
permission de leur mari, pour effectuer des tâches ménagères prédéterminées.
…mais on a de sacrées
lolitas parmi les supporters
En regardant
mes voisins de tribune, dans ce public adorable qui exulte, et les joueurs, qui
montent dans les gradins pour permettre aux gens de toucher le bouclier doré
qu’ils viennent de recevoir, j’ai une pensée pour les Syriens, qui, juste un
peu plus loin, à trente kilomètres à peine d’ici, s’entretuent dans des
conditions épouvantables.
Et ici on
joue au foot, bien même. Izzy Shiratzky, le président et propriétaire du club,
rappelle, dans son discours, que cela fait soixante ans qu’il « est dans
le foot », et que c’est la première fois qu’il entend parler d’un titre
remporté avec seize points d’avance sur le second.
Izzy aurait
pu ajouter qu’il est assez rare aussi que le trophée, un large plat plaqué or,
soit déjà remis à cinq journées de la fin de la compétition.
Etrange
ambiance. Celle d’un bonheur absolu, une sorte de liquide tiède et agréable
dans lequel tout le monde baigne. Pas de cris hystériques, ni de manifestations
de joie extrême. Un étranger à la région pourrait s’y tromper et imaginer que
nous sommes insensibles. Ce n’est pas cela du tout ; les joueurs, les gens
d’ici ne les connaissent pas par la télévision ni par les journaux, mais ils
les croisent chaque matin à l’épicerie ou au fallafel.
Tout le
monde connaît tout le monde. Petite ville de 25 000 habitants à peine oblige.
Dans les gradins, nous nous connaissons tous ; nous nous serrons
chaleureusement la main, deux voisins de Metula, les Reiznik, deux vieux amis
de Kiryat Shmona, un kibboutznik et son fils, et un ancien conseiller municipal
à la retraite.
Ils ont, au
fond des yeux, les empruntes des épreuves communes, celles des journées passées
sous les pluies de Katiouchas lancées par les terroristes chiites. Celles de
nos voitures, criblées d’éclats, dans lesquelles on slalomait pour amener un
blessé au centre d’urgence et essayer de lui sauver la vie.
Ce sentiment
de survie perpétuelle prédomine, dans une situation qui ne s’est guère
améliorée depuis, un enfer qui peut recommencer d’un instant à l’autre, et qui
va, d’ailleurs, recommencer.
Pour vivre
ici, il faut soit être taillé dans un bois bizarre, en pensant, sans pouvoir
l’expliquer totalement, que notre simple présence, aux confins de la
civilisation, participe à la protéger ; soit, et c’est le cas des trois
quarts des habitants de la région, c’est parce qu’on n’a pas le choix. Ils
ramènent le SMIC à la maison, et encore, lorsqu’ils ont un boulot. Ils n’ont ni
les moyens ni l’éducation pour vivre ailleurs.
La
misère ? Pas tout à fait ! La région est décente et pudique. Chacun possède
son appartement, son morceau de parc public, et, alentour, l’un des paysages
les plus saisissants et chargés d’histoire de la planète.
C’est dur
quand même, Tel-Aviv, c’est loin, même si ce n’est qu’à deux heures de route.
On a connu des situations durant lesquelles les gens ont vécu trois semaines
sous terre, pendant qu’à Tel-Aviv ou à Jérusalem, on savait à peine qu’il y
avait la guerre.
Là-bas, on
se rappelle de la Haute Galilée quand on veut aller faire du ski, ou, l’été,
aspirer quelques bols d’air frais, quand l’atmosphère, « en bas »,
devient irrespirable de chaleur.
Ici, on n’oublie
pas non plus que durant plus de la moitié du championnat, les matchs d’Hapoël
n’étaient pas retransmis sur les chaînes de télévision. Lois du marché
obligent, on ne va pas débourser des sommes conséquentes afin de retransmettre
des parties qui ne concernent que quelques milliers de téléspectateurs, alors
que celles disputées dans le centre du pays intéressent cinq millions de
personnes.
Revanche,
écrivais-je ? Douce revanche, même si elle est sans rancœur et sans
inimitié. Les citadins des grandes villes sont nos amis, non nos
adversaires ; les gens de la Kirya sont fatalistes : c’est comme ça,
c’est tout, rien à faire.
Mais ce soir
c’est différent, c’est leur moment de gloire. Ils ont battu à la régulière des
clubs au budget de 35 millions d’euros et plus, avec leurs 4 millions et un
cœur gros comme ça.
Témoin,
l’histoire d’Elroy Cohen. Il y a deux ans, personne n’avait entendu parler de
ce joueur ; puis, comme d’autres, il eut la chance de tomber entre les
mains de Ran Ben Shimon, notre coach, le magicien. Celui, justement, qui prend
des footballeurs inconnus et qui en fait des artistes. Des stars. Et, puisque
nous n’avons pas les moyens, comme tous les petits clubs, de les garder sur
notre pelouse, ils s’en vont chercher fortune parmi les grosses cylindrées, les
équipes qui payent bien.
Ran Ben Shimon, à droite,
le coach magicien, donnant ses consignes, en cours
Elroy, à
leur instar, au terme de la saison dernière, a « émigré ». Hier soir,
il portait la couleur rouge d’Hapoël Tel-Aviv, dans lequel, dès son arrivée, il
était devenu un leader. Il comptait remporter le titre dans sa nouvelle équipe,
ce qu’il ne pouvait, normalement, pas espérer faire avec Kiryat Shmona. Il a
même immédiatement endossé le maillot de l’équipe nationale, dès son arrivée à
Tel-Aviv.
Cohen était
tendu, hier. Il évoluait parmi ses anciens camarades mais du mauvais côté du
terrain, et c’est eux qui allaient décrocher la timbale. En fait, ce sont
beaucoup plus que des camarades, des amis plutôt, avec lesquels il partageait
la chambre à l’année.
Elroy Cohen, à droite,
marqué à la culotte par son ami Ilan Gabaï
Le match
avait bien commencé pour Elroy Cohen, jusqu’au moment où il décida de se rouler
dans la luzerne de la surface de réparation du portier Dani Amos, dans l’espoir
de voler un penalty. A la place, il hérita d’un carton jaune de la part de
l’arbitre, pour avoir fait du cinéma. Dès cet instant, le match allait devenir
pour lui un petit calvaire ; chaque fois qu’il touchait le cuir, il
déclenchait les huées du public.
Ah !
Dani Amos, le gardien kibboutznik et sa défense de rêve. Trois défaites en 32 rencontres,
seize buts encaissés uniquement, un demi par match… Et c’est encore sans
compter avec les parties de la Coupe d’Israël, et, surtout, celles de la Coupe
de la Ligue, que Kiryat Shmona a également raflée. Le doublé !
Avec, au
centre de la charnière centrale, Salakh Khassarma, 38 ans, Arabe-israélien,
Galiléen, le symbole de cette équipe et de la région. Le symbole du pays tout
entier, peut-être également. Evoluant au sein de cette communauté, dont le
public a également remporté le titre du fairplay.
Pendant que
dans les grandes villes, les matchs, en cette fin de saison, se terminent
régulièrement au tribunal pour coups et blessures, insultes et jets d’objets
étrangers sur la pelouse, dans le Doigt de la Galilée, on n’a jamais vu ça.
Ces gens
simples sont, quelque part, le miroir d’une société harmonieuse, dans laquelle
on ignore ce qu’est le racisme et la violence. Le foot, on connaît, et ça n’est
pas un hasard si on a conquis le titre. Tout le monde joue au foot, des juniors
aux vétérans, en passant par la ligue des entreprises : des connaisseurs.
L’an
prochain, Hapoël disputera la Ligue Européenne des Champions ; ici, on se
pince encore pour réaliser qu’on va rencontrer Milan, Manchester et le Bayern.
Mais ça ne
se passera pas ici. Le stade est bien trop petit, il ne répond pas aux normes
de l’UEFA. On ira alors jouer à Haïfa, à 70 km d’ici, au bord de la mer, un
autre monde. On va y perdre beaucoup, mais là non plus, il n’y a rien à faire.
Il faudrait dix millions d’euros pour être dans les critères, et puis, que
ferait-on de 4000 places supplémentaires, alors que même hier, il restait
quelques strapontins inoccupés ? A Kiryat Shmona, on n’a guère l’habitude
de jouer dans un stade à moitié vide, cela ferait désordre.
Une dernière situation
dangereuse devant les buts d’Amos
Hier, la vie
du pays tout entier s’est arrêtée à Kiryat Shmona. On est devenu, pour quelques
heures, la capitale d’Israël ; les chaînes de télévision ont retransmis,
durant la nuit, plusieurs fois la rencontre, et aussi les festivités qui l’ont
suivie.
Le Premier
Ministre, Binyamin Netanyahu, a téléphoné à l’entraîneur Ben Shimon pour le
féliciter. « Vous avez prouvé », lui a-t-il dit, « que vous êtes
capables de tout. Vous avez mis en fête tout le peuple d’Israël, et vous avez
démontré que si on veut, on peut. Vous avez illustré par le geste qu’on vous
faisait du tort en parlant de « la périphérie » ; ce soir, il
n’y a plus de périphérie. Nous avons un petit pays », a conclu Netanyahu,
« et j’invite tous les fans de football à venir assister aux matchs de
Kiryat Shmona ! ».
La fête. Moi
aussi, j’ai connu des centaines de matchs, autant sur l’herbe que dans les
gradins. Et je n’avais jamais ressenti ce que j’ai expérimenté hier :
l’unisson.
David Solari : il y
a quatre mois, il ne savait pas où se trouve Israël…
Etat d’alerte, ce vendredi,
des deux côtés de la frontière israélo-libanaise.
On craint en effet que des
manifestants anti-israéliens venus du Liban, ainsi que d’autres Etats
musulmans, jusqu’en Extrême-Orient, ne tentent de franchir, en force, la
frontière de l’Etat hébreu.
Les Palestiniens et les
Arabes commémorent aujourd’hui le Jour de la Terre, encore appelé la Marche sur
Jérusalem. Les ONG, des mouvements pro-palestiniens, ainsi que les
gouvernements syrien et iranien ont appelé leurs sympathisants à se rendre, par
centaines de milliers – certains parlent même d’un million – dans la capitale
d’Israël.
Au point de la mi-journée,
on note des échauffourées mineures dans la partie arabe de Jérusalem, ainsi
qu’à Bethléem. Les frontières jordanienne, syrienne et libanaise sont demeurées
calmes, d’après toutes les informations qui parviennent à notre rédaction.
A Gaza, des dizaines de
personnes, envoyées par le Hamas, tentent de franchir le poste de passage d’Erez.
Le point d’orgue de cette
Journée de la Terre, à en croire les organisateurs et certains agitateurs,
devait être notre village de Metula. Le chef d’Etat Major de Tsahal, le Général
Benny Gantz, a été accueilli à Metula, où il a reçu un briefing de ses officiers,
à dix mètres du grillage séparant l’Etat hébreu de la ville chiite, sous
influence du Hezbollah, de Kfar Kileh, au Liban.
Un soldat libanais observe le territoire
israélien
L’une des nombreuses
équipes que la Ména a déployées sur le terrain a croisé le général Gantz, qui
l’a gratifiée d’un chaleureux salut.
Des dizaines de confrères,
et notamment des chaînes de télévision, se sont installés à distance
respectable de la frontière. Ils tentent de capturer quelques images
d’éventuels désordres, mais surtout, jusqu’à maintenant, ils s’ennuient ferme et
discutent de généralités.
Quant à nos reporters, ils
sillonnent les vergers et les routes dérobées pour s’approcher à quelques
centimètres du Liban, et observer, de visu, ce qu’il s’y passe.
A ce jeu, nous avons fait
une découverte remarquable : les armées israélienne et libanaise
coordonnent leurs efforts afin, à la fois d’assurer la sécurité de la
frontière, mais aussi d’éviter tout incident malencontreux entre elles.
Pour ce faire, ces armées
ne se positionnent pas l’une en face de l’autre, mais se répartissent les zones
à contrôler.
Ce partage ne saurait être
fortuit, en constatant son degré d’organisation. La répartition du travail a
sans doute été décidée à Naqura, au siège des forces de l’ONU, entre les
officiers des deux camps.
Si les photoreporters, à la
mi-journée, n’ont rien à se mettre sous la dent dans le Doigt de la Galilée,
les nôtres ont profité de la situation exceptionnelle pour s’approcher à
quelques mètres d’une position aujourd’hui investie par des commandos libanais.
Les diverses illustrations de cet article les montrent à pied d’œuvre.
Au début, ils n’ont pas
réagi à la présence de nos journalistes, mais, lorsque ceux-ci ont sorti leur
matériel photographique, une irritation certaine s’est faite jour dans les
rangs de l’armée libanaise.
Au bout d’une demi-heure,
alors que la situation commençait à sentir le roussi, nos reporters ont préféré
s’en aller plus loin, afin de poursuivre leurs observations.
Par Stéphane Juffa, avec Sami El Soudi et Sandra Ores
Nous
revenons sur l’incident s’étant déroulé le 25 janvier dernier dans le village
d’Al-Dirat, en Cisjordanie, dans la région d’Hébron. Cet incident a déjà fait
l’objet d’une dépêche de notre part, datée du 30 janvier, intitulée "Nouvelle imposture anti-israélienne d’un
photographe de l’AFP (avec Wafa)".
Elle
concernait le reportage photographique réalisé par Hazem Bader de l’AFP,
qui prétendait, images à l’appui, qu’une "remorque" tirée par un
tracteur agricole, lui-même conduit par un soldat israélien, avait roulé sur
les jambes d’un ouvrier de construction, plus tard identifié comme étant
Mahmoud Abou Q’beita [1].
Procédant
à une enquête sur place, comprenant l’interrogation de civils palestiniens
ainsi que de soldats israéliens, la Metula News Agency est parvenue à la
conclusion indiscutable, selon laquelle cet incident procède d’une mise en
scène réalisée par le photographe de l’AFP Hazem Bader, et rendue
publique par l’Agence France Presse, ainsi que par l’agence de presse
semi-officielle palestinienne WAFA.
Le
premier février 2012, l’armée israélienne, sur la base de sa propre enquête et
de celle de la Ména, à laquelle Tsahal se réfère, a publié un communiqué déclarant que la version de l’AFP
était constitutive d’une imposture.
L’unité
du porte-parole de Tsahal ainsi que des journalistes de la Ména, comme
mentionné dans ledit communiqué, informent qu’ils ont tenté, sans succès, d’intervenir
auprès du bureau hiérosolomytain de l’Agence France Presse afin que
celui-ci revienne sur l’imposture, mène une enquête de son cru et sanctionne le
journaliste metteur en scène.
L’ambassade
d’Israël à Washington s’est également emparée de l’affaire et a adressé un avertissement
documenté à la presse des Etats-Unis, demandant aux media de ce pays de publier
une rectification, et émettant l’hypothèse d’une mystification.
Non
contente d’avoir diffusé une mise en scène destinée à stigmatiser la "barbarie"
de l’armée israélienne, l’agence française s’est fendue, à son tour, d’un
communiqué, en date du 3 février dernier. Dans cette annonce, rédigée
uniquement en langue anglaise, l’AFP prétend répondre
aux "fausses accusations" relatives à l’"image" prise, le
25 janvier, dans le village d’Al-Dirat.
Le
site info-palestine.net a procédé à la traduction française du communiqué de l’AFP,
que nous soumettons à nos lecteurs après en avoir contrôlé le contenu, et l’avoir
jugé conforme à l’original.
Le
bureau de Jérusalem de l’agence française y affirme avoir interrogé des
"représentants de la presse", présents sur les lieux, et visionné une
vidéo montrant l’ouvrier en construction Mahmoud Abou Q’beita enlevé sur une
civière.
Se
basant sur la "conviction" des journalistes palestiniens présents sur
place – il n’y avait sur les lieux aucun reporter non arabe -, l’AFP affirme
la véracité de l’évènement et rejette les critiques formulées par la Ména (sans
la citer), l’armée israélienne, et l’ambassade d’Israël aux USA.
L’agence
française produit, dans son communiqué, deux éléments supplémentaires afin
d’"établir" l’authenticité de l’incident.
Il
s’agit, d’une part, d’un très étrange rapport médical, en arabe, qui aurait été
émis par l’hôpital de Yatta, ainsi que, d’autre part, d’une interview du
"martyr" Mahmoud Abou Q’beita.
Reste
que ces documents sont truffés de contradictions, de contre-vérités et
d’informations troublantes. Nous en voulons pour preuve que chacune des sources
prétendant à la véracité de l’incident définit différemment la nature du
véhicule qui aurait roulé sur le "malheureux" Abou Q’beita.
Pour
Hazem Bader et l’AFP, dans la légende de la photo qui a été initialement
diffusée, ce serait la remorque d’un tracteur, qui aurait été conduit par un
militaire israélien, qui aurait roulé sur les deux jambes de Q’beita, tandis
que ce dernier essayait de l’empêcher d’avancer [1].
Al-Dirat, presque
aussi grave qu’A Dura
Personne n’est
mort ? Dans l’Affaire A-Dura non plus !
Pour
l’hôpital de Yatta, en revanche, dans son communiqué "médical",
Q’beita n’aurait été touché qu’à sa jambe droite, alors que c’est un "véhicule
militaire israélien" qui lui aurait infligé ses blessures.
Quant
au principal intéressé, Mahmoud Abou Q’beita, dans son témoignage, il certifie
avoir été heurté à deux reprises par le tracteur lui-même, dont un soldat
hébreu aurait pris les commandes.
Dans
une affaire de désinformation, dans laquelle chaque détail compte afin d’établir
la réalité des faits, ces contradictions grossières sont, à tout le moins,
incompatibles.
Sur
la photo qui suit, on distingue, sans équivoque, que c’est un civil palestinien
qui conduit le tracteur, alors qu’Abou Q’beita se trouve toujours à terre, DEVANT
les roues de la remorque.
A
ce sujet, nous remarquons que trois autres photos non
publiées prises par Hazem Bader montrent également, à divers moments de
l’incident, que c’est toujours le même conducteur palestinien qui se trouve au
volant. Aucune des nombreuses images du reportage ne présente de soldat
israélien aux commandes, pas plus que de véhicule de l’armée dans les parages.
Au moment où Q’beita se
"tord de douleur" au sol,
c’est un civil
palestinien qui tient le volant
Etrangement,
pour un évènement "authentique", tant sur la vidéo dont parle l’AFP
que sur les dizaines de photos du reportage, il n’existe aucune image montrant
le moment où la roue d’un quelconque véhicule aurait écrasé le corps du blessé
imaginaire. Ceci est d’autant plus surprenant que le photographe a publié des
images de la scène de l’incident prises avant le "supplice" qu’aurait
subi Abou Q’beita.
Les
"représentants de la presse" cités par l’AFP se trouvaient également
sur place bien avant l’incident afin de couvrir une manifestation de civils
palestiniens s’opposant à la destruction par Tsahal d’une maison en cours de
construction, sans autorisation idoine. Aucun de ces reporters – nous en
dénombrons cinq au minimum -, n’a cependant réussi, non plus, à prendre la
moindre photo de l’incident.
D’autre
part, tous les témoins présents s’accordent, à l’instar d’Hazem Bader, pour
déclarer qu’Abou Q’beita s’est volontairement couché devant les roues de la
remorque, afin de tenter d’empêcher celle-là d’avancer. Sur toutes les photos à
disposition, Abou Q’beita se trouve toujours DEVANT les roues de la remorque,
ceci indiquant, avec valeur de preuve, que ces roues n’ont pas passé sur son corps ;
ce, même si la "victime" hurle de "douleur".
Reste
que, selon le "martyr", dans son témoignage, il ne s’est pas jeté
devant les roues de la remorque, mais il se rendait à l’endroit où il avait
déposé ses affaires, afin de récupérer son téléphone et sa carte d’identité,
quand le tracteur l’a heurté.
Quant
au soi-disant rapport médical de l’hôpital de Yatta, dont les médecins ont été
interrogés par des employés palestiniens de l’AFP, il est lui aussi
édifiant :
"Prescription de
l’hôpital de Yatta pour Mahmoud Abou Q’beita à l’attention de qui de droit. La
personne désignée ci-dessus a été soignée au service des urgences de l’hôpital.
Elle souffrait d’une grave douleur à la jambe droite. Elle a déclaré qu’un
véhicule militaire israélien avait roulé sur elle. Lors de l’examen médical,
nous avons constaté qu’elle souffrait du genou droit, d’une douleur dans le
bassin, d’une autre dans le cou, et qu’elle avait des difficultés pour marcher.
Nous l’avons radiographiée aux rayons X et avons trouvé des fractures. Il lui a
été conseillé de consulter le département d’orthopédie".
Voici
ce que nous avons à en dire :
1.
Si Mahmoud Q’beita avait été amené à l’hôpital par ambulance, cet élément
figurerait probablement sur le rapport médical, comme c’est le cas de la
plupart des rapports de traitement d’hôpitaux en de pareilles circonstances.
Cela
corrobore d’ailleurs le témoignage de la "victime", qui déclare :
"oui, je suis allé à l’hôpital, ils m’ont examiné et m’ont soigné
(…)".
Abou
Q’beita s’est effectivement rendu à l’hôpital par ses propres moyens. D’autre
part, d’autres témoignages nous permettent de confirmer que Q’beita avait
effectivement été hissé sur une civière, mais c’était avant d’être examiné par
une équipe médicale du Croissant-Rouge palestinien et une autre de Tsahal.
Après ces examens concordants, aboutissant à la certitude que Q’beita ne
souffrait d’aucune blessure, ce dernier s’est levé et a quitté la scène par ses
propres moyens et sur ses deux jambes.
Il
serait fort étonnant que quelqu’un sur lequel aurait roulé un tracteur de type
Fiat 450 (nous l’avons identifié), pesant environ 2300 kilos, puisse ensuite se
rendre dans un hôpital, autrement que couché dans une ambulance.
2.
"Il souffrait d’une grave douleur à la jambe droite" (communiqué de
l’hôpital de Yatta). "Graves douleurs" ne procède pas, habituellement,
d’un diagnostic médical. Après consultation de médecins urgentistes, on
parlerait, soit "de graves blessures", soit, de "douleurs
aigües".
3.
"Il a déclaré qu’un véhicule militaire israélien avait roulé sur lui"
(communiqué de l’hôpital de Yatta). Quelqu’un ment : soit les médecins de
l’hôpital ont mal compris les dires de Q’beita, soit la "victime"
leur a "vendu" une version différente de son aventure.
4.
"Nous l’avons radiographié aux rayons-X et avons trouvé des
fractures" (communiqué de l’hôpital de Yatta). Cette formulation n’est pas
du tout médicale : dans tous les communiqués médicaux que nous avons
consultés, il est indiqué à quel endroit du corps les fractures ont été constatées.
Dans le cas présent, les médecins auraient dû localiser des fractures "au
niveau du tiers supérieur du tibia gauche", ou le "fracas de la
malléole externe droite", etc… et en faire état.
5.
"Il lui a été conseillé de consulter le département d’orthopédie"
(communiqué de l’hôpital de Yatta). C’est ici, certainement, l’élément le plus
cocasse de ce rapport ; lorsque vous êtes admis aux urgences d’un
établissement hospitalier et que l’on vous diagnostique de graves fractures
(multiples, car fractures est au pluriel dans le rapport), on ne vous
"conseille" pas de vous rendre au département orthopédique, mais on
vous y amène, derechef, et sans vous demander votre avis, sur un brancard.
L’hôpital de Yatta suit décidément d’étranges procédures…
En
réponse à des questions posées, le 1er février (mais par qui ?
l’AFP ne le mentionne pas), Mahmoud Abou Q’beita assure être disposé à
parler avec toute personne qui s’intéresse à son histoire, à lui permettre de le
prendre en photo, ainsi que sa jambe.
Nous
verrons si nous ferons usage de ces dispositions encourageantes. Mais ce qui
nous semble autrement plus important dans la démonstration de la vérité, ce
serait que Q’beita se soumette à un examen médical, effectué par des médecins
spécialisés, non-palestiniens et au-dessus de tout soupçon sensé.
Et
dans cette affaire, au contraire des circonstances prévalant dans l’affaire A
Dura, où, en dépit des assurances de la direction de France Télévisions
d’amener Jamal A Dura à Paris pour qu’il y soit examiné, ce dernier se garde
scrupuleusement de quitter la bande de Gaza, le "martyr" d’Al-Dirat est
accessible.
Il
existe cependant une similitude intéressante entre les deux cas : à
l’instar de Jamal (le "père" de Mohammed), Mahmoud Abou Q’beita
présente également des cicatrices provenant d’une blessure antérieure, comme en
témoigne le médecin de Tsahal. Ce détail, d’apparence anodine, laisse toutefois
penser que ces mises en scène pourraient être préméditées, et leurs acteurs
choisis à l’avance.
Dans
le cas d’Al-Dirat, la tentative de bidouillage pourrait bien également se
retourner contre ses auteurs, puisque ça ne sera qu’une question de semaines,
avant que la Ména palestinienne, en principe, ne soit en mesure de dévoiler, de
façon circonstanciée, l’accident précédent, responsable des cicatrices sur la
jambe du "martyr".
Les
metteurs en scène palestiniens de ces "atrocités" israéliennes
fonctionnent selon des trames grossières, et ils n’ont pas à l’esprit, qu’à
l’ère de l’Internet, il est strictement impossible de dissimuler ce genre
d’avatars.
L’incident
ayant eu lieu dans la zone C de l’Autorité palestinienne, celle soumise
exclusivement à la gestion israélienne, il conviendra que les autorités de
l’Etat hébreu fassent parvenir au principal intéressé une invitation très
claire à se soumettre volontairement à un examen du genre que nous préconisons.
L’armée israélienne a, pour sa part, diffusé le
témoignage du lieutenant Liron Hamo, qui se trouvait à la tête de la petite
unité chargée de démolir la construction illégale, et que l’AFP
contribue à accuser d’un crime de guerre.
"J’avais
remarqué", atteste l’officier en charge, "que l’un des hommes avec
qui nous discutions au départ avait changé d’attitude. J’ai senti qu’il
cherchait d’autres moyens de se faire entendre et d’attirer l’attention. Le ton
est un peu monté, et il est devenu plus violent en signe de provocation (…).
Voyant que ses arguments
ne parviendraient vraisemblablement pas à convaincre les soldats de
l’administration civile, l’homme en question s’élance alors vers un tracteur
immobile, situé à quelques mètres des soldats, et se jette sous ses roues.
Le tracteur ne bougeait
pas, et le moteur était éteint (…)", précise le lieutenant Liron Hamo.
"Mon premier
réflexe", poursuit l’officier, "face aux cris du Palestinien toujours
cloué au sol, est d’appeler l’urgentiste de mon unité afin qu’il
l’examine".
Après quelques minutes,
l’urgentiste de Tsahal conclut que la blessure du Palestinien à la jambe est
antérieure, et qu’il n’a pas été blessé par les mouvements du tracteur. En
fait, il confirme ce que tous les gens présents ont vu.
"Notre rôle", termine Liron Hamo,
"consiste à protéger tous les habitants de la région, Israéliens comme
Palestiniens. D’ailleurs, le premier infirmier à avoir examiné l’homme de la
photo était un soldat urgentiste de Tsahal, dont le diagnostic a été confirmé
par un deuxième urgentiste, palestinien, du Croissant-Rouge. Je les ai
personnellement tous les deux appelés à se rendre sur les lieux".
Il est évident, pour tout esprit équilibré et serein,
que si l’Agence France Presse avait eu l’intention d’informer au sujet
de l’incident d’Al-Dirat, elle aurait également fait part de la version
israélienne des faits, caractérisée notamment par le témoignage du lieutenant
Hamo.
Il n’y a, assurément, aucun motif logique ou légitime
à privilégier la version émanant du côté Palestinien, en négligeant celle des
Israéliens, au point de dissimuler jusqu’à son existence. L’armée israélienne
n’est guère connue pour sa propension à participer à des entreprises de
propagande, ce qui est loin d’être le cas de l’Autorité Palestinienne et du Hamas.
Au
vu des éléments contenus dans notre dépêche précédente sur cette nouvelle
affaire, ainsi que dans le présent article, on comprendra, assez facilement,
que nous n’accordons aucun crédit au communiqué de l’AFP, qui conclut
par le renouvèlement de la confiance de l’agence française en son
photojournaliste, et qui affirme ne pas croire "à la mise en scène de cet
évènement".
Au
contraire ! Il nous semble que la coupe est pleine, et qu’il est grand
temps que l’AFP, ainsi que les media français, comprennent enfin qu’ils
ne peuvent pas, impunément, imputer des atrocités à caractère sadique aux
habitants d’Israël et à leurs soldats.
Il
est temps que ces confrères saisissent que ce qui se déroule dans la région ne
s’apparente pas à un jeu, et que les mots et les photos truquées tuent, aussi
bien, sinon mieux, que les balles de fusils.
D’autres
images de mises en scène du même type, ces derniers jours, sont venues
s’ajouter à la démarche visant à faire passer la nation d’Israël pour une
nation "prenant plaisir à maltraiter ses voisins", pour reprendre
l’expression d’un célèbre article du Monde.
Difficultés de paiement et autres questions liées à
votre abonnement : note technique
Les précautions que nous prenons dans le processus
de paiement ne sont pas destinées à vous compliquer la vie, mais uniquement à
protéger l’inviolabilité de vos données personnelles !
La Ména n’a pas de sponsors. Elle fonctionne grâce
au paiement des abonnements de ses utilisateurs, ainsi qu’à ses activités
annexes, à l’instar des conférences qu’elle organise. En vous acquittant
régulièrement de votre abonnement vous assurez notre parfaite indépendance et
la crédibilité et la qualité de nos informations.
Un certain nombre de
lecteurs se sont plaints, lors de rencontres avec des journalistes ou des
administratifs de la Ména, des difficultés qu’ils rencontraient à contracter ou
à renouveler un abonnement auprès de notre agence.
En suivant les
indications ci-dessous, nous nous proposons de leur fournir quelques
explications de nature à les aider à comprendre le fonctionnement de notre système
de versement.
Paiement en
ligne :
Afin d’effectuer un
paiement en ligne (carte de crédit, carte bleue, carte bancaire) hautement
sécurisé, il vous faut impérativement connaître deux éléments : a) votre
nom d’utilisateur, b) votre mot de passe.
Inutile de chercher,
de composer ou d’inventer des paramètres, car cela ne peut pas fonctionner, et
inutile de tenter d’employer les paramètres de l’ancien système d’exploitation
de la Ména (avant mars 2010), car ils ne fonctionneraient pas non plus.
Au cas où il vous
manque l’un de ces paramètres, ou tous les deux, vous êtes cordialement invité
à les réclamer auprès de Mme Sylvie Tobelem à l’adresse info@menapress.com.
Une fois muni de votre
nom d’utilisateur et de votre mot de passe, vous pouvez alors vous rendre sur le
site de la Metula News Agency à l’adresse www.menapress.org. Cliquez ensuite sur le lien Login/Logout
apparaissant en haut à droite de l écran.
Vous verrez s’afficher
deux fenêtres vous demandant votre nom d’utilisateur et votre mot de
passe ; remplissez ces fenêtres, en prenant soin de respecter scrupuleusement
les paramètres qui vous auront été communiqués par courrier électronique, et
notamment les minuscules et les majuscules.
Si vous désirez que le
système se rappelle automatiquement de vos coordonnées (conseillé), et ainsi, ne
pas avoir à vous enregistrer à chaque visite sur le site de la Ména, vous appuierez
encore sur l’indication [Conserver mes coordonnées].
Cliquez ensuite sur la
bulle bleue indiquant les mots Log In.
Dès cet instant le
système aura identifié votre présence et vous pourrez utiliser tous les
services proposés, comme celui de consulter tous les articles en temps réel et en
entier, les archives, participer au forum, et utiliser le moteur de recherche,
etc. (ces fonctions ne sont pas accessibles aux non-abonnés).
Vous pourrez également,
et c’est le but principal de cette note, vous acquitter de votre abonnement ou
le mettre à jour. Pour ce faire, sur le site de l’agence www.menapress.org, cliquez sur le lien [S’abonner/Se mettre
à jour]. Ce lien est situé en haut à gauche de l’écran, immédiatement sous le
titre Metula News Agency.
Le plus dur est fait.
Il ne vous reste qu’à choisir parmi les forfaits proposés celui qui convient à
votre type d’utilisation. Nous nous permettons de vous suggérer l’[Abonnement
privé à renouvellement automatique] (P3), qui présente l’avantage de procéder
automatiquement au prélèvement de 30 euros tous les 6 mois, à la date précise
de l’échéance de votre abonnement, sans que vous n’ayez rien à faire.
Autre avantage de l’abonnement
P3, vos paiements s’interrompraient, immédiatement et automatiquement, au cas où
vous décideriez de résilier votre abonnement, et ce, à n’importe quel moment.
Pour résilier votre abonnement
il vous suffit d’appuyer sur le lien correspondant figurant en bas de page, sur
n’importe lequel des articles qui vous sont envoyés par courrier électronique.
Note 1 : la Ména et la banque que nous chargeons
d’effectuer nos encaissements, la Banque Royale d’Ecosse (RBS), ne vous
demanderont jamais de code ou de messages sms durant la procédure de
paiement.
Il peut advenir, qu’à
la fin de la procédure de paiement, vous soyez prié d’ajouter quelques détails
personnels, mais cette demande ne provient ni de la Ména ni de RBS. Ces
requêtes sont une sécurité supplémentaire requise par votre banque.
Note 2 : Dans le formulaire de paiement, vous êtes
invité à inscrire les chiffres de votre carte de crédit, sans espace, faute de
quoi votre paiement ne sera pas pris en compte.
Note 3 : Une fois la procédure terminée, afin de
vous assurer qu’elle a été correctement enregistrée, vous recevrez, en ligne,
une confirmation de la part de RBS. Ladite confirmation, il s’agit d’une pièce comptable,
peut également faire usage de quittance pour ceux qui en ont besoin.
Vous n’avez guère à
vous soucier de l’échéance du renouvellement de votre abonnement : le système
vous la rappellera automatiquement, environ 15 jours avant que le montant soit
dû. Ainsi que par la suite, si l’échéance est dépassée.
Ceux qui souscrivent à
un abonnement P3 recevront un avis automatique leur indiquant que leur carte de
crédit a été débitée de 30 euros.
Note 4 : Dans la quasi totalité des cas, les
banques ne réclament pas d’indication de sécurité supplémentaire lorsque vous
souscrivez à un abonnement P3, vu que celui-ci peut être interrompu à n’importe
quel moment.
Paiement assisté
La procédure de
paiement peut sembler fastidieuse et risquée, ce qui n’est pas réellement le cas,
mais surtout pour les personnes habituées à réaliser des versements sur le Net.
Depuis un an, la Ména propose à ses abonnés un système de paiement assisté.
A vous de transmettre
les données de votre carte bancaire à notre service de soutien, à l’adresse info@menapress.com, et nous effectuerons tous le processus à
votre place. Lorsque nous avons terminé d’effectuer ledit paiement, nous
détruisons instantanément toutes les indications que vous nous aurez fournies
par courriel.
Les indications dont
nous avons besoin afin d’effectuer le paiement assisté sont les
suivantes :
Votre type de carte
(Visa, Diners, MasterCard, etc.)
a. Le numéro de votre
carte
b. Le nom du détenteur
de la carte, exactement tel qu’il figure sur celle-ci
c. La date d’échéance
de la carte (mois, année)
d. Le numéro de
sécurité : les trois derniers chiffres apparaissant au dos de la carte
e. Votre adresse
physique
Note 5 : Le paiement assisté est uniquement valable
pour les abonnements à renouvellement automatique de type P3.
Avertissement : ne transmettez jamais ces
informations sur un site Internet qui ne vous est pas totalement familier et en
qui vous n’auriez pas un haut niveau de confiance.
Paiement par
transfert bancaire
Vous pouvez également,
après avoir choisi le forfait qui vous convient à l’adresse www.menapress.org/sub/subscribe.html, effectuer un transfert bancaire à :
Metula News Agency S.A
Compte no. LU91 0019 1555 7289 3000
Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat Luxembourg (BCEE)
1, place de Metz
L-2954 Luxembourg
Code Swift BCEELULL
Note 6 : Dans les instructions que vous donnerez à
votre banque, prenez soin SVP de mentionner que les commissions de virement,
ainsi que les frais bancaires doivent faire partie de votre paiement, de sorte
que nous recevions sur notre compte le montant net de votre abonnement.
Note 7 : les versements effectués par virement bancaire
ne sont pas saisis automatiquement par notre système ; lors d’un virement
de ce type, vous êtes ainsi prié d’en informer notre service info@menapress.com, en mentionnant le type
d’abonnement que vous aurez choisi ainsi que le montant que vous aurez transféré.
Ceci nous permettra de mettre manuellement votre compte à jour dans le système.
Paiement par chèque
Ce mode de paiement est de loin celui qui nous pose le plus de
problèmes : les commissions que nous avons à payer sont exorbitantes et le
temps entre la réception de votre chèque et le moment où le montant est crédité
sur notre compte peut aller jusqu’à trois mois. Nous vous remercions, en
conséquence, de ne recourir au versement par chèque qu’en dernier recours.
Note 8 : A titre de participation à nos frais bancaires,
le montant des paiements par chèques est de 40 euros pour 6 mois ou 70 euros nets
pour un an d’abonnement.
Note 9 : Les versements effectués par chèque ne sont
pas saisis automatiquement par notre système ; lors d’un virement de ce
type, vous êtres prié d’en informer notre service info@menapress.com, en mentionnant le type
d’abonnement que vous aurez choisi ainsi que le montant que vous aurez transféré.
Ceci nous permettra de mettre manuellement votre compte à jour dans le système.
Problème d’antispam
Certains abonnés se plaignent de ne pas recevoir sur leur boîte
aux lettres électronique les articles de la Ména. Si vous rencontrez ce
problème, dans 99% des cas, il s’agit d’un problème provenant du programme
antispam installé sur votre ordinateur.
Pour en venir à bout, il vous suffit de placer l’adresse email redaction@menapress.org dans la liste
des correspondants autorisés de votre programme antispam, souvent également
appelée liste blanche.
Problème de double adresse
Certains abonnés reçoivent des lettres de rappel de
renouvellement d’abonnement alors que leur abonnement est parfaitement à jour.
Si vous avez également reçu ce rappel, cela provient du fait que vous possédez
probablement un ou plusieurs autres comptes à la Ména, qui ne sont pas à jour
et qui font double emploi ; c’est pour celui ou ceux-ci que vous recevez
les emails de rappel (automatiquement envoyés par le système).
Il vous suffit dès lors de nous communiquer les comptes électroniques
susceptibles d’être également inscrits à la Ména afin que nous les annulions,
ainsi vous ne recevrez plus de rappels intempestifs.
Problème de date d’expiration
Certaines personnes, qui reçoivent une lettre de rappel de
renouvellement de leur abonnement, se rendent sur leur compte Ména et y lisent
pourtant une date d’expiration de leur abonnement très ultérieure ; elles
ne comprennent donc pas pourquoi elles reçoivent cette lettre.
Or, dans l’hypothèse où le retard de renouvellement est
important, la date d’expiration de l’abonnement courant figurant sur votre
compte Ména ne représente pas la date à laquelle le prochain paiement sera dû,
mais la date à laquelle le compte en question serait définitivement exclu de
nos bases de données.
Cela signifie que votre compte est échu depuis plus de six mois,
et qu’il réclame un renouvellement à votre plus prochaine attention.
Amis de la Ména
Un abonnement spécial dit AM existe pour les Amis de la Ména, les
abonnés qui nous montrent leur sympathie, en aidant la Ména dans son travail par
le biais d’une contribution volontaire. Dans le cas où vous souscrivez à un
abonnement de ce type, vous bénéficiez, en plus de tous les avantages de
l’abonnement, de la possibilité d’enregistrer jusqu’à trois adresses de votre
choix, que nous abonnerons à nos services.
Abonnements spéciaux
L’abonnement JL permet à tout journaliste muni d’une
accréditation valide de bénéficier gratuitement de tous les services de la
Ména. L’abonné en question ne bénéficie cependant pas du droit de citer
les articles de la Ména, ni dans la forme ni dans l’esprit, à moins d’être au
bénéfice d’un abonnement ad hoc professionnel.
Il existe, pour les professionnels, des abonnements adaptés dont
vous pouvez consulter la liste et les privilèges sur http://www.menapress.org/sub/subscribe.html
: abonnement professionnel ou abonné à titre indépendant, abonnement Site
Internet, abonnement Petite Entreprise Médiatique.
L’abonnement AS a été créé pour les gens à faibles moyens,
quelle qu’en soit la raison, afin qu’ils ne soient pas privés des services de
la Ména. Si vous vous considérez dans la catégorie AS, il vous suffit de nous
faire la demande d’un tel abonnement, sans justification. La relation de la
Ména à ses lecteurs est basée sur la confiance !
Utilisation du
moteur de recherche et des archives
Le moteur de recherche
ainsi que l’accès aux archives ne fonctionnent correctement que lorsque vous
vous êtes "loginé" sur le site de la Ména, avec vos nom d’utilisateur
et mot de passe. La consultation de ces services requiert de ce fait un
abonnement à la Ména.
Réclamations
Pour toute réclamation
ou problème non résolu par cette note technique, vous êtes invité à joindre
Madame Sylvie Tobelem par mail, à l’adresse info@menapress.com, où, en cas d’urgence uniquement, à nous
téléphoner, au 09 70469417 pour la France, 022 5480283, pour la Suisse, au 02
8081777 ext 273, pour la Belgique.
La Metula News Agency cherche pour son projet de Ména américainedes traducteurs français-anglais supplémentaires.
Les candidats
devront se soumettre à des tests de traduction.
Conditions :
éducation et vécu significatif aux Etats-Unis (obligatoire) ; niveau
d’expression écrite "de publication" ; capacité de travailler
rapidement ; disponibilité horaire.
Les candidats correspondant aux critères peuvent
contacter Sylvie Tobelem,
L'article de M. Juffa sur la Tunisie a fait grand bruit
ici, et il a circulé
abondamment dans tous les cercles et sur Facebook.
La Ména nous a
informés, nous, les Tunisiens, de l'essentiel des événements que nous
traversions bien avant que nous ne les comprenions nous-mêmes.
Il fallait
saisir qu'il ne s'agissait pas d'un renversement du régime, mais de
l'éviction
de Ben Ali, récupérée par ses anciens élèves-ministres pour leur
compte.
Depuis, tout le monde ici a compris. Les manifestations se
multiplient mais elles sont de plus en plus petites et les forces de
l'ordre
sont de plus en plus présentes.
Bien sûr les anciens ministres ont promis
de "s'en aller après la transitions" mais on n'a encore jamais vu un
politicien,
jouissant de privilèges extrêmes, quitter les affaires de son plein gré.
Et
puis, s'ils entendaient partir, pourquoi auraient-ils maintenu le parti
de Ben
Ali après l'avoir épuré de son chef ?
Avantages abonnement
Système préférentiel de
paiement de l'abonnement :
par carte bancaire, auprès de la Royal Bank of Scotland, hautement sécurisé, en français, pour accéder presser [ici]
Nouveau:
En envoyant un email à info@menapress.com indiquant s'il s'agit
d'un nouvel abonnement ou d'un renouvellement, en mentionnant
impérativement tous les détails suivants :
A. Le type d'abonnement choisi (consulter la liste des différentes options à la page http://www.menapress.com/paiements.php).
B. Votre type de carte (Visa, Diners, Master Card etc.)
C. Le numéro de votre carte.
D. Le nom du détenteur de la carte tel que figurant sur celle-ci.
E. La date d'échéance de la carte (mois, année).
F. Le numéro de sécurité : les 3 derniers chiffres apparaissant au dos de la carte.
G. Votre adresse physique.
Nous vous enverrons une confirmation de la transaction et détruirons
consciencieusement les informations que vous nous aurez transmises
immédiatement ensuite.
Vous pouvez également adresser le montant net de vos abonnements,
par chèque à
Metula News Agency S.A
c/o Larry Joffe Acting
7, Rue d'Ostende
L-2271 Luxembourg
ou, par transfert bancaire, à :
Metula News Agency S.A
Compte no. LU91 0019 1555 7289 3000
Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat Luxembourg (BCEE)
1, place de Metz
L-2954 Luxembourg
Code Swift BCEELULL
Les avantages de l'abonnement :
Recevoir les dépêches par E-mail dès qu'elles sont publiées par la Ména
Accéder à toutes les rubriques de ce site
Accéder à tous les articles
Accéder au forum
Lire l'article tel que son auteur l'a écrit
Obtenir le droit d'envoyer les articles à ses amis